Les Houthis menacent de bloquer un second détroit crucial pour l’économie mondiale
Soutiens de l’Iran dans le conflit contre les États-Unis et Israël, les rebelles houthis du Yémen menacent désormais de bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb, étroit couloir de navigation crucial pour l’économie mondiale, relate Het Laatste Nieuws (HLN).
EN CARTES. #Ormuz, #Panama, #Malacca, #Bosphore, BAB EL MANDEB … Ces 6 passages maritimes essentiels au commerce mondial = tous les endroits où il y aura des conflits prochainement

= tous les endroits où il y aura des conflits prochainement
Depuis le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, gel sans précédent du commerce maritime mondial, Donald Trump fait pression sur ses alliés de l’Otan pour l’aider à libérer ce couloir de navigation sous escorte militaire internationale. Or, l’Alliance, par la voix de l’Allemagne notamment, freine les ardeurs américaines et ne souhaite pas s’impliquer activement dans le conflit. Mais un autre problème majeur pointe déjà à l’horizon: la menace par les rebelles houthis du Yémen de bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb, autre point de passage capital entre la péninsule arabique et l’Afrique, qui permet notamment de relier l’océan Indien à la mer Rouge et à la Méditerranée, via le canal de Suez. Une opération de nuisance qui pourrait dès lors encore compliquer davantage la circulation maritime et influer sur les cours du pétrole et les tarifs à la consommation.
Point de passage crucial
Le détroit de Bab el-Mandeb ne s’étend que sur 26 km de large à peine et 50 km de long, entre le Yémen, Djibouti et l’Érythrée, mais il représente un carrefour crucial pour l’économie mondiale, une autoroute primordiale entre l’Europe et l’Asie: pas moins de 12 % du pétrole global total y transite ainsi que de nombreux biens de consommation. Le pétrole saoudien, par exemple, qui est désormais acheminé par pipeline vers la mer Rouge et le terminal de Yanbu avant d’être livré vers l’Inde et la Chine, une voie alternative d’autant plus importante pour ses pétroliers depuis la fermeture du détroit d’Ormuz (suite ci-dessous).
Menace de blocus
Les rebelles houthis, par la voix d’un de ses chefs, Abed al-Thawr, menacent désormais de bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb aux navires en direction des ports américains et israéliens. Or, si les navires commerciaux ne peuvent plus emprunter cette voie, ils n’auront d’autre choix que de contourner l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud), un immense détour qui allongerait considérablement le temps de transport et les délais de livraison.
Conséquences: une hausse des coûts et donc du prix final du produit, qu’il s’agisse de pétrole ou de biens de consommation, denrées alimentaires incluses (suite ci-dessous).

Impact déjà mesuré
Bien que le détroit ne soit pas encore fermé, la menace houthie provoque déjà des conséquence sur les flux maritimes dans la région. En effet, de grandes compagnies de porte-conteneurs, à l’image de Maersk et Hapag-Lloyd, n’empruntent déjà plus cette voie préventivement. Si la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb devait venir s’ajouter à cette du détroit d’Ormuz, “le premier choc pétrolier de 1973” serait presque insignifiant en comparaison, avertit l’expert Arta Moeini...
3.3. La montée des crises : l’exemple de la mer Rouge, Suez et Bab-el-Mandeb
Ces dernières années, la montée des tensions géopolitiques a mis en lumière l’importance prise par les grands points de passage obligé sur les plans géoéconomique, géopolitique et géostratégique. Ainsi, en février 2022 le monde a pris conscience du rôle des détroits turcs dans les exportations agricoles ukrainiennes, menacées par la Russie, et dans la sécurité alimentaire de millions de personnes alors que plus de 55 % des échanges internationaux de maïs, blé, riz et soja passent par au moins un goulet d’étranglement. Aujourd’hui, une grande partie du commerce maritime mondial est menacée de fortes perturbations ou de rupture du fait des crises affectant quatre passages stratégiques essentiels : le complexe mer Rouge – canal de Suez – détroit de Bab-el-Mandeb, du fait des attaques des Houthistes contre les navires marchands ; le détroit d’Ormuz du fait des tensions avec l’Iran ; le détroit de Taïwan du fait des tensions entre la Chine, Taïwan et les États-Unis ; enfin, le canal de Panama du fait d’une crise hydrique limitant son activité de transit.
Les effets d’une crise majeure sont particulièrement spectaculaires dans le système mer Rouge – canal de Suez – détroit de Bab-el-Mandeb. Dans le cadre du terrible conflit relancé le 7 octobre 2023 entre le Hamas et Israël dans la Bande de Gaza, les forces houthistes, alliées de l’Iran et qui contrôlent une large partie du Yémen, ont multiplié les attaques contre la marine marchande en mer Rouge : saisie et détournement de navires par des commandos sur de petits navires, attaques de drones ou de missiles... Malgré le lancement par Washington à la mi-décembre 2023 d’une vaste coalition militaire navale (« Gardiens de la prospérité ») visant à rétablir la sécurité de navigation, les attaques sont particulièrement polarisées sur le détroit de Bab-el-Mandeb et en mer Rouge sur l’étroit chenal central de navigation compris entre Al Mukha au sud et Hodeidah ou Salif au nord.
| >>> Lire aussi : Clara Loïzzo, « La crise en mer Rouge, révélatrice de la vulnérabilité des grandes routes maritimes mondiales », Géoconfluences, janvier 2024. |
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Document 17. Le détroit de Bab-el-Mandeb. D’après un document original CNES Géoimage, adapté pour Géoconfluences. |
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