Les Émirats arabes unis ont décidé de freiner nettement les inscriptions de leurs ressortissants dans les universités britanniques bénéficiant d’un financement public, invoquant la crainte d’une « islamisation » de certains campus et l’influence supposée des Frères musulmans.

Des étudiants brandissent des pancartes et scandent des slogans lors d'un rassemblement dans un camp pro-palestinien installé sur le campus de la School of Oriental and African Studies (SOAS) à Londres, le 8 mai 2024.
Photo: BENJAMIN CREMEL/AFP via Getty Images
#Royaume-Uni adopte une approche orwellienne avec l'obligation d'identification numérique et de suivi biométrique = Le goulag numérique est en train d’être érigé sous vos yeux ( Des pays de l’ #UE comme la #France ont déjà des programmes d’identification similaires)
Le Royaume-Uni veut créer une carte d’identité numérique pour nationaux et résidents
Cette inflexion, qui ne concerne pas les étudiants finançant eux‑mêmes leurs études, marque un tournant dans une relation académique longtemps présentée comme l’un des piliers du partenariat entre Abu Dhabi et Londres, selon le Financial Times.
Au cœur du dispositif, la réduction ou la suppression des bourses fédérales destinées aux Émiratis souhaitant étudier au Royaume‑Uni, remplacées par une réorientation vers d’autres destinations jugées plus sûres du point de vue idéologique, comme les États‑Unis, l’Australie, la France ou encore Israël.
Selon plusieurs sources citées par la presse anglo‑saxonne, Abu Dhabi entend adresser un double message : protéger sa jeunesse de ce qu’il perçoit comme un risque de radicalisation, et exercer une pression diplomatique sur Londres, accusée de complaisance à l’égard des réseaux fréristes.
Un signal politique assumé envers Londres
La décision fait suite à la publication, à l’été 2025, d’une nouvelle liste d’universités étrangères éligibles aux bourses de l’État émirati, dont les établissements britanniques ont disparu, alors que figurent toujours des institutions nord‑américaines, européennes et asiatiques.
Interrogés par leurs homologues britanniques, les responsables émiratis ont confirmé que l’exclusion du Royaume‑Uni était « délibérée » et liée au « risque de radicalisation islamiste » perçu sur certains campus
Aux yeux d’Abu Dhabi, le Royaume‑Uni paie son refus persistant d’inscrire les Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes, alors que le mouvement est proscrit depuis des années aux Émirats arabes unis et dans plusieurs monarchies du Golfe.
« [Leur] inquiétude et leurs préoccupations à l’égard des Frères musulmans sont de longue date plutôt que conjoncturelles », résume un universitaire, soulignant le fossé idéologique entre les régimes monarchiques du Golfe et la vision politique portée par l’organisation islamiste
Baisse des visas étudiants et redéploiement des bourses
Les premiers effets se mesurent déjà dans les chiffres officiels britanniques : pour l’année se terminant en septembre 2025, seuls 213 étudiants émiratis ont obtenu un visa pour étudier au Royaume‑Uni, soit une baisse de 27% par rapport à l’année précédente.
Dans le même temps, les autorités émiraties réorientent leurs généreux programmes de bourses vers d’autres pays partenaires, sans remettre en cause le principe d’un important soutien public aux études à l’étranger, selon Times of India.
Cette restriction ne constitue pas une interdiction formelle d’étudier au Royaume‑Uni : les étudiants qui le souhaitent peuvent toujours s’y inscrire, mais à leurs frais, sans soutien financier de l’État fédéral. Un connaisseur des discussions cité par la presse résume ainsi la logique des autorités : « [Les Émirats] ne veulent pas que leurs enfants soient radicalisés sur les campus ».
La question sensible de la radicalisation sur les campus
Les responsables émiratis s’appuient notamment sur les données du programme britannique Prevent, chargé d’identifier en amont les signaux de radicalisation, y compris dans l’enseignement supérieur.
Durant l’année académique 2023‑2024, 70 étudiants inscrits dans des universités britanniques ont été signalés pour un possible suivi dans ce programme au titre d’une suspicion de « radicalisation islamiste », soit près du double de l’année précédente, sur une population totale de quelque trois millions d’étudiants.
Abu Dhabi cite également le parcours d’individus impliqués par la suite dans des projets terroristes, passés par des universités du Royaume‑Uni, comme autant de précédents justifiant un durcissement préventif.
Des experts interrogés par les médias nuancent toutefois cette lecture, rappelant que ces cas demeurent marginaux au regard de la population étudiante globale et soulignant le rôle que peuvent aussi jouer les réseaux sociaux et les dynamiques internationales dans les trajectoires de radicalisation.
Entre sécurité intérieure et bras de fer diplomatique
Pour les autorités émiraties, cette politique se présente d’abord comme une mesure de protection de la cohésion interne, dans un contexte régional marqué par les tensions autour de Gaza, la concurrence des puissances islamistes et la crainte d’un retour de mobilisations politiques inspirées par les printemps arabes.
Mais aux yeux de nombreux observateurs, le geste s’inscrit aussi dans une stratégie d’influence visant à pousser Londres à durcir sa doctrine vis‑à‑vis des réseaux islamistes, en jouant sur l’attractivité financière et académique des bourses émiraties, selon T
Des journalistes britanniques soulignent que la réduction des flux étudiants en provenance du Golfe pourrait, à terme, peser sur les revenus de certains établissements très dépendants des frais d’inscription internationaux, dans un secteur déjà fragilisé par la concurrence mondiale et les débats sur le coût des études.
De leur côté, les autorités britanniques défendent la « liberté académique » et l’équilibre de leur dispositif de prévention, tout en cherchant à limiter l’impact diplomatique d’un dossier à la fois sensible sur le plan sécuritaire et emblématique du malaise entre un allié du Golfe et une ancienne puissance coloniale.
Abonnez-vous à notre newsletter
Cet article vous a plu ? N'hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux
et abonnez-vous à MOINS DE BIENS PLUS DE LIENS pour ne manquer aucun article !
Et si vous souhaitez aller plus loin dans votre soutien,
vous pouvez me faire un don ☕️.
Merci pour votre soutien ❤️ !
/https%3A%2F%2Fassets.zerohedge.com%2Fs3fs-public%2Finline-images%2FStarmerID1.jpg%3Fitok%3D4s22lT8D)
/https%3A%2F%2Fcms.zerohedge.com%2Fs3%2Ffiles%2Finline-images%2Fstarmer1.jpg%3Fitok%3DSQf6HLBP)
/image%2F1311484%2F20251124%2Fob_007d76_capture-d-ecran-24-11-2025-61619-ww.jpeg)
Commenter cet article