Les responsables iraniens ont adressé des avertissements à l’Europe, affirmant que tout pays dont il s’avérerait qu’il a soutenu les récentes opérations militaires américaines contre la République islamique pourrait faire l’objet de représailles.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, répond aux questions des journalistes sur le programme de politique étrangère de son pays et les développements régionaux lors de la conférence de presse hebdomadaire qui s'est tenue au ministère des Affaires étrangères à Téhéran, en Iran, le 10 février 2026. Atta Kenare/AFP via Getty Images
Le 9 juillet, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a reproché aux gouvernements européens de se ranger du côté de Washington dans le conflit qui les oppose aux États-Unis.
M. Baqaei a estimé que les commentaires récents du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, confirmaient que l’Europe n’avait pas été neutre lors ce qu’il a qualifié de « guerre d’agression américano-israélienne » contre l’Iran.
« Ceux qui ont mis à disposition leurs territoires, leurs bases militaires et leurs infrastructures pour permettre l’agression ne peuvent se soustraire à la responsabilité de leur contribution à une agression non provoquée et à ses graves conséquences », a déclaré M. Baqaei.
Il a également critiqué les récentes remarques de M. Rutte, affirmant que son éloge excessif face à Washington ne renforcerait ni la crédibilité de l’OTAN ni son efficacité.
Cela fait suite aux déclarations de M. Rutte le 8 juillet avant un sommet de l’OTAN à Ankara.
« Lorsque vous avez un cessez-le-feu et que l’Iran viole fondamentalement ce cessez-le-feu, je pense qu’il est absolument crucial que les États-Unis réagissent avec force », avait déclaré M. Rutte aux journalistes avant de rencontrer les dirigeants de l’OTAN.
Il avait ajouté que les États-Unis restaient pleinement engagés au sein de l’OTAN et avait exhorté les alliés européens et le Canada à augmenter leurs dépenses de défense.
Possibles représailles
Ebrahim Azizi, président de la Commission de la politique étrangère et de la sécurité nationale du Parlement iranien, a déclaré que les pays ayant permis que leur territoire soit utilisé contre l’Iran devaient s’attendre à une réponse.
Selon un rapport publié le 9 juillet par la chaîne de télévision d’État iranienne PressTV, M. Azizi a déclaré que Téhéran avait averti à plusieurs reprises les gouvernements européens de ne pas devenir les « pions » des États-Unis et de préférer des politiques indépendantes.
Dans une interview le 23 juin, M. Rutte a déclaré qu’environ 500 avions américains avaient décollé de bases américaines en Italie pour soutenir l’opération « Epic Fury ».
Le ministère italien de la Défense avait réagi par un communiqué détaillé le 24 juin, affirmant que seul un soutien technique et logistique avait été approuvé en vertu des accords existants, tout en soulignant qu’aucune autorisation n’avait été donnée pour des opérations de combat.
Cette déclaration avait rapidement suscité des critiques, le gouvernement de Mme Meloni ayant répété à plusieurs reprises que l’Italie n’autoriserait pas l’utilisation de son territoire pour des actions militaires directes contre l’Iran.
Évoquant les informations selon lesquelles l’Italie aurait permis aux forces américaines d’utiliser des installations militaires pendant le conflit, M. Azizi a déclaré que l’Iran réagirait si ces affirmations s’avéraient exactes.
Il a ajouté que l’Iran avait le « doigt sur la gâchette » et a prévenu que si Washington violait à nouveau le cessez-le-feu, Téhéran frapperait les actifs américains où qu’ils se trouvent.
Opérations militaires
M. Azizi a également prévenu que l’Iran pourrait fermer le détroit d’Hormuz si la pression militaire persistait, affirmant qu’une telle mesure perturberait gravement l’économie mondiale et que les États-Unis en porteraient la responsabilité.
Le 7 juillet, l’armée américaine a déclaré avoir lancé de nouvelles frappes contre l’armée iranienne en réponse à des attaques contre trois pétroliers dans le détroit, tandis que le régime iranien a proféré le 8 juillet de nouvelles menaces contre les États-Unis et leurs alliés du Golfe.
L’armée américaine a déclaré avoir frappé environ 90 cibles militaires iraniennes le 8 juillet, ciblant des systèmes de défense aérienne, des installations de surveillance côtière, des sites de stockage de missiles et de drones, des capacités navales et des infrastructures logistiques le long du littoral iranien.
Le Commandement central des États-Unis a déclaré que l’opération visait à réduire davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Hormuz, après que Téhéran a prétendument violé un cessez-le-feu en attaquant des navires marchands.
Ce dernier échange militaire marque une nette escalade après plusieurs semaines de calme relatif suite à un protocole d’accord signé en juin par Washington et Téhéran.
Les négociations impliquant l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président Donald Trump, ont été suspendues pendant les cérémonies funéraires de plusieurs jours en Iran pour l’ancien dirigeant iranien Ali Khamenei.
Invité à déclarer, avant un sommet de l’OTAN en Turquie, si le protocole d’accord restait en vigueur, M. Trump a répondu : « C’est une question très intéressante. Pour moi, je pense que c’est fini. Je ne veux pas traiter avec eux. »
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré qu’il avait ciblé des sites militaires américains au Bahreïn et au Koweït et qu’il avait abattu un drone américain MQ-9 au cours de l’opération. L’armée du Bahreïn a déclaré plus tard qu’elle avait déjoué des attaques iraniennes.
S’exprimant sur les relations quee l’Iran entretient avec les États arabes du Golfe, et sur la possibilité que les États-Unis leur demandent d’utiliser leur territoire pour des opérations militaires, M. Azizi a dit douter que ceux-ci soient prêts à s’y opposer, et ce, dit-il, malgré le récent engagement diplomatique entre l’Iran et l’Arabie saoudite et le Qatar, selon PressTV.
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