
RAPPEL
Les BRICS+ sont un groupe de dix pays qui se réunissent en sommets annuels : le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, l'Iran, l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Indonésie et l'Éthiopie, ayant pour but de rivaliser avec le Groupe des sept (le G7).
Initialement, le terme « BRIC » est un acronyme pour désigner quatre pays se regroupant à partir de 2009 : Brésil, Russie, Inde et Chine (en anglais : Brazil, Russia, India, China) ; le terme BRIC est forgé dès 2001 par Jim O'Neill, un économiste de Goldman Sachs.
En 2011, l'adhésion de l'Afrique du Sud (en anglais : South Africa) donne naissance à l'acronyme BRICS.
En 2024, avec l'ajout de l'Égypte, des Émirats arabes unis, de l'Éthiopie et de l'Iran, le groupe devient les BRICS+.
Au début de 2025, l'Indonésie rejoint le groupe.
Les dix pays des BRICS+ représentent en près de la moitié de la population mondiale[1] et 35 % du produit intérieur brut mondial en valeur courante[2], contre 44 % pour les pays du G7[3].
Au sein du groupe des BRICS+, la devise utilisée pour les échanges internationaux est le yuan, la monnaie chinoise. Les BRICS+ ont pour projet de créer une monnaie commune à l'alliance ; cette monnaie pourrait occasionner une chute significative du dollar américain[4], jusque-là la principale monnaie d'échange dans le monde.
Affiches annonçant le sommet d'août 2023 à l'aéroport de Tambo, Johannesbourg
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« À travers les BRICS, le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud relient ensemble quatre continents, un tiers de la superficie terrestre mondiale et près de trois milliards et demi de personnes. Notre histoire est celle de gens qui travaillent ensemble pour construire un futur meilleur pour tous dans un esprit de solidarité, de respect mutuel et de bénéfice partagé ». Cliché d'Olivier Godard, aéroport de Tambo, Johannesboug, Afrique du Sud, 9 août 2023. |
« Ensemble, les BRICS comprennent 42 % de la population mondiale, 30 % du territoire, 27 % du produit intérieur brut global et 20 % du commerce total ». Cliché d'Olivier Godard, aéroport de Tambo, Johannesboug, Afrique du Sud, 9 août 2023. |
La Montée des BRICS et
le Déclin de l’Impérialisme Américain
Une Guerre par Proxies
Dans un monde en pleine mutation multipolaire, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, intensifient leurs efforts pour contenir la montée en puissance des BRICS+.
Ce bloc économique et géopolitique, élargi à une dizaine de membres depuis 2024 (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis, Indonésie et Arabie saoudite), représente désormais près de 45 % du PIB mondial en parité de pouvoir d'achat.
Face à cette réalité, Washington opte pour une stratégie guerrière :
Frapper les alliés périphériques des "porte-drapeaux" russo-chinois, comme le Venezuela, l'Iran et bientôt Cuba, sans affronter directement Pékin ou Moscou.
Cette approche, qui rappelle la célèbre formule de Clausewitz – "la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens" – reflète des intérêts économiques profonds : maintenir l'hégémonie du dollar, sécuriser les ressources énergétiques et freiner la dédollarisation accélérée par les BRICS.
Les Assauts Américains contre les Proxies des BRICS
Depuis le début de 2026, les actions américaines se succèdent avec une précision chirurgicale. En janvier, l'opération "Absolute Resolve" a conduit à la capture de Nicolás Maduro au Venezuela, un allié historique de la Russie et de la Chine. Ce régime change forcé n'est pas seulement une victoire tactique ; il coupe les flux pétroliers vers Cuba et perturbe les approvisionnements énergétiques chinois, qui dépendaient en grande partie du brut vénézuélien à prix réduit.
Le Venezuela, candidat partenaire des BRICS, est ainsi "détaché" de facto du bloc, illustrant comment Washington cible les maillons faibles pour isoler les puissances centrales.
Fin février, c'est l'Iran – membre plein des BRICS depuis 2024 – qui a subi des frappes massives américano-israéliennes. Sites nucléaires, bases balistiques et commandements des Gardiens de la Révolution ont été visés, culminant avec l'élimination du Guide suprême Ali Khamenei.
Cette offensive, qualifiée de "guerre" par de nombreux observateurs, affaiblit un pilier énergétique du bloc : l'Iran fournissait jusqu'à 90 % de son pétrole à la Chine. Bien que Téhéran reste formellement dans les BRICS, sa capacité à participer à des exercices conjoints ou à exporter massivement est compromise, forçant Pékin à chercher des alternatives plus coûteuses.
