Fiscalité, stabilité et choix de vie
Les motivations des contribuables mobiles ne se résument pas à un seul facteur. Les conditions fiscales comptent, particulièrement pour les personnes disposant de revenus ou d’actifs répartis entre plusieurs pays. Mais la stabilité réglementaire, la prévisibilité économique, l’environnement des affaires, la qualité de vie et la situation familiale entrent également dans la décision.
En France, le débat sur la contribution des grandes fortunes a été relancé par la proposition de l’économiste Gabriel Zucman d’un prélèvement annuel de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Ses défenseurs estimaient qu’une telle mesure pouvait renforcer les recettes publiques et répondre à la concentration du patrimoine.
D’autres économistes et représentants du monde économique font valoir qu’une hausse de la fiscalité peut encourager certains entrepreneurs et investisseurs à déplacer leur résidence, leurs structures patrimoniales ou leurs projets. L’enjeu, pour les pouvoirs publics, consiste à financer les services collectifs tout en préservant l’attractivité du territoire pour l’investissement productif.
L’Italie progresse dans la concurrence européenne

L’Italie figurait parmi les principales destinations mondiales des millionnaires en 2025, derrière les Émirats arabes unis et les États-Unis. Le pays devait enregistrer un gain net de 3.600 résidents fortunés, devant la Suisse, attendue à environ 3.000 arrivées nettes, selon
Le Figaro.
Cette attractivité est notamment associée à son régime fiscal destiné à certains nouveaux résidents, qui prévoit une imposition forfaitaire de leurs revenus de source étrangère sous conditions. L’Italie combine cet argument fiscal avec des facteurs plus larges: patrimoine culturel, immobilier, connectivité internationale et accès au marché européen.
La concurrence ne se joue donc pas uniquement entre la France et l’Italie. Les Émirats arabes unis, les États-Unis, la Suisse, le Portugal, la Grèce et Monaco figurent également parmi les destinations citées par les analyses sur la mobilité des grandes fortunes. Les choix de résidence sont devenus plus internationaux, à mesure que les patrimoines et les activités économiques se répartissent dans plusieurs pays.
Un indicateur à contextualiser
Le rapport Henley s’appuie sur des estimations de mobilité de personnes fortunées et doit être distingué des statistiques administratives françaises sur les expatriations, les déclarations fiscales ou les transferts bancaires. Les chiffres publiés pour 2025 étaient par ailleurs présentés initialement comme des projections.
La question économique dépasse ainsi le seul volume de départs. Un nombre réduit de contribuables peut représenter une part importante de l’investissement privé, de l’entrepreneuriat, des emplois créés ou des recettes fiscales. À l’inverse, les partisans d’une fiscalité accrue soulignent que l’efficacité d’un impôt sur les patrimoines dépend aussi de la coopération internationale et de la lutte contre l’évasion fiscale.
Le solde de 800 millionnaires en moins constitue donc davantage un signal sur la compétition entre juridictions qu’une démonstration, à lui seul, d’un exode généralisé. Il met en lumière une question durable pour la France et ses voisins: comment concilier attractivité économique, justice fiscale et capacité de financement public dans un contexte où les patrimoines les plus mobiles disposent d’un choix croissant de pays d’accueil.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.
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