Le prix du gazole pourrait atteindre 2,53 euros le litre en moyenne en France dans le mois à venir, sur fond de hausse persistante des cours pétroliers et de tensions au Moyen-Orient. Cette perspective intervient alors que le diesel s’affiche déjà autour de 2,29 euros le litre et que le SP95 dépasse 2,12 euros dans les relevés les plus récents.
Pour les ménages comme pour les professionnels dépendants de leur véhicule, l’augmentation remet le coût des déplacements au centre des préoccupations. Le seuil jugé
« trop cher et inacceptable » par les Français se situe en moyenne à 1,84 euro le litre, selon une enquête Elabe citée par
BFMTV, loin des tarifs actuellement observés à la pompe.
Une progression déjà sensible à la pompe
Le mouvement haussier ne date pas de cette seule semaine. Le gazole était encore facturé 2,259 euros le litre en moyenne au début du mois de septembre, d’après des données gouvernementales reprises par
Le Parisien. Ce niveau représentait déjà une hausse de 31,3% par rapport à la fin février.
Le diesel demeure le carburant le plus consommé en France. Sa progression pèse donc particulièrement sur les salariés qui se rendent quotidiennement au travail en voiture, les artisans, les entreprises du bâtiment, les agriculteurs ou encore les conducteurs effectuant de longs trajets.
L’écart avec le niveau atteint au début de l’année illustre l’ampleur du renchérissement. Pour un plein de 50 litres, un gazole à 2,53 euros représenterait une dépense de 126,50 euros, hors éventuelles différences locales entre stations-service.
Le pétrole et le contexte international en cause
La hausse des tarifs à la pompe s’explique principalement par le regain de tensions au Moyen-Orient et par leur effet sur les marchés pétroliers. Le baril de Brent a dépassé 100 dollars le 9 septembre, un seuil qu’il n’avait plus franchi depuis juillet, selon les informations de
France Inter.
Les prix des produits pétroliers ne se répercutent toutefois pas instantanément et de façon identique dans toutes les stations. Les coûts d’approvisionnement, de raffinage, de transport et la politique commerciale des distributeurs peuvent faire varier le prix final selon les territoires et les enseignes.
La prévision d’un gazole à 2,53 euros doit donc être comprise comme une projection conditionnée à la poursuite de la tendance actuelle. Une détente sur le marché du pétrole ou une évolution géopolitique différente pourrait en modifier l’ampleur, tandis qu’une nouvelle hausse du brut accentuerait la pression sur les prix français.
L’État écarte un plafonnement généralisé
Face à cette situation, le gouvernement a réuni le 9 septembre à Bercy les représentants de la filière, dont des producteurs, distributeurs et organisations professionnelles. Il s’agissait de la neuvième réunion organisée depuis le début de la crise liée au conflit au Moyen-Orient.
L’exécutif n’envisage pas de plafonnement généralisé. « Ce serait risquer la pénurie », indique-t-on à France Inter. Le gouvernement exclut également, à ce stade, un nouveau geste fiscal, en invoquant les contraintes qui pèsent sur les finances publiques.
En revanche, le guichet de l’aide destinée aux « travailleurs modestes grands rouleurs » est prolongé jusqu’à la fin septembre. Ce dispositif représente environ une centaine d’euros pour les bénéficiaires. Les aides destinées à certains professionnels, notamment les agriculteurs, pêcheurs et entreprises du BTP, sont reconduites pour deux mois.
Marges, aides et choix de mobilité
La question des marges fait aussi partie du débat. Dominique Schelcher, patron des coopératives U, estime sur France Inter que les marges du raffinage ont fortement progressé et évoque « fois trois, fois quatre ». Il considère que ce secteur peut « peut-être aujourd’hui faire un effort », tandis que la grande distribution assure pratiquer des marges particulièrement réduites sur le carburant
Les autorités ont par ailleurs ouvert une enquête sur les marges des raffineurs. Elle devra permettre de distinguer ce qui relève de la hausse du pétrole brut, de la transformation du produit et des pratiques commerciales dans la chaîne de distribution.
À plus long terme, Bercy met également en avant l’accompagnement vers les véhicules électriques, notamment via le leasing social. Mais pour les conducteurs qui n’ont pas d’alternative immédiate à leur véhicule thermique, l’évolution du prix du gazole au cours des prochaines semaines restera le principal indicateur à surveiller.
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