Cuba, partenaire associé des BRICS, semble être la prochaine cible. L'embargo pétrolier renforcé par un décret exécutif de janvier asphyxie l'île : blackouts quotidiens de 18 à 22 heures, pénuries alimentaires et médicales, effondrement économique.
Trump évoque un "friendly takeover" – une prise de contrôle amicale via négociations backchannel menées par le secrétaire d'État Marco Rubio.
Sans invasion directe (trop risquée), Washington mise sur un effondrement interne ou un deal négocié, qui démantèlerait le régime castriste et priverait les BRICS d'un symbole anti-impérialiste en Amérique latine.
La Colombie pourrait suivre :
Menaces d'opérations contre les cartels, sanctions contre le président Gustavo Petro, et pressions pour une coopération accrue sur la drogue et la migration. Bien que Bogota soit un allié historique des États-Unis, ces intimidations visent à aligner le pays et à couper tout soutien logistique aux proxies BRICS dans la région.
Ces actions ne sont pas gratuites ; elles découlent d'intérêts économiques vitaux. Les États-Unis, confrontés à une dette dépassant 38 billions de dollars et à une perte d'influence, cherchent à contrer la dédollarisation promue par les BRICS (via BRICS Pay et des échanges en yuan ou roupies).
Faute de vaincre directement la Russie et la Chine – trop risqué militairement et économiquement suicidaire –, Washington mène une guerre par procuration, frappant les vulnérables pour tester la résolution du bloc multipolaire.
L'Engagement Occidental Prudent et les Contraintes Internes
Cependant, l'engagement occidental dans ces conflits reste prudent, particulièrement en Europe. L'Union européenne (UE), qui abrite des masses musulmanes importantes – estimées à plus de 25 millions de personnes (environ 5 % de la population totale, avec des concentrations élevées en France, en Allemagne et au Royaume-Uni) – hésite à s'impliquer pleinement dans des opérations comme celles contre l'Iran. Les frappes américano-israéliennes ont déclenché des manifestations massives dans plusieurs capitales européennes, où les communautés musulmanes expriment une solidarité avec Téhéran et critiquent l'"agression impérialiste". Des leaders comme Emmanuel Macron et Olaf Scholz ont condamné les actions unilatérales américaines, appelant à une "désescalade" pour éviter des troubles domestiques. Cette prudence reflète une réalité démographique : les tensions au Moyen-Orient pourraient enflammer les banlieues européennes, comme lors des crises passées (Gaza 2023-2024), menaçant la cohésion sociale et politique de l'UE. Ainsi, tandis que les États-Unis poussent pour une alliance solide, les Européens optent pour un soutien minimal – aide humanitaire ou sanctions symboliques – plutôt qu'une implication militaire directe.
Le Renforcement Militaire Occidental :
inoppinement la guerre us permet la justification de la relance militaire faute d industrie du bien être en déclin.
« Du beurre ou des canons »
Parallèlement, les puissances occidentales priorisent un renforcement militaire massif au détriment de la production destinée à la population civile. Ce choix économique, illustre le trade-off (compromis) classique entre défense et bien-être social.
Face aux menaces perçues de la Russie (en Ukraine) et de la Chine (à Taïwan), les pays NATO ont augmenté leurs budgets défense : les États-Unis à plus de 900 milliards de dollars annuels, et l'UE vise collectivement 300 milliards en 2026, avec plusieurs membres dépassant les 2 % du PIB recommandés. Cette réallocation des ressources – usines converties à la production d'armements (munitions, drones, missiles) – se fait au prix d'investissements moindres dans l'éducation, la santé et les infrastructures civiles. Aux États-Unis, des programmes sociaux sont gelés pour financer des frappes en Iran ; en Europe, des coupes budgétaires touchent les aides sociales pour booster les arsenaux.
Ce virage militariste, motivé par la peur d'un monde multipolaire dominé par les BRICS, accentue les inégalités internes et pourrait alimenter un backlash populaire, affaiblissant paradoxalement l'Occident à long terme.
La Résilience des BRICS et la Montée en Puissance Multipolaire
Malgré ces agressions, les BRICS+ ne montrent pas de signes de démoralisation. Au contraire, leur force économique devient écrasante : projections pour 2030 les voient approcher 50-55 % du PIB mondial, avec la Chine en tête comme première économie en PPA.
