Alors qu’Emmanuel Macron participait à un dîner d’État au palais royal de Madrid, le Sénat espagnol refusait de ratifier le traité d’amitié franco-espagnol. Le texte, signé en 2023 avec Pedro Sánchez, reste contesté par la majorité de droite de la chambre haute.

Le roi d'Espagne Felipe VI marche aux côtés du président français Emmanuel Macron au palais de la Zarzuela, à Madrid, le 29 septembre 2026. Le président français effectue une visite officielle de deux jours en Espagne.
Photo: Ludovic MARIN / AFP via Getty Images
Déplacement présidentiel en Espagne – Le Sénat espagnol a rejeté mardi la ratification du traité d’amitié entre la France et l’Espagne. Ce vote est intervenu alors qu’Emmanuel Macron effectuait une visite d’État à Madrid.
La chambre haute, dominée par le Parti populaire (PP), a refusé d’approuver ce texte signé en 2023 par Emmanuel Macron et Pedro Sánchez. La décision est tombée au moment même où débutait, au palais royal de Madrid, un dîner de gala réunissant le président français, le roi Felipe VI et la reine Letizia.
Un vote défavorable au traité franco-espagnol
Dans le détail, 142 sénateurs du Parti populaire et de Vox ont voté contre le texte. En face, 106 élus ont soutenu sa ratification, notamment au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre Pedro Sánchez.
Le résultat reflète l’opposition persistante du PP à cet accord bilatéral. Malgré son adoption par plusieurs institutions des deux pays, le traité n’a pas réussi à obtenir le soutien de la majorité sénatoriale espagnole.
Un rejet au moment de la visite de Macron
La coïncidence de calendrier a donné une portée particulière à ce vote. Le scrutin s’est déroulé alors que les plus hautes autorités françaises et espagnoles participaient à une cérémonie officielle à quelques centaines de mètres du Sénat.
Au moment où les sénateurs se prononçaient, Emmanuel Macron prenait part à un dîner de gala avec le roi Felipe VI et la reine Letizia. Cette séquence devait constituer l’un des temps forts de sa visite d’État en Espagne.
Un traité signé à Barcelone en 2023
Le traité d’amitié franco-espagnol avait été paraphé à Barcelone en janvier 2023 par Emmanuel Macron et Pedro Sánchez.
Ce texte vise à renforcer la coopération politique entre Paris et Madrid ainsi qu’à institutionnaliser les échanges entre les deux gouvernements. Depuis sa signature, il avait déjà été ratifié par le Congrès des députés espagnol, l’Assemblée nationale française et le Sénat français.
L’opposition du Parti populaire
Depuis sa rédaction, le Parti populaire conteste une disposition particulière de l’accord.
Le point de désaccord porte sur un article prévoyant qu’un membre du gouvernement de l’un des deux pays soit invité au Conseil des ministres de l’autre au moins une fois tous les trois mois. Le PP considère cette disposition comme problématique et s’y oppose depuis l’origine.
La justice espagnole avait validé l’accord
Cette contestation n’avait pourtant pas empêché une validation judiciaire récente du traité.
Saisie sur ce sujet, la justice espagnole a estimé le 23 septembre que le traité d’amitié franco-espagnol était conforme à la Constitution. Cette décision est intervenue quelques jours seulement avant l’arrivée d’Emmanuel Macron à Madrid.
Un accord inspiré d’autres traités européens
L’Espagne et la France ne sont pas les seuls pays à avoir conclu ce type d’accord.
Paris a déjà signé quatre traités d’amitié de cette nature avec l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et l’Espagne. Ces textes ont pour objectif de renforcer la coordination politique entre partenaires européens.
Une pratique encore limitée pour Madrid
De son côté, l’Espagne a conclu peu d’accords comparables avec ses voisins.
Avant ce traité avec la France, Madrid n’avait signé des textes similaires qu’avec le Portugal et le Maroc. Le rejet du Sénat espagnol ouvre désormais une période d’incertitude sur l’avenir de cet accord bilatéral, pourtant soutenu par les gouvernements français et espagnol depuis près de quatre ans.
Commenter cet article