Les Etats-Unis peuvent encaisser quelques semaines de chaos sur les marchés pétroliers. Mais chaque jour où le détroit d'Ormuz reste bloqué fait grimper les chances de stagflation, voire de récession.

Jusqu'ici tout va bien. La guerre en Iran reste lointaine pour les Américains, Wall Street vacille sans sombrer et Main Street absorbe la flambée des prix de l'essence sans broncher. « L'excursion » menée par Donald Trump au Moyen-Orient est une source majeure d'inconnues, mais les Etats-Unis ont déjà traversé quelques périodes mouvementées depuis son retour au pouvoir.
« Nous avions la meilleure économie qui soit, et c'est toujours le cas, nous avons juste dû faire une petite 'excursion' pour nous débarrasser de ces fous qui veulent se doter d'armes nucléaires », a expliqué Donald Trump vendredi lors d'une interview au long cours accordée à Fox News. « Tout va s'arranger », a-t-il assuré, alors que les derniers indicateurs économiques ont viré à l'aigre outre-Atlantique.
Quelques semaines tout au plus
Plus de 92.000 emplois ont été perdus en février, avec des révisions à la baisse pour les deux mois précédents. La fin de l'année a été particulièrement poussive à cause du « shutdown » de six semaines des agences fédérales. La croissance du PIB au dernier trimestre a été divisée par deux après une première estimation trop généreuse, à 0,7 % en rythme annualisé, inférieur à la performance du Vieux Continent.
« Malgré les incertitudes persistantes, notamment sur les cours du pétrole, l'économie américaine fait preuve d'une résilience considérable », tempère James Egelhof, économiste en chef pour les Etats-Unis de BNP Paribas. Les grands moteurs de l'activité continuent de tourner. Les consommateurs dépensent toujours plus, les entreprises investissent et l'intelligence artificielle promet encore des gains de productivité spectaculaires.
« Un conflit qui durerait quelques semaines, et non plusieurs mois, devrait être gérable pour les entreprises et ne devrait pas avoir de répercussions significatives sur les perspectives économiques », estime-t-il après s'être entretenu avec des dizaines de clients de la banque à l'occasion de l'Open d'Indian Wells. La banque de la rue d'Antin tablait sur près de 3 % de croissance en 2026 avant la guerre, notamment « grâce à des politiques budgétaires et monétaires de relance et à des conditions financières favorables ». Il est encore trop tôt pour revoir ces projections, estime le banquier.
Pour le moment, tout le monde veut croire à une résolution rapide du conflit. Donald Trump et son administration évoquaient une campagne de quelques semaines tout au plus après les premiers bombardements. Le commandant en chef insiste depuis que l'opération est « très en avance sur le calendrier ». Même les marchés pétroliers plaident en ce sens, avec un pic de prix rapide sur la courbe des marchés à terme, observe James Egelhof. Jusqu'ici tout va bien.
Stagflation et « cygnes noirs »
La guerre en Iran ne manquera pas d'avoir des conséquences délétères sur l'économie américaine, reconnaît l'économiste, « néanmoins, les Etats-Unis sont relativement bien placés » pour y faire face, avec ses gisements d'hydrocarbures très productifs à l'abri des hostilités. « Le principal défi reste l'inflation », dont le rebond va compliquer la tâche de la Fed, à la crédibilité déjà fragilisée après avoir été incapable de la ramener à son objectif cible depuis le Covid-19.
La stagflation menace.
« Un conflit prolongé, ou qui génère une volatilité soutenue et extrême des prix de l'énergie, aurait probablement des conséquences économiques plus importantes et plus difficiles à prévoir », avertit toutefois James Egelhof, qui espère y voir un peu plus clair à la fin du mois. La guerre a été déclenchée il y a deux semaines à peine et les armées israéliennes et américaines ont démontré leur supériorité écrasante face à l'Iran jusqu'à présent. Parier sur un nouvel enlisement du Pentagone au Moyen-Orient ne va pas forcément de soi.