La stratégie chinoise de "double circulation" – recentrage sur la demande interne et l'autonomie technologique – réduit la dépendance au marché américain. Les exportations vers les États-Unis ont chuté de 20 % en 2025, réorientées vers l'ASEAN, l'Afrique et l'UE. Pékin investit dans l'énergie verte, les semi-conducteurs et l'IA, transformant sa production pour satisfaire d'abord ses 1,4 milliard de citoyens.
La Russie, malgré l'usure en Ukraine, maintient son rôle de pivot énergétique et militaire.
L'Inde, sous Modi, équilibre habilement entre Quad (avec les USA) et BRICS, tout en accélérant ses achats d'armes russes. Exercices navals conjoints en janvier 2026 (impliquant Chine, Russie, Iran et Afrique du Sud) démontrent une unité croissante, sans confrontation directe.
Le Sud global perçoit les États-Unis comme la principale source de danger :
agressions impérialistes nues, sanctions unilatérales et « hybrid warfare ».
La Russie et la Chine, en revanche, sont vues comme des partenaires pragmatiques, offrant investissements sans conditions (via la Belt and Road) et un contre-pouvoir à l'hégémonie occidentale.
Vers un Deal Forcé : Le Rôle des Militaires et l'Avenir
Cette confrontation s'étendra sur des années, avec une nuisance américaine persistante – ops proxy, tarifs chaotiques, risques d'escalade en Indo-Pacifique ou au Moyen-Orient.
Mais le déclin impérialiste est inexorable : perte d'alliés, dette explosive, croissance atone face aux 4-4,5 % projetés pour la Chine en 2026.
À terme, les militaires pourraient calmer les politiques faucons. Aux États-Unis, les Joint Chiefs freinent déjà les aventures trop risquées de Trump. Cela pourrait forcer un "grand bargain" – un Yalta 2.0 – reconnaissant la multipolarité : accords sur le commerce, l'énergie et les zones d'influence, en échange de concessions mutuelles.
En conclusion,
l'impérialisme américain périra sous le poids de ses contradictions, mais sa phase agonisante reste dangereuse. Les BRICS+, portés par une force économique et démographique irrésistible, émergent comme l'alternative viable. Le monde multipolaire n'est plus une aspiration ; il est en train de s'imposer, transformant les guerres par procuration en négociations inévitables.
La guerre américano-israélienne est principalement menée pour répandre l’hégémonie israélienne dans toute l’Asie occidentale.
À un certain niveau, le conflit est devenu une bataille existentielle, menée entre les capacités iraniennes de missiles et d’interception, par rapport à celles des États-Unis et d’Israël.
La pensée conventionnelle est que le perdant est évident : l’Iran sera surpassé par la technologie et la puissance de feu américaines et forcé de capituler.
L’humiliation militaire de l’Iran, ainsi que la décapitation de ses dirigeants, entraînera – suivant leur plan – une recrudescence organique du ressentiment populaire qui submergera l’État iranien et le ramènera dans la sphère occidentale.
Pourtant, sur le plan de la lutte purement bilatérale – alors que la guerre entre dans son quatrième jour – l’Iran a l’initiative. L’État ne s’est pas effondré, mais rend plutôt coup sur coup avec des drones et des missiles frappant les bases militaires américaines à travers le Golfe, et Israël avec des missiles hypersoniques, armés (pour la première fois) de multiples ogives orientables.
À ce stade, l’Iran est sur le point d’épuiser entièrement les stocks d’intercepteurs du Golfe – et a aussi a profondément rongé les réserves de défense aérienne israélo-américaines, l’Iran donnant initialement la priorité aux missiles et drones plus anciens pour épuiser les défenses aériennes. Les missiles iraniens haut de gamme, volant à des vitesses supérieures à Mach 4, se révèlent largement intouchables par les défenses aériennes israéliennes.
L’assassinat du Guide suprême par les services de renseignement américains s’est avéré être une erreur cardinale. Plutôt que de précipiter un effondrement du moral, cela a plutôt conduit à des manifestations massives de soutien à la République islamique. À la surprise évidente de Washington, cela a également déclenché des représailles chiites dans toute la région avec des appels au djihad et à la vengeance pour le meurtre d’un chef religieux chiite vénéré. Tel Aviv et Washington ont mal interprété le terrain.
Pour l’instant, l’Iran est résilient et tient bon contre les États-Unis, dont le calcul était fondé sur une guerre rapide – une stratégie largement imposée par le manque de munitions. Les monarchies du Golfe vacillent. La « marque » du Golfe – prospérité, gros sous, IA, plages et tourisme – est probablement terminée. Israël aussi, pourrait ne pas survivre dans son état actuel.
