Un référendum local organisé dans un village anglais a vu une écrasante majorité d’habitants approuver une « sécession » du Royaume-Uni. Les résidents veulent ainsi dénoncer un projet gouvernemental d’accueil de demandeurs d’asile près de leur commune.
Royaume-Uni – En votant massivement pour une « sécession » du Royaume-Uni, les habitants de Piddington ont voulu adresser un message fort au gouvernement britannique. Ce village de l’Oxfordshire est devenu en quelques jours l’un des épicentres du débat sur l’immigration outre-Manche.
À l’origine de cette mobilisation, un projet de centre destiné à accueillir jusqu’à 1.250 demandeurs d’asile sur un ancien site militaire situé près de la commune. Les habitants dénoncent un dispositif qu’ils jugent disproportionné pour un village de seulement 350 habitants.
Un vote de « sécession » approuvé à plus de 90 %
Les habitants de Piddington ont participé mardi à un référendum symbolique destiné à exprimer leur rejet du projet gouvernemental. Selon les résultats du scrutin, 285 électeurs ont voté en faveur d’une « sécession » et seulement 26 contre.
La participation a atteint 92 %, un chiffre particulièrement élevé pour une consultation sans valeur juridique. Pour les organisateurs, ce résultat démontre l’ampleur des inquiétudes suscitées par l’arrivée potentielle du futur centre d’accueil.
En quelques jours, le village est devenu l’un des symboles du débat sur l’immigration au Royaume-Uni. Cette initiative a attiré l’attention des médias nationaux et alimenté les discussions sur la politique d’asile du gouvernement.
Un ancien site militaire dans le viseur du gouvernement
Le gouvernement souhaite mettre fin à l’hébergement de demandeurs d’asile dans les hôtels, une promesse régulièrement mise en avant par les travaillistes. Pour atteindre cet objectif, plusieurs anciens sites militaires ont été identifiés afin de créer de nouvelles capacités d’accueil.
À proximité de Piddington, le projet prévoit de transformer un ancien centre de stockage et de logistique de la défense. Les bâtiments existants seraient démolis puis réaménagés pour accueillir quelque 1.250 demandeurs d’asile.
Selon le ministère de l’Intérieur, le site hébergerait exclusivement des hommes célibataires âgés de 18 à 65 ans. Ce point figure parmi les principales préoccupations exprimées par les habitants du village.
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Des habitants qui dénoncent un projet « disproportionné »
Mardi, plusieurs résidents interrogés par l’AFP ont qualifié le projet de « totalement disproportionné ». Certains ont également jugé la perspective « inquiétante » pour la sécurité du village et de ses habitants.
La contestation a commencé bien avant le référendum. Durant l’été, des riverains ont organisé plusieurs manifestations afin de demander l’abandon du projet.
Parallèlement, 133 habitantes ont adressé une lettre ouverte aux 266 femmes députées du Parlement britannique. Elles souhaitaient attirer l’attention des élues sur les conséquences qu’elles redoutent pour leur commune.
Selon Tim McNally, élu local, les habitants ont le sentiment de ne pas être entendus. « Le gouvernement n’a pas répondu » et le village s’est senti « ignoré », a-t-il déclaré mercredi sur Sky News.
« C’est ce sentiment que nous transmettons au Parlement », avec ce référendum, a-t-il ajouté.
Le Premier ministre assure entendre les inquiétudes
Interrogé mercredi lors d’un déplacement, le Premier ministre britannique Andy Burnham a affirmé comprendre l’émotion suscitée par le projet.
« Je comprends la vive émotion, et elle existe partout dans le pays », a-t-il déclaré devant des journalistes. Il a toutefois rappelé que la volonté de mettre fin à l’hébergement des demandeurs d’asile dans des hôtels nécessitait parfois « des décisions difficiles ».
Le chef du gouvernement a également assuré qu’il examinerait « les questions soulevées par la population et dans ce référendum ». Il n’a toutefois annoncé aucun changement concernant le projet à ce stade.
Un débat qui dépasse désormais le seul village
L’initiative de Piddington intervient dans un climat déjà tendu autour des questions migratoires au Royaume-Uni. Les arrivées de migrants par la Manche continuent d’alimenter les débats politiques et les oppositions locales.
Sur la BBC, le président libéral-démocrate de l’assemblée régionale de l’Oxfordshire, Tim Bearder, a exprimé une autre inquiétude. Selon lui, le futur centre pourrait devenir un « point d’attraction pour l’extrême droite, qui viendra ici, manifestera, avec le risque de s’en prendre » aux demandeurs d’asile.
Les rassemblements antimigrants sont fréquents dans plusieurs régions du pays et donnent parfois lieu à des violences. Dans ce contexte, le projet de Piddington dépasse désormais le cadre local et s’inscrit dans le débat national sur l’immigration.
Selon les chiffres du ministère britannique de l’Intérieur, 16.657 migrants sont arrivés au Royaume-Uni par la Manche depuis le début de l’année. Ce total reste néanmoins inférieur à celui enregistré à la même période en 2025.
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