Gaz russe dans l’UE – L’UE souhaite mettre fin à toute importation d’énergie en provenance de Russie à partir de janvier 2027. Parallèlement, les hostilités au Proche-Orient engendrent une incertitude quant à l’approvisionnement en pétrole et en GNL, ce qui fait grimper les prix sur le marché mondial ainsi que pour les entreprises et les consommateurs.
Dans ce contexte, les livraisons russes restent importantes pour les acheteurs de l’UE. Comme le révèle une étude de l’organisation écologiste Urgewald, une ONG allemande, consultée par Euronews, le volume des importations de GNL par des acheteurs européens depuis le projet russe Yamal a encore nettement augmenté en 2026.
Rien qu’au cours des huit premiers mois de l’année, 156 cargaisons de GNL, représentant un total de 11,39 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié, sont arrivées dans les ports européens. La majeure partie des exportations de GNL de Yamal est destinée à l’Europe.
Un hausse d’au moins 10 %
À titre de comparaison, sur la même période en 2025, le volume s’élevait à 142 cargaisons pour 10,34 millions de tonnes. La hausse pour l’année en cours devrait ainsi atteindre au moins 10 %, même si aucune nouvelle livraison n’avait lieu pour le reste de l’année.
Selon les calculs, les acheteurs auraient déboursé environ 7,28 milliards d’euros à ce titre. Au total, 88,9 % de toutes les exportations mondiales de GNL de Yamal ont été destinées à l’Europe, contre 78,2 % l’année précédente.
Ces livraisons reposent sur des contrats à long terme ; les livraisons issues de contrats à court terme sont interdites depuis avril 2026. Une raison possible de cette augmentation des importations pourrait être la volonté des acheteurs européens de reconstituer leurs stocks avant janvier 2027.
Alors que Bruxelles encourage politiquement l’abandon des énergies russes, les acheteurs ne semblent pas totalement convaincus qu’une solution de remplacement abordable sera disponible en quantité suffisante. En conséquence, ils augmentent à nouveau leurs volumes d’achat.
Concurrence accrue pour le GNL avant le début de la saison de chauffage
À noter que deux compagnies maritimes assurent à elles seules 72 % des exportations de GNL de Yamal. Entre janvier et août 2026, l’entreprise canadienne Seapeak a transporté environ 4,73 millions de tonnes en 65 cargaisons, à l’aide de six méthaniers brise-glace de classe Arc7. Le groupe grec Dynagas a, quant à lui, transporté 4,5 millions de tonnes en 62 cargaisons.
Par ailleurs, l’intérêt pour l’exécution des contrats existants ne devrait pas faiblir dans l’immédiat. La situation dans le détroit d’Ormuz et les récentes attaques des Houthis dans le détroit de Bab-el-Mandeb, en mer Rouge, alimentent la crainte d’un nouveau choc d’offre.
Le TTF au niveau le plus élevé depuis fin 2022
Lundi 14 septembre, le prix de référence européen TTF a grimpé jusqu’à 83,75 euros par mégawattheure, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis fin 2022.
Le prix du gaz en Europe a presque triplé au cours de la seule année 2026.
Parallèlement, les stocks de gaz européens sont nettement moins remplis qu’à la même époque les années précédentes, et le rythme de remplissage reste plutôt poussif. L’Allemagne, en particulier, est pressée par le temps pour constituer des réserves suffisantes avant le début de la saison de chauffage.
Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, un « problème à court terme », selon le ministre omanais de l’Énergie
Dans ce contexte, la concurrence pour les approvisionnements disponibles risque de s’intensifier durant la saison de chauffage, compte tenu de la réduction des flux mondiaux de GNL.
Cela ferait grimper encore davantage les prix sur les marchés mondiaux. L’interdiction imminente par l’UE des importations d’énergie russe survient ainsi alors que le marché européen du gaz est soumis à une forte tension sur l’approvisionnement.
Par ailleurs, le ministre omanais de l’Énergie, Salim Al Aufi, tente d’apaiser les inquiétudes. Selon Arab News, il a déclaré que les perturbations actuelles de la navigation dans le détroit d’Ormuz ne constituaient qu’un « problème à court terme ».
Des efforts sont en cours pour stabiliser la situation à moyen terme. Oman négocie actuellement avec l’Iran et les États-Unis une solution susceptible de garantir la reprise totale du transport maritime via ce détroit stratégique.
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