Prix du carburant en Allemagne – De nombreux automobilistes en Allemagne attendent demain, le 1er mai, avec impatience. Le gouvernement allemand a en effet temporairement abaissé les taxes sur les carburants et cette réduction des prix à la pompe entrera en vigueur le 1er mai.
Les taxes sur l’énergie appliquées au diesel et à l’essence diminueront de 14,04 centimes par litre à compter du 1er mai à minuit. L’exonération de TVA sur cette taxe supprimée représente une réduction totale de 16,7 centimes, arrondie à 17 centimes. Cette réduction sera en vigueur jusqu’à fin juin.
L’État perd environ 1,6 milliard d’euros
La baisse des taxes coûtera environ 1,6 milliard d’euros à l’État. De ce fait, la réduction sur les carburants est deux fois moins coûteuse qu’en 2022. Toutefois, à l’époque, elle n’avait duré que trois mois et la réduction de taxe sur l’essence était également bien plus importante, à hauteur de 35,2 centimes par litre.
Les automobilistes peuvent théoriquement économiser entre 20 et 30 euros. Selon l’Office fédéral des transports automobiles, une voiture diesel parcourt en moyenne 17.000 kilomètres par an. Avec une consommation moyenne de 7 litres aux 100 kilomètres, la réduction – si elle est pleinement appliquée – représente une économie théorique d’environ 33 euros sur deux mois.
Pour une voiture essence, cela correspond à environ 9.500 kilomètres par an. Avec une consommation moyenne de 8 litres aux 100 kilomètres, la réduction permet théoriquement d’économiser 21 euros en deux mois. Bien entendu, ces chiffres peuvent varier considérablement en fonction de la distance parcourue et du véhicule.
La taxe sur l’énergie est due lors de la livraison à la station‑service
Les prix à la pompe devraient baisser dès demain soir, généralement vers minuit. Cela s’explique principalement par les attentes des consommateurs, car les stations-service n’ont pas encore en stock, à minuit, le carburant bénéficiant de la réduction de taxe.
La taxe sur l’énergie n’est pas due à la pompe, mais lors de la livraison à la station-service. Plus précisément : au moment où le carburant quitte la raffinerie ou le dépôt.
Le secteur se plaint donc que cela mette les entreprises à rude épreuve. Cependant, elles pourront probablement tirer profit, à la fin de la période de réduction, de la vente à prix plus élevés des stocks restants, initialement taxés à des prix inférieurs. Ce fut déjà le cas lors de la réduction sur les carburants en 2022.
Une baisse du prix à la pompe de 16,7 centimes immédiatement ?
En principe, les stations-service ne sont pas obligées de baisser leurs prix d’un montant précis à un moment précis. « Il ne faut pas s’attendre à une baisse immédiate des prix de 16,7 cents à minuit le 1er mai », explique Christian Laberer, expert du marché des carburants chez ADAC. « Ce ne fut pas le cas non plus en 2022. Les prix ont baissé progressivement. »
L’Association des carburants et de l’énergie (en2x) souligne : « Les stations-service répercutent intégralement la baisse de taxe. » Toutefois, en raison de la structure de cette taxe, il est possible « que la baisse ne soit perceptible à la pompe que dans certaines stations et avec un certain délai. »
Par ailleurs, les prix mondiaux des carburants pourraient « fluctuer considérablement comme par le passé ». Cela aurait une incidence sur les prix à la pompe, « mais ne change rien au fait que la réduction de la taxe sur l’énergie a été intégralement répercutée ».
La question de savoir si la réduction a été intégralement répercutée en 2022 est contestée. En fin de compte, les prix et leurs fluctuations varieront d’une station-service à l’autre, comme c’est déjà le cas. Récemment, les prix du carburant ont souvent varié de plus de 10 centimes en une seule journée.
Le carburant reviendra-t-il aux prix d’avant le conflit en l’Iran ?
Probablement pas – du moins pas au début. La veille du déclenchement de la guerre, fin février, selon les données de l’ADAC, le litre de Super E10 coûtait en moyenne 1,78 euro et le litre de diesel 1,75 euro à l’échelle nationale. Au vu des moyennes journalières des derniers jours, l’allégement fiscal est loin d’être suffisant pour atteindre ces niveaux. Jeudi, un litre d’E10 coûtait 2,103 euros, un litre de diesel 2,200 euros.
Pour le diesel, il semble même que le prix moyen journalier de 2 euros ne descendra pas en dessous de ce seuil – même si la réduction de taxe est répercutée rapidement et intégralement.
L’association des stations-service met en garde contre des pénuries potentielles
Comme l’avantage fiscal ne s’applique qu’au carburant livré après minuit, les stations-service ont intérêt à limiter leurs stocks en début de mois de mai, à l’instar d’un vacancier qui évite de faire le plein juste avant de franchir une frontière si le carburant est moins cher à l’étranger. De plus, de nombreux automobilistes ne remplissent pas complètement leur réservoir juste avant le 1er mai, ce qui entraînera une hausse de la demande de carburant durant les premiers jours.
Les options de livraison étant également limitées pendant le jour férié et le week-end suivant, l’association allemande des stations-service a déjà mis en garde contre d’éventuelles pénuries. L’association professionnelle de l’industrie pétrolière EN2X parle quant à elle d’un véritable tour de force logistique.
L’expert de l’association automobile allemande ADAC, M. Laberer, déclare cependant : « Nous n’anticipons pas de pénuries d’approvisionnement importantes lors du lancement de la réduction sur le carburant. Il est possible que certaines stations‑service commettent des erreurs de calcul, mais cela ne devrait pas se généraliser. Après tout, il est également dans l’intérêt des stations‑service et des compagnies pétrolières de disposer de suffisamment de carburant pour pouvoir en vendre. »
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