En Île-de-France, près de deux mille jeunes bacheliers sont toujours sans fac. Selon nos informations, pour enrayer ce bilan, le ministère propose en catimini aux universités une enveloppe de 3 000 euros par étudiant placé. Une méthode inédite, et très « choquante » pour une partie des personnels.
DansDans les couloirs des facultés parisiennes, on s’est donné le mot : « Le ministère panique. » En Île-de-France, selon des informations relayées auprès des administrations universitaires, deux mille jeunes bacheliers et bachelières seraient encore sans fac.
❝Au-delà du marchandage, l’enseignante de Paris Cité dénonce aussi la loterie à laquelle les futur·es étudiant·es seront soumis·es. « Ces bacheliers vont se retrouver dispersés de manière aléatoire dans des disciplines qu’ils n’ont pas demandées. Un étudiant qui veut faire des mathématiques pourrait se retrouver en droit, ou bien dans des filières de niche comme le vietnamien, qui n’arrive pas à remplir ses capacités d’accueil. »
De plus, ces futurs étudiant·es vont débarquer dans leur nouvelle filière avec plusieurs semaines de retard alors que leurs camarades auront démarré début septembre. « S’ils ont été refoulés par Parcoursup, c’est qu’ils ont déjà des fragilités. Ça va les mettre en difficulté », abonde un enseignant de la faculté de sciences de Paris Cité.
De plus en plus de réorientations
Imaginée sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, et entrée en vigueur en 2018, la plateforme Parcoursup produit une insatisfaction croissante. Mécaniquement, elle génère aussi des demandes de réorientation toujours plus importantes (+ 13 % l’an passé). En juillet dernier, plus de 126 000 candidat·es n’avaient toujours pas d’affectation, soit 20 000 de plus qu’en 2025. À l’époque, plus de 50 000 d’entre elles et eux sortaient tout juste du lycée, et une petite moitié étaient des étudiant·es en réorientation.
Rien qu’à Paris Cité, on estime à 30 % l’augmentation du nombre de demandes de réorientation par rapport à l’année dernière. « Nous sommes saturés. De nombreux étudiants se retrouvent dans des filières qu’ils ne voulaient pas, donc au bout d’un an ils demandent à changer. C’était prévisible, mais pas anticipé », développe une enseignante.❞
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