Fuite de données fiscales – Dans les messages adressés aux victimes, Bercy appelle à la vigilance face aux risques d’hameçonnage et d’usurpation d’identité. Le courriel recommande notamment de « consulter régulièrement les mouvements de votre compte bancaire », alors que les informations dérobées peuvent renforcer la crédibilité de tentatives de fraude ciblées.
Une notification individualisée des personnes touchées
Les accès frauduleux au système d’information de la DGFiP ont eu lieu à deux reprises, à la fin juin puis à la fin juillet. Les investigations menées par l’administration ont établi que des données concernant 678.000 usagers, particuliers comme professionnels, avaient pu être consultées et extraites.
Pour les particuliers, les données concernées peuvent inclure les nom et prénom, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source. Pour les entreprises, les informations concernées comprennent notamment la raison sociale et le numéro SIREN.
La DGFiP a annoncé
dans un communiqué l’envoi de notifications individuelles par courriel ou courrier. Chaque destinataire doit recevoir des précisions sur les données susceptibles d’avoir été consultées ou extraites, ainsi que les précautions recommandées selon sa situation.
Hameçonnage : le risque principal pour les victimes
L’administration fiscale insiste sur le risque de sollicitations frauduleuses utilisant des données réelles pour paraître légitimes. Un fraudeur disposant d’éléments fiscaux ou d’identité peut, par exemple, chercher à convaincre un contribuable qu’il s’adresse bien à son administration, à sa banque ou à un organisme public.
Dans son message, Bercy prévient : « Il convient d’être particulièrement prudent face à toute prise de contact […] de personne ou d’organismes qui prétendraient vous connaître à partir d’informations dérobées ». La DGFiP rappelle également que « la DGFIP ne vous demandera jamais de lui fournir des informations en dehors de votre espace sécurisé ».
Les contribuables sont donc invités à ne pas communiquer d’identifiants, de codes reçus par SMS ou de coordonnées bancaires en réponse à un courriel, un appel ou un message inattendu. En cas de doute, la vérification doit passer par l’espace particulier sur impots.gouv.fr, ouvert directement dans un navigateur, et non via un lien reçu.
Vérifier ses opérations bancaires sans céder à la panique
La recommandation de consulter régulièrement son compte bancaire vise à permettre la détection rapide d’un prélèvement inhabituel, d’un paiement inconnu ou d’une tentative d’opération frauduleuse. Une anomalie doit être signalée sans délai à sa banque, en conservant les messages ou documents qui pourraient aider à identifier une tentative d’escroquerie,
selon Les Échos.
La DGFiP précise toutefois que les données volées ne permettent pas d’accéder directement à l’espace sécurisé personnel sur impots.gouv.fr. Les identifiants et mots de passe des contribuables ne figurent pas parmi les données concernées, selon les informations communiquées par l’administration.
Le gouvernement a parallèlement demandé à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information de conduire un « audit approfondi » afin d’établir les circonstances et les causes de l’incident, en complément de l’enquête judiciaire en cours.
Une enquête et un renforcement attendu de la sécurité
Cette affaire intervient dans un contexte de multiplication des attaques visant les administrations, les entreprises et les organismes détenant des données sensibles. Bercy a indiqué que ses équipes restaient mobilisées avec les services compétents de l’État, dont l’ANSSI, pour analyser l’incident et renforcer la protection de ses systèmes.
La directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a qualifié l’épisode de « violation de données personnelles, fiscales, que les Français nous confient ». L’enjeu est désormais double : informer clairement les personnes exposées et prévenir l’exploitation des données dérobées.
Pour les contribuables qui n’ont reçu aucune notification, aucune démarche spécifique n’a été annoncée. La DGFiP indique qu’elle contacte directement les personnes identifiées comme concernées, par courriel ou courrier.
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