Viande brésilienne – La mesure concerne plus largement plusieurs produits d’origine animale destinés à la consommation humaine, dont les œufs, le miel et certains produits issus de l’aquaculture. Elle ne résulte pas d’un signalement portant sur une cargaison précise, mais d’une exigence de conformité réglementaire imposée aux pays exportateurs vers le marché européen.
Une suspension fondée sur les règles sanitaires européennes
Selon Bruxelles, le Brésil n’a pas apporté les éléments nécessaires pour démontrer que ses filières animales respectent, sur l’ensemble de la vie des animaux, les restrictions européennes relatives aux antimicrobiens. Les règles de l’Union interdisent notamment l’administration d’antibiotiques destinée à stimuler la croissance ou à améliorer les rendements des élevages.
Elles proscrivent également l’utilisation, chez les animaux de production, de certains antimicrobiens réservés au traitement d’infections humaines. L’objectif affiché est de limiter le développement de résistances aux antibiotiques, phénomène considéré par les autorités sanitaires comme un enjeu de santé publique.
« Le Brésil ne sera plus autorisé à exporter vers l’Union des animaux producteurs de denrées alimentaires et des produits d’origine animale destinés à la consommation humaine », a déclaré une porte-parole de la Commission européenne à l’AFP. Cette formulation souligne que la décision porte sur les garanties exigées par le droit européen, et non sur une accusation générale de non-conformité de toutes les marchandises brésiliennes.
Le Brésil, un fournisseur majeur du marché européen
Cette suspension intervient alors que le Brésil occupe une place importante dans les approvisionnements agricoles européens. En 2025, le pays avait été le deuxième fournisseur de viande bovine de l’Union européenne, avec plus de 92.000 tonnes exportées, pour une valeur supérieure à 713 millions d’euros.
L’impact commercial précis de la mesure dépendra de sa durée et des possibilités de réorientation des flux brésiliens vers d’autres marchés. Pour les importateurs européens, le changement intervient également dans un contexte où les exigences de traçabilité et de conformité sanitaire prennent une place accrue dans les échanges alimentaires.
La Commission européenne avait déjà engagé le processus en mai, lorsque les États membres avaient approuvé le retrait du Brésil de la liste des pays autorisés à exporter certaines catégories de produits animaux vers l’Union. À partir du 3 septembre, les règles européennes sur les antimicrobiens s’appliqueront ainsi pleinement aux produits importés, au même titre qu’aux producteurs européens selon
Euractiv.
Une reprise possible sous conditions
Bruxelles insiste sur le caractère réversible de la suspension. « Le Brésil est un partenaire important de l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre », a précisé la porte-parole de la Commission européenne.
Aucun calendrier n’a toutefois été fixé pour un éventuel retour des produits concernés sur le marché européen. Les autorités brésiliennes devront fournir les garanties demandées sur leurs systèmes de contrôle, ainsi que sur l’application effective des restrictions concernant les antimicrobiens dans les élevages destinés à l’exportation.
Un audit européen consacré notamment à la filière avicole et au miel doit s’achever le vendredi 4 septembre. Si ses conclusions sont favorables et si les États membres donnent leur accord, les exportations de volaille pourraient être réautorisées dans les semaines suivantes. La décision finale dépendra donc de l’évaluation technique de la Commission et des garanties que le Brésil sera en mesure d’apporter.
Avec AFP
Deuxième fournisseur
Ces mesures s'inscrivent dans le cade européen visant à lutter contre l'antibiorésistance, puisque les infections résistantes aux médicaments ont fortement augmenté dans le monde ces dernières années. Selon l'Organisation mondiale de la santé, les « superbactéries » résistantes aux antimicrobiens sont directement responsables de plus d'un million de décès par an et contribuent à près de cinq millions d'autres décès.
Rien que sur les six premiers mois de l'année, selon les statistiques de la Direction générale de l'agriculture de la Commission européenne, l'UE a importé du Brésil près de 47.500 tonnes de boeuf (frais et congelé), soit une hausse de 57 % par rapport à la même période de 2025. Ce qui fait du Brésil deuxième fournisseur au coude-à-coude avec le Royaume-Uni. Pour le poulet (frais et congelé), ce sont près de 75.000 tonnes qui sont entrées sur le Vieux Continent au cours du premier semestre, soit une hausse de près de plus de 30 % par rapport au premier semestre 2025.
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