Jusqu'à 3,90 euros le litre ?
Pourquoi la menace de Trump de couper ses exportations de diesel pourrait provoquer un choc historique en Europe
Les dirigeants européens ont des sueurs dans le dos. Ce jeudi, ils tentent de dissuader le président américain d'interdire les exportations de diesel de son pays. Donald Trump a confié soutenir cette mesure mardi, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Selon Politico, cette mesure pourrait être appliquée pendant 90 jours.
"L’Union européenne accueille avec inquiétude les informations selon lesquelles les États-Unis envisagent d’interdire les exportations de diesel. Toute perturbation risquerait d'avoir des conséquences négatives pour les deux parties", met en garde le porte-parole de la Commission européenne Olof Gill, précisant que des "contacts de haut niveau sont en cours".
Et pour cause, 50% du diesel importé par les membres de l'Union européenne au mois d'août venait des États-Unis, selon la Commission. Une coupure serait donc une catastrophe pour le Vieux Continent, déjà confronté actuellement à des prix records, avec une moyenne de 2,23 euros le litre de diesel contre 2,16 euros une semaine plus tôt.
Les États-Unis exportent actuellement plus de 1,5 million de barils de diesel par jour, ce qui en fait de très loin le premier exportateur mondial, alors que les exportations de la Russie et de l'Arabie saoudite ont nettement chuté ces derniers mois en raison des guerres.
Comme les autres pays européens, la France n'a plus suffisamment de raffineries pour être "auto-suffisante" sur le diesel. La moitié du gazole consommé dans le pays est donc importée. L'an passé, le premier fournisseur de l'Europe était l'Arabie saoudite, dont les exportations sont désormais limitées par le conflit au Moyen-Orient.
La Russie devrait prolonger son interdiction d’exportation de diesel après septembre
Investing.com - La Russie prévoit de prolonger son interdiction sur la plupart des exportations de diesel au-delà de fin septembre, alors que l'Ukraine continue de frapper ses raffineries, a rapporté Bloomberg lundi, citant des sources proches du dossier.
Une prolongation d'au moins un mois supplémentaire, voire plus, serait à l'étude.
La Russie a mis en place cette interdiction en juillet après que les frappes ukrainiennes contre ses raffineries ont fait chuter les taux de traitement du pétrole à leurs niveaux les plus bas depuis plusieurs années. Les restrictions à l'exportation, initialement prévues pour ne durer que quelques semaines, ont été prolongées jusqu'en août, puis jusqu'à fin septembre, les attaques se poursuivant.
Moscou étudiait une nouvelle prolongation d'un mois la semaine dernière.
Avant les restrictions, la Russie fournissait environ 10% du diesel maritime mondial. Le retrait de ces volumes du marché s'est ajouté aux perturbations des flux en provenance du Moyen-Orient, soutenant ainsi les prix.
Le président Donald Trump a récemment attribué les hausses de prix au conflit russo-ukrainien et a déclaré que Moscou et Kiev avaient convenu de cesser de frapper mutuellement leurs infrastructures énergétiques. Aucune des deux parties n'a confirmé un tel accord et les attaques ont continué.
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