Jusqu’ici limité, le mouvement s’est étendu, lundi, en dehors de l’Ile-de-France et a touché 180 établissements.
Le ministre de l’intérieur a évoqué des « violences urbaines » ayant donné lieu à 164 interpellations
« On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Ile-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le président de l’USL, Ryad Rani. Dans un communiqué, l’organisation lycéenne évoque le « manque de professeurs et de personnels », les « lycées délabrés », les « emplois du temps et les classes surchargés » ou encore le « stress engendré par Parcoursup ».
Le mouvement est né le 21 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans le Val-de-Marne, où plusieurs postes d’enseignants n’étaient pas assurés. Il s’est ensuite étendu en Ile-de-France, où environ 12 % des 468 lycées publics ont fait l’objet de tentative de blocage, et une dizaine ont été bloqués. Lundi, la mobilisation « s’est intensifiée », selon les rectorats de Créteil et de Versailles. Des actions ont également été recensées à Marseille, Lille, dans la région lyonnaise ou dans le Var et les Alpes-Maritimes. Lundi, 180 établissements ont été perturbés

À Lille, un incendie dont les causes restent à préciser
À Saint-Denis, les moyens éducatifs au centre des revendications
Une mobilisation appelée à s’élargir
Mortiers, gaz lacrymo…
Un blocus devant un lycée de Seine-et-Marne tourne à l’affrontement avec les forces de l’ordre
Lundi 28 septembre 2026 au matin, des lycéens ont organisé un blocus devant le campus de Coulommiers. La situation a rapidement dégénéré avec les policiers.

©Capture d’écran Snapchat
Le blocus était annoncé et il a été massivement suivi. Ces derniers jours, via les réseaux sociaux, un appel à la mobilisation devant le lycée Jules Ferry de Coulommiers (Seine-et-Marne) pour ce lundi 28 septembre 2026 a été largement relayé.
Dans celui-ci, les lycéens mettaient en avant plusieurs revendications dont un temps de pause suffisant pour déjeuner, des emplois du temps plus équilibrés ou encore des espaces propres et adaptés.
Un blocus qui part en affrontement
Et ce lundi matin, force est de constater que le mouvement a été largement suivi. Des 7h, des centaines de lycéens, pour la plupart cagoulés ou capuchés, se sont mobilisés. Face à l’utilisation pour certains de mortiers d’artifice, les forces de l’ordre ont été rapidement mobilisées pour tenter de faire revenir le calme.
Sur plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux, on y voit notamment des jeunes lancer également des barrières et multiplier les tirs de mortiers.
Problème, c’est le contraire qui s’est passé et des affrontements ont éclaté entre les deux camps. Les policiers, équipés de boucliers antiémeutes, ont notamment fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les lycéens. Selon plusieurs témoins, un bus aurait été caillassé.
De leur côté, plusieurs lycéens ont rapidement quitté les lieux pour se mettre à l’abri, ne pouvant pas entrer dans l’établissement.
Vers 11h, la situation était toujours aussi tendue. Contactée, une source policière affirmait que les forces de l’ordre présentent sur place étaient encore largement mobilisés.
En marge des blocus dans les lycées, de nombreuses interpellations dans plusieurs départements
Des jeunes âgés de 15 à 17 ans sont en garde à vue lundi pour avoir tenté de bloquer leur lycée en Isère. Dans les Alpes-Maritimes, dix lycéens ont aussi été interpellés. C'est aussi le cas en région parisienne ainsi que dans le Nord. Alors que les élèves dénoncent le manque de moyens et les absences de professeurs, le mouvement de blocus des lycées s'étend en France. De nombreuses interpellations ont eu lieu.
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Le mouvement de blocus de lycées franciliens par des élèves s'étend lundi 28 septembre. Dans plusieurs départements, de nombreuses interpellations ont eu lieu : en Isère, dans les Alpes-Maritimes, en Seine-et-Marne ou encore dans le Nord par exemple. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce que 164 personnes ont été interpellées en tout. 180 établissements, en majorité en région parisienne, ont été touchés par le mouvement des lycéens. Les élèves tirent la sonnette d'alarme face au manque de moyens et à l'absence de professeurs.
Trois mineurs interpellés en Isère

Trois jeunes ont été interpellés en Isère, dix autres dans les Alpes-Maritimes, apprennent lundi ICI Isère auprès de la police, et l'Agence Radio France auprès de la préfecture des Alpes Maritimes.
En Isère, trois jeunes de 15 à 17 ans ont été interpellés et sont en garde à vue ce lundi après une tentative de blocage du lycée Mounier, à Grenoble, précise la police à ICI Isère. Ces interpellations ont eu lieu suite à d'échauffourées entre élèves et forces de l'ordre. La police a été visée par des projectiles, elle a répondu en utilisant du gaz lacrymogène.
Jets de projectiles, tirs de mortiers, incendie, violences…
Dans les Alpes-Maritimes, la préfecture rapporte ce lundi dans un communiqué que "le fonctionnement de 10 lycées a été perturbé" dans le département, notamment à Nice, Grasse, Cagnes-sur-Mer et Menton. Dix lycéens ont été interpellés, précise la préfecture, "pour jets de projectiles, tirs de mortier, incendie volontaire, violences en réunion, vols et dégradations de biens privés".
La préfecture des Alpes-Maritimes indique aussi que deux élèves ont été légèrement blessés "par des tirs de mortiers et de projectiles lancés par les manifestants". Le communiqué note aussi qu'une cheffe d'établissement et un personnel administratif de l'Éducation nationale ont déposé plainte suite à des jets de projectiles.
Depuis une semaine, des lycéens d'Île-de-France bloquent leurs établissements pour protester entre autres contre la surcharge des classes et des emplois du temps ou l'absence de professeurs, des rassemblements ayant parfois dégénéré en actes de vandalisme.
Cinq jeunes interpellés en Seine-et-Marne
Cinq mineurs ont été interpellés lors des blocus de lycées à Coulommiers et Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) lundi, indique à franceinfo Jean-Baptiste Bladier, le procureur de Meaux.
Mardi, trois mineurs seront déférés devant le parquet pour des faits commis à Coulommiers, notamment "violences aggravées sur personne dépositaire de l'autorité publique", "détention d'artifices" ou encore "participation avec arme à un attroupement" et "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens". Un quatrième jeune, interpellé plus tardivement, sera présenté au parquet "sans doute" mercredi, explique le procureur.
Mercredi, un autre mineur sera déféré au parquet pour le "même type de faits" commis à Lagny-sur-Marne, précise Jean-Baptiste Bladier.
Huit personnes interpellées à Lille
Huit personnes, dont sept mineurs, ont été interpellées et placées en garde à vue après des blocages de plusieurs lycées lundi à Lille (Nord), indique le parquet de la ville à ICI Nord. Ces personnes ont été interpellées pour des violences, pour certaines avec des armes, des outrages contre les forces de l'ordre mais aussi pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences.
Selon ICI Nord, des poubelles ont été incendiées devant l'entrée du lycée Aimé-Césaire, dans le quartier de Fives à Lille. Des poubelles ont aussi été renversées sur le boulevard d'Alsace, qui longe le lycée Baggio de Lille. Neuf établissements en tout ont été bloqués dans le Nord ce lundi. L'union syndicale lycéenne, contactée par ICI Nord, promet de nouvelles actions devant plusieurs lycées de la métropole lilloise ce mardi.
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