En France, les ventes de carburants décrochent en ce mois d’octobre 2026. Mardi 27 octobre, sur CNews et Europe 1, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a alerté sur un « véritable effondrement ». Dans certaines stations de son réseau, les volumes vendus reculent jusqu’à 40%, rapporte Les Échos.
Baisse des ventes de carburant – Cette contraction dépasse le seul enjeu commercial : elle pèse aussi sur les finances publiques. Sur les neuf premiers mois de l’année, le recul des livraisons de carburants routiers représente un manque à gagner fiscal théorique estimé entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros pour l’État, selon les chiffres rapportés par BFM Auto. Une estimation antérieure au décrochage signalé en octobre.
À la pompe, les ménages resserrent leurs dépenses
Chez Coopérative U, la baisse atteint déjà 10% en volume depuis le début de l’année. Les diminutions allant jusqu’à 40% observées dans certaines stations en octobre marquent donc une nette accélération,
selon Les Échos.
Dominique Schelcher attribue ce mouvement aux arbitrages des automobilistes, confrontés à la flambée des prix liée à la crise au Moyen-Orient. Selon le dirigeant, les ménages réduisent leurs déplacements pour contenir leurs dépenses : « les gens ne bougent plus » et « sacrifient beaucoup de choses », rapporte BFM Auto.
L’attente d’une baisse annoncée du prix du gazole contribue également à différer les passages en station. Certains conducteurs repoussent leur plein pour bénéficier du dispositif promis au 1er novembre. Ce comportement accentue ponctuellement la diminution des achats, sans traduire nécessairement une réduction équivalente des déplacements.
Un recul national qui creuse le manque à gagner fiscal
À l’échelle française, les livraisons de carburants routiers ont diminué de 4,8% sur les neuf premiers mois de 2026. Le gazole entraîne ce mouvement, avec un repli de 7,5%, selon les données du Comité professionnel du pétrole reprises par BFM Auto. La dégradation précède donc les dernières alertes des distributeurs.
Philippe Casbas, président d’Ufip Énergies et Mobilités, confirme une baisse exceptionnelle de la demande, tout en distinguant les résultats nationaux des situations locales. Interrogé par RMC le 28 octobre, il rappelle que le recul atteint 7,2% en septembre. Il ne donne pas de bilan pour octobre, le mois n’étant pas terminé.
Pour le gouvernement, l’enjeu budgétaire est déjà tangible : le manque à gagner théorique de 1,5 à 1,7 milliard d’euros concerne les neuf premiers mois. Ce montant ne constitue donc ni un bilan annuel définitif ni une mesure des seules pertes fiscales d’octobre.
Le gouvernement mise sur un répit dès novembre
Face à cette situation, Sébastien Lecornu a annoncé une baisse du prix du gazole dès le 1er novembre. Le mécanisme repose sur la mobilisation de réserves stratégiques pétrolières destinées à alimenter les distributeurs pendant trois mois.
La réduction attendue se situe entre 12 et 18 centimes par litre, soit environ dix euros d’économie par plein. L’objectif est d’alléger rapidement la facture des automobilistes, alors que le niveau des prix freine leurs achats.
Les professionnels soulignent néanmoins les difficultés pratiques du dispositif, notamment l’actualisation de l’affichage des remises au fil des livraisons. Dominique Schelcher y voit une « petite bouffée d’oxygène » : un soutien temporaire, au moment où les volumes vendus comme les recettes fiscales sont sous pression.
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