Mes chères impertinentes, chers impertinents,
C’était le thème et le sujet de cette interview donnée à la chaîne Surfin’Bitcoin de Jonathan Herscovici passionné par les cryptomonnaies à commencer évidemment par le Bitcoin.
Nous avons longuement échangé sur de nombreux sujets comme pourquoi la France emprunte plus cher que la Grèce, le combo explosif : paralysie politique, finances dégradées, pas de souveraineté monétaire.
Nous avons également parlé des hedge funds, des ventes à découvert et de la leçon des emprunts russes, de la loi Sapin 2 et de ce qui peut arriver à votre assurance-vie, de l’immobilier : baisse des prix ou valeur refuge ? Et enfin parce que nous étions sur une chaîne de la communauté Bitcoin… du Bitcoin, or, dollars : l’allocation anticrise de Charles !
Mais avant de vous laisser regarder cette vidéo si le coeur vous en dit, je voulais vous reparler de cette histoire de hedge funds qui achètent massivement la dette de la France.
Ce n’est pas par gentillesse ni par altruisme. Hedge funds cela veut dire fonds spéculatifs. C’est marqué dessus. Ce n’est pas des fonds solidaires ! Ce sont des fonds spéculatifs. Ils viennent donc spéculer.
Historiquement, les banques centrales (qui ont arrêté leurs programmes d’achats massifs d’assouplissement quantitatif), les fonds de pensions asiatiques et les assureurs-vie européens absorbaient tranquillement la dette française pour la conserver. Aujourd’hui, ces acteurs structurels se retirent face à la dérive de nos déficits (une société japonaise vient d’annoncer son retrait complet de la dette française au profit de…la dette allemande).
Pour éviter une adjudication ratée (une vente aux enchères d’obligation française où l’État ne trouverait pas preneur), les « Spécialistes en Valeurs du Trésor » (les grandes banques mandatées par l’État pour placer la dette) n’ont d’autre choix que d’écouler ce papier auprès des hedge funds.
Le « Basis Trade » à l’émission
Le terme peut sembler barbare mais c’est très simple. Lors d’une nouvelle émission, le marché est inondé de milliards d’euros d’obligations physiques. Cela fait légèrement baisser le prix de ces obligations par rapport aux contrats à terme (Futures) correspondants. Les hedge funds achètent donc massivement ces nouvelles OAT physiques et vendent instantanément les Futures à découvert. Ils verrouillent ainsi un profit sans prendre le moindre risque sur la santé financière de la France. C’est un peu comme un arbitrage sur différents horizons de temps où le même actif a un prix différent. C’est le cas par exemple avec le pétrole. Le prix « future » dans 3 mois est moins cher que le pétrole livrable immédiatement !
Pour que ce micro-arbitrage soit rentable, les hedge fonds empruntent massivement à court terme sur le marché du repo pour financer ces achats d’obligations (OAT). La France n’est donc plus financée par de l’épargne réelle de long terme, mais par de la dette à court terme contractée par des spéculateurs.
C’est là que se cache en plus le risque systémique colossal de liquidité. L’État français est devenu dépendant d’acteurs hyper-levergés (tout plein d’effet de levier) pour écouler ses déficits records. Si demain un choc externe survient (panique bancaire, appel de marge massif, ou nouvelle dissolution choc), ces hedge funds liquideront leurs positions en un quart de seconde. S’ils se retirent brutalement et qu’il n’y a plus d’acheteurs de dernier ressort, les taux d’intérêt français pourraient exploser en quelques heures, exactement comme cela s’est produit au Royaume-Uni à l’automne 2022 lors de la crise des fonds de pension. C’est ce qui avait mis fin en quelques jours au pouvoir de Lizz Truss éphémère Première Ministre anglaise !
L’effort d’ajustement budgétaire devra être considérable pour éviter un accident. Or, il n’y a pas de majorité ni sans doute de possibilité de sortir un budget. Il n’y a plus qu’une seule solution et je vous la livre dans ce dossier Stratégies consacré à la crise de la dette qui a déjà commencé. Le dossier est dans votre espace lecteur. Pour vous abonner pour seulement 98€ par an et avoir accès aux dizaines de dossiers déjà édité et à toutes les archives en plus des 12 prochains mois de parution tous les renseignement sont ici.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
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