Contrainte physique en classe – Le gouvernement du Danemark entend répondre aux difficultés signalées par les professeurs face aux comportements perturbateurs et aux violences entre élèves. Le changement porterait sur les circonstances autorisant la contrainte, aujourd’hui limitée aux situations présentant un danger pour une personne ou pour le mobilier scolaire.
Des interventions étendues aux perturbations graves
Depuis l’interdiction des châtiments corporels en 1967, les enseignants danois disposent d’une marge d’intervention physique restreinte. Le texte proposé élargirait ce cadre aux élèves qui harcèlent ou insultent leur entourage, ainsi qu’à ceux qui perturbent « de manière significative » le déroulement du cours, selon
Le Monde.
Concrètement, les professeurs pourraient « saisir un élève, le maintenir en place ou le conduire dans une autre pièce contre sa volonté ». Le ministère cite notamment un enfant qui continue à jeter de la nourriture malgré plusieurs avertissements, ou qui refuse d’arrêter une musique diffusée à plein volume sur son téléphone.
Ces dispositions répondent à une demande ancienne du syndicat Danmarks Lærerforening. Celui-ci souhaite sécuriser les interventions des enseignants lorsqu’un élève empêche les autres de travailler et refuse de quitter la classe. Son président, Gordon Orskov Madsen, estime que la réforme doit « renforcer la sécurité juridique des enseignants ».
Une réponse aux violences recensées dans les classes
Une enquête du ministère de l’éducation, publiée le 1er octobre, indique que des violences physiques entre élèves ont été signalées au moins une fois dans 55% des classes pendant l’année 2025. Cette proportion atteint 75% dans les premières années de scolarité, d’après
The Telegraph.
Les incidents concernent souvent un nombre limité d’enfants. Parmi les classes ayant signalé des violences, 60% font état de l’implication d’un ou deux élèves seulement. Un quart des enseignants considère par ailleurs que la violence scolaire a augmenté au cours des cinq dernières années.
Le gouvernement veut aussi lever les hésitations des personnels lorsqu’une situation dégénère. Selon le président du syndicat, un enseignant sur trois s’est abstenu, durant l’année écoulée, d’utiliser un contact physique pour rétablir le calme, par crainte de conséquences négatives. Le ministre Magnus Heunicke défend ainsi une clarification des actes autorisés.
Un recours exceptionnel assorti de garanties
Le ministère précise que la force ne pourrait être employée « qu’à titre exceptionnel » et ne devrait « en aucun cas se substituer à la prise en charge et à l’action éducative ». L’intervention devrait rester aussi douce et brève que les circonstances le permettent, en respectant l’intégrité personnelle de l’élève.
Le projet prévoit également que les parents et le conseil municipal soient informés de chaque recours à la force. L’objectif affiché est de permettre une intervention proportionnée pour rétablir l’ordre, avec un encadrement explicite de son utilisation.
La chercheuse Louise Klinge redoute une escalade des conflits plutôt qu’un traitement de leurs causes. Rasmus Kjeldahl, directeur de Børns Vilkår, une organisation de protection de l’enfance s’inquiète pour la confiance entre élèves et enseignants. Ces réserves accompagnent l’examen d’un texte reprenant un premier projet présenté en 2025, qui n’avait pas été adopté avant les élections législatives de mars.
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