L’Otan, les États-Unis et la France – Selon les informations publiées par Politico, le Royaume-Uni ainsi que l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie seraient également tenus à l’écart de ce format de travail.
Cette rencontre ne constitue pas un sommet formel de l’Alliance atlantique et n’a pas vocation à prendre de décisions au nom des 32 membres. Elle est toutefois observée avec attention, car elle doit aborder l’évolution de l’Otan à un moment où Washington presse les Européens de renforcer leur contribution à la défense collective, selon
Le Parisien.
Une rencontre prévue en Pologne en octobre
La réunion doit se tenir en Pologne au cours du mois d’octobre, sous l’impulsion d’Elbridge Colby, responsable de la politique du Pentagone. D’après Politico, six diplomates informés de sa préparation décrivent ce rendez-vous comme un groupe de travail consacré au futur de l’Alliance.
Les pays invités seraient la Norvège, la Suède, la Finlande, la Pologne, l’Allemagne et les Pays-Bas. Ce noyau reprend le format parfois désigné comme le « groupe de Bergen », qui associe plusieurs partenaires européens considérés comme particulièrement engagés dans les enjeux de sécurité du continent.
La France, le Royaume-Uni et les trois États baltes ne seraient donc pas représentés dans cette première séquence. Or ces pays comptent parmi les contributeurs importants aux efforts de défense européens et aux missions de l’Otan, notamment sur le flanc oriental de l’Alliance.
Des alliés non invités cherchent des explications
L’absence d’invitation suscite des interrogations dans plusieurs capitales européennes. Un responsable d’un pays écarté a déclaré à Politico : « Nous faisons tout ce qu’on nous demande. Nous essayons de comprendre quels sont les critères et quel est l’objectif de ces réunions. On ne nous a pas encore communiqué grand-chose. »
Cette réaction illustre moins une rupture officielle qu’un manque de visibilité sur les critères retenus par Washington pour composer ce groupe. La Maison-Blanche n’a pas répondu aux sollicitations du média américain, tandis que le Pentagone a refusé de commenter l’organisation de la réunion.
Les diplomates des pays exclus relèvent que leurs États consacrent des moyens significatifs à leur défense et participent directement aux dispositifs alliés. La France dispose, de son côté, d’une armée complète, d’une force de dissuasion nucléaire indépendante et d’une présence régulière dans les opérations et structures de l’Otan.
Washington privilégie un format resserré
Du point de vue des participants, ce groupe restreint ne serait pas conçu comme une instance concurrente de l’Otan. Un diplomate d’un pays invité a indiqué que l’objectif serait d’élaborer des propositions susceptibles d’être ensuite soumises à l’ensemble des Alliés, pour discussion et mise à l’épreuve.
Cette méthode traduit néanmoins une volonté américaine de travailler d’abord avec un nombre limité de partenaires. Elle intervient dans un contexte où l’administration de Donald Trump appelle les Européens à assumer une part plus importante de leur sécurité, tout en insistant sur les dépenses militaires et la répartition des responsabilités au sein de l’Alliance.
La sélection des pays invités semble également refléter des priorités géographiques : l’Europe du Nord, la Pologne et l’Allemagne occupent une place centrale dans les débats sur la défense du continent, la sécurité dans l’Arctique et la capacité européenne à répondre à une crise sur le flanc Est.
L’unité de l’Alliance en question
La réunion prévue en Pologne ne modifie pas, à elle seule, les règles de fonctionnement de l’Otan : les décisions de l’Alliance restent prises collectivement par ses membres. Mais elle met en lumière la sensibilité des consultations informelles lorsqu’elles portent sur le rôle futur de l’organisation.
Pour Paris, l’enjeu est autant politique que militaire. La France défend de longue date le renforcement de la capacité d’action européenne, sans remettre en cause son engagement dans l’Otan. Son absence d’un groupe de réflexion consacré à l’avenir de l’Alliance pourrait ainsi alimenter les échanges sur la place des principaux États européens dans les discussions stratégiques avec Washington.
Le Danemark pourrait, selon une source citée par Politico, être associé ultérieurement au format, après un accord avec les États-Unis sur l’élargissement de la présence militaire américaine au Groenland. À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été donnée sur la liste définitive des participants ni sur les conclusions attendues de la rencontre polonaise.
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