Un appel à un front international pour la sécurité énergétique — Les Émirats arabes unis appellent les multinationales et les gouvernements à organiser une « session de travail internationale sur la résilience du système énergétique mondial » afin d’aborder les vulnérabilités mises au jour par les frappes iraniennes contre les infrastructures énergétiques du Golfe et la quasi‑fermeture du détroit d’Ormuz.
« La stabilité ne se produit pas d’elle‑même : elle doit être construite délibérément et politiquement », a déclaré Sultan Ahmed Al Jaber, ministre de l’Industrie et des Technologies avancées, devant des dirigeants du secteur énergétique, des analystes financiers et des responsables gouvernementaux, le 23 mars, lors de la journée d’ouverture de la 44ᵉ édition de la conférence CERAWeek by S&P Global, à l’hôtel Americas Hilton de Houston.
Al Jaber, qui figurait parmi les 1.620 intervenants attendus du forum (du 23 au 27 mars), a finalement dû s’exprimer par visioconférence depuis ce qui semblait être la salle de contrôle d’une centrale électrique ou d’un terminal pétrolier de son pays, situé à moins de 100 kilomètres de l’Iran et visé par les attaques du régime de Téhéran.
Des frappes massives et des infrastructures paralysées
« C’est pourquoi je veux que vous nous rejoigniez à ce niveau », a‑t‑il poursuivi. « Notre engagement est total, car l’énergie n’est pas une fin en soi ; elle est le fondement de tout ce qui suit. »
Entre le 28 février — date du lancement par les États‑Unis et Israël de « l’opération Epic Fury » — et le 18 mars, le ministère émirati de la Défense rapporte que l’Iran a tiré 314 missiles balistiques, 1.672 drones et 15 missiles de croisière sur des cibles situées aux Émirats, faisant huit morts et près de 160 blessés.
Ces attaques ont fortement perturbé les capacités de stockage de pétrole du port de Foujaïrah, contraignant au moins deux terminaux à fermer.
Les menaces iraniennes visant les navires transitant par le détroit d’Ormuz ont, par ailleurs, immobilisé plusieurs pétroliers et bâtiments commerciaux dans les ports du Golfe, tandis que d’autres s’accumulent en mer d’Arabie.
« Nous n’avons pas cherché ce conflit »
« Mes amis, cela fait presque un mois que mon pays, les Émirats arabes unis, a été frappé par une attaque illégale, injustifiée et totalement non provoquée », a déclaré Al Jaber.
« Nous n’avons pas cherché ce conflit. En réalité, nous avons tout fait pour l’éviter. Mais lorsque le moment est venu, nous étions prêts. »
Selon lui, les forces armées émiraties « déploient des mesures extraordinaires pour assurer la sécurité de notre population ».
« Nous continuerons à défendre notre nation et notre mode de vie. Nos défenses ont été mises à l’épreuve. Notre résilience a été mise à l’épreuve. Notre caractère a été mis à l’épreuve — et nous avons tenu bon. »
Un avertissement mondial sur la vulnérabilité du commerce énergétique
Al Jaber a souligné que cette expérience révèle une vulnérabilité dont profitent des acteurs malveillants à travers le monde.
« Les artères du monde doivent rester ouvertes », a‑t‑il déclaré, rappelant que 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz.
« En somme, l’économie mondiale repose sur une seule gorge. Et pourtant, certains estiment qu’étrangler cette gorge constitue une stratégie acceptable. »
Selon lui, les menaces iraniennes visant la navigation et les attaques contre les infrastructures énergétiques des États du Golfe ne représentent pas un simple problème régional, mais une crise mondiale exigeant un consensus international.
« Je veux être absolument clair », a‑t‑il affirmé. « Armer l’économie mondiale n’est pas un acte d’agression contre une seule nation : c’est un terrorisme économique dirigé contre toutes les nations. Aucun pays ne doit avoir le droit de prendre [le commerce mondial] en otage — aujourd’hui, ni jamais. »
Vers une coopération accrue pour la résilience énergétique
Le ministre n’a pas détaillé la forme que pourrait prendre cette session internationale sur la résilience du système énergétique, mais il a assuré que « nos portes sont grandes ouvertes » afin de développer des solutions avec les partenaires étrangers.
« La sécurité énergétique n’est pas qu’un slogan », a‑t‑il conclu. « C’est la différence entre la lumière et l’obscurité. »
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