Les ramifications géopolitiques, cependant, s’étendent bien au-delà de l’Iran et des États du Golfe. La fermeture sélective du détroit d’Hormuz par l’Iran et la destruction plus large des installations portuaires du Golfe racontent une autre histoire.
Prenons l’accent particulier mis par l’Iran sur la destruction de l’infrastructure de la Cinquième flotte américaine à Bahreïn. La Cinquième Flotte constitue l’épine dorsale de l’hégémonie régionale des États-Unis, comme indiqué ici :
Environ 90% du commerce mondial du pétrole passe par ces zones, et le contrôle américain garantit les chaînes d’approvisionnement énergétiques liées. La flotte couvre également trois goulots d’étranglement stratégiques vitaux : le détroit d’Hormuz, le canal de Suez et le détroit de Bab al-Mandeb. Et son QG n’est pas qu’un port. C’est un centre complet de radars, de renseignements et de bases de données.
L’Iran a réussi à détruire les radars et une grande partie de l’infrastructure logistique et administrative portuaire de Bahreïn. Il chasse systématiquement les forces américaines hors du Golfe.
Carte ajoutée par le Saker Francophone
La guerre contre l’Iran n’est pas prévue uniquement pour que les États-Unis ajoutent des ressources iraniennes au « portefeuille de domination » énergétique des États-Unis, selon le modèle vénézuélien. L’Iran, l’année dernière, ne représentait qu’environ 13,4% du total du pétrole importé par la Chine par voie maritime — ce qui n’est pas un élément crucial.
La guerre en Iran, cependant, concerne un jeu plus important des États-Unis : le contrôle des goulots d’étranglement stratégiques et, plus généralement, du transit de l’énergie, de manière à interdire à la Chine l’accès aux marchés de l’énergie et ainsi à freiner sa croissance.
La Stratégie de sécurité nationale de Trump (NSS) a fixé un objectif pour la politique américaine de » rééquilibrage de l’économie chinoise vers la consommation domestique”.
Il s’agit d’un langage codé pour contraindre la Chine à exporter moins et à importer davantage grâce à une reconfiguration économique radicale pour consommer davantage sur le marché intérieur – l’objet étant de restaurer la part des exportations mondiales des États-Unis par rapport aux exportations chinoises hyper compétitives et moins chères.
Une façon d’imposer ce changement est de recourir aux taxes douanières et à la guerre commerciale. Mais une autre est de refuser à la Chine l’accès aux marchés de l’énergie dont elle — et le marché plus large des BRICS — a besoin pour sa croissance. Cela pourrait être réalisé, suggère la stratégie du NSS, en restreignant l’approvisionnement en ressources – c’est-à-dire en imposant des blocus navals et des goulots d’étranglement par le siège et la saisie des navires par des sanctions arbitraires (comme on le voit dans l’impasse vénézuélienne).
En bref, les frappes iraniennes dans le Golfe pourraient d’abord avoir pour but de transmettre un message selon lequel, pour les voisins du Golfe, s’aligner sur Israël et l’Amérique contre l’Iran n’est plus acceptable pour l’Iran. Mais ce que l’Iran semble également faire, c’est tenter d’arracher les principaux goulots d’étranglement maritimes, ports et couloirs navals du contrôle américain et de les placer sous le contrôle iranien.
En d’autres termes, placer les voies maritimes adjacentes au golfe Persique sous contrôle iranien. Un tel changement serait extrêmement important – non seulement pour les relations de la Chine et de l’Iran avec la Chine, mais aussi pour la Russie, qui doit maintenir ouvertes les routes d’exportation maritimes.
Si l’Iran l’emportait dans cette lutte gigantesque contre Israël et l’administration Trump, les ramifications seraient énormes. La fermeture (sélective) d’Hormuz au fil des mois ferait des ravages sur les marchés européens du gaz et pourrait déclencher une crise du marché de la dette.
De plus, la rupture de la « marque du Golfe » en tant que refuge d’investissement sûr entraînera probablement une dévaluation du dollar, les investisseurs recherchant une géographie alternative dans laquelle situer leurs actifs.
Le corridor Trump pour la paix et la Prospérité internationales à travers le Caucase du Sud mordra probablement la poussière. Cela incitera probablement l’Inde à reprendre et continuer les importations de pétrole russe et aura un impact sur les relations entre l’Inde et Israël.
Au-delà de la reconfiguration géopolitique résultant de cette guerre, l’architecture géo-financière va également changer fondamentalement.
Alastair Crooke
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
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Le plus intéressant n'est pas ce qu'ils nous montrent
mais ce qu'ils nous cachent...
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