C'est pourtant bien ce scénario qui inquiète Diane Swonk, l'économiste en cheffe de KPMG. Les marchés ont toujours du mal avec les « cygnes noirs », ces événements improbables aux conséquences dramatiques. Ce qui se reflète dans leur « complaisance surprenante » face au risque d'une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz « alors que les retombées commencent déjà à faire boule de neige », juge-t-elle.
L'économiste s'attend désormais à un nouveau ralentissement de l'économie, autour de 2 % sur l'année si la guerre en Iran se termine dans les prochaines semaines, au lieu du rebond espéré avant le déclenchement du conflit. Des hostilités qui se poursuivent durant des mois pourraient entraîner les cours du pétrole au-delà de leur record à près de 150 dollars le baril et peser bien davantage sur l'activité. A ces niveaux, « les prix du pétrole jouent eux-mêmes un rôle modérateur, car ils ont également pour effet de détruire de la demande », pointe Diane Swonk.
Le risque de récession a déjà doublé à environ 30 %, et la probabilité continuera à augmenter tant que le golfe Persique restera effectivement inaccessible. L'inflation sous-jacente montrait déjà des signes de rebond en février, en partie masqués par la baisse des prix de l'énergie. Le prochain mouvement de la Fed pourrait être d'appuyer sur le frein, plutôt que de reprendre son cycle de baisse de taux, si les pressions sur les prix se diffusent dans l'économie.
Manque d'anticipation
« Pour chaque hausse de 10 dollars du baril de pétrole, le prix à la pompe grimpe d'environ 25 centimes par gallon », évalue-t-elle. Le prix de l'essence affecte les trajets du quotidien, les road trips et les vols touristiques, renchérit le coût du fret routier et vient s'ajouter aux charges des agriculteurs également confrontés au risque de perturbations autour des engrais.
« Quelqu'un m'a dit qu'il avait fait le tour d'un pâté de maisons pour bénéficier d'une essence 10 centimes moins chère mais le temps qu'il arrive, le prix avait déjà été ajusté, c'est dire à quel point les choses vont vite », raconte-t-elle.
L'économie américaine n'est pas aussi solide qu'il y paraît. La consommation est tirée par les Américains les plus riches, à l'épargne gonflée par la hausse de Wall Street, elle-même alimentée par l'enthousiasme des investisseurs pour tout ce qui touche à l'intelligence artificielle.
Autrement dit, « à cause de l'essor de l'IA, la croissance est de plus en plus concentrée dans un nombre restreint de ménages et d'entreprises », poursuit l'économiste, avec un marché du travail atone, voire en déclin, à cause des restrictions contre l'immigration. Les consommateurs ont le moral dans les chaussettes. Davantage d'Américains s'endettent pour maintenir leur train de vie. La remontée des taux augmente le coût de leurs crédits.
« L'économie mondiale a montré sa robustesse l'an dernier malgré les incertitudes liées aux tarifs », souligne Diane Swonk, « mais l'incertitude est devenue systémique et persistante, elle agit comme une taxe sur l'économie », regrette-t-elle. « Il serait naïf de penser que tout va se régler rapidement alors que l'administration, de toute évidence, n'a pas pleinement anticipé la dynamique d'escalade du côté iranien », cingle-t-elle, faisant un parallèle avec l'effet papillon et la théorie du chaos.
« Nous avons déjà détruit 100 % des capacités militaires de l'Iran, mais il leur est facile d'envoyer un ou deux drones, de larguer une mine ou de tirer un missile à courte portée quelque part le long de cette voie navigable, ou à l'intérieur de celle-ci, quelle que soit l'ampleur de leur défaite », a reconnu samedi Donald Trump sur Truth Social, disant « espérer » que d'autres pays viennent aider les Etats-Unis à rétablir la liberté de circulation dans le golfe Persique.
« Je crains que les marchés financiers et de nombreux économistes sous-estiment la portée des risques extrêmes associés à la fermeture du détroit d'Ormuz », insiste Diane Swonk. Jusqu'ici tout va bien. Mais l'important ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage.
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le chocolat va quand même continuer d'augmenter de l'ordre de 14%,
le café va augmenter de 9%,
la charcuterie de 9,45 %,
les œufs de 8,14%".
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