Face à la flambée des prix des carburants et aux inquiétudes sur le pouvoir d’achat, Emmanuel Macron a réuni plusieurs responsables politiques vendredi. Une rencontre consacrée aux conséquences des crises internationales sur la France.
Emmanuel Macron reçoit plusieurs responsables politiques à l'Élysée avant une réunion consacrée aux crises internationales et à leurs répercussions en France, le 18 septembre 2026 à Paris.
Photo: Thomas SAMSON / AFP via Getty Images
Présidentielle 2027 – Emmanuel Macron a réuni vendredi les principaux candidats à l’élection présidentielle de 2027 ou leurs représentants afin d’évoquer la dégradation de la situation internationale. Au cœur des échanges : la crise énergétique, les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi que leurs répercussions pour la France.
Organisée à huis clos à l’Élysée, cette réunion a rassemblé plusieurs responsables politiques autour du chef de l’État. Les services du renseignement, les autorités militaires et les responsables de l’énergie ont également participé à ces échanges consacrés aux risques géopolitiques et économiques.
Une réunion exceptionnelle à l’Élysée
L’Élysée a justifié cette rencontre par « la dégradation rapide ces derniers jours de la situation internationale ». L’objectif consistait à informer les principaux acteurs de la campagne présidentielle des conséquences des conflits en cours sur la sécurité nationale et l’approvisionnement énergétique.
La réunion s’est tenue dans la salle de crise Vega de la présidence. Emmanuel Macron était entouré des chefs du renseignement, des autorités militaires et du directeur général de l’énergie afin de présenter les dernières évaluations de l’État.
Plusieurs participants ont indiqué que les services français considéraient désormais que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient étaient appelés à durer. Selon eux, l’hypothèse d’un règlement rapide paraît aujourd’hui peu probable.
La crise des carburants au cœur des inquiétudes
Face à la hausse des prix à la pompe, Emmanuel Macron a insisté sur les causes internationales de la crise énergétique. Il a estimé que l’inflation actuelle était « due intégralement aux guerres et à la situation internationale » que « nous subissons ».
Le chef de l’État a également appelé les Français à « rester unis » malgré les difficultés. Alors que les appels à la mobilisation se multiplient, il a rappelé que « Les mobilisations sociales sont toujours légitimes », tout en jugeant qu’elles apportaient rarement de réponses durables lorsque les causes dépassent l’action du gouvernement.
Pour tenter d’atténuer les conséquences de cette flambée des prix, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d’« évaluer » puis d’« adapter » les aides ciblées existantes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit réunir plusieurs acteurs dès lundi afin d’examiner d’éventuels dispositifs complémentaires.
Les candidats réclament davantage de mesures
À l’issue de la réunion, plusieurs responsables politiques ont estimé que les réponses apportées par l’exécutif restaient insuffisantes. Les questions du pouvoir d’achat et du coût des carburants ont largement dominé les réactions.
Raphaël Glucksmann a plaidé pour des « aides beaucoup plus massives » face à une situation qu’il juge « intenable » et « socialement explosive ». Fabien Roussel a pour sa part demandé au gouvernement « d’agir » afin de « baisser les taxes » sur l’énergie.
Jordan Bardella, représentant Marine Le Pen lors de cette réunion, a regretté que « la question du pouvoir d’achat » ait « été malheureusement balayée par le gouvernement ». Selon lui, « Le président n’a apporté aucune réponse » sur ce sujet.
Depuis l’Aude, Marine Le Pen a également estimé que l’absence de baisse des taxes sur les carburants faisait peser « un risque de blocage de l’économie ».
Emmanuel Macron met en garde contre la Russie
Au cours de la réunion puis devant la presse, Emmanuel Macron a également insisté sur l’évolution de la menace russe. Selon lui, la « nature de l’agressivité russe et des menaces en Europe change ».
Les autorités françaises accusent Moscou de mener des opérations hybrides destinées à tester les pays occidentaux. Face à cette situation, le président a demandé la préparation d’un « plan de protection de nos infrastructures critiques ».
« La volonté qu’il y a derrière (ces attaques), c’est nous intimider et c’est casser l’effort de soutien aux Ukrainiens. La conséquence sera le contraire », a assuré le chef de l’État.
« Nous ne sommes pas intimidés parce que nous savons que se joue en Ukraine notre sécurité d’aujourd’hui et de demain », a-t-il ajouté.
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Des inquiétudes partagées sur les risques sécuritaires
Plusieurs participants ont indiqué avoir été informés d’un risque accru d’actions déstabilisatrices menées sur le territoire européen. La réunion a notamment permis d’évoquer les conséquences possibles des tensions internationales pour la sécurité des États européens.
Édouard Philippe a ainsi indiqué que le président avait été « très clair sur la nécessité de continuer à faire passer des messages à la Russie » sans « rentrer dans une belligérance ».
Marine Tondelier a évoqué « des raisons d’être très inquiet ». Selon la candidate écologiste, « La Russie semble prête à mener des actions sur le territoire européen et à y faire des victime civiles », en évoquant une « logique de terrorisme d’Etat » attribuée à Vladimir Poutine.
« Le terme de terrorisme d’Etat a été mentionné », a confirmé Raphaël Glucksmann.
Un G7 sur l’énergie dans les prochaines semaines
Face aux tensions qui affectent les marchés mondiaux de l’énergie, Emmanuel Macron a annoncé la convocation prochaine d’une réunion du G7 consacrée à ces questions. L’objectif affiché est notamment d’« avancer sur une meilleure coordination sur les niveaux de stocks ».
Le chef de l’État a défendu sa stratégie consistant à agir sur les causes de la crise, notamment la sécurisation des approvisionnements et la recherche de nouvelles routes d’acheminement du pétrole. Il a également souligné que la situation dégradée des finances publiques limitait les marges de manœuvre budgétaires de la France.
Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Olivier Faure, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann, Fabien Roussel, Marine Tondelier et Manuel Bompard, représentant Jean-Luc Mélenchon, figuraient parmi les participants à cette rencontre organisée à l’Élysée.
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