Une crise entre les États-Unis et les autres pays de l'OTAN au sujet du Groenland a - provisoirement - été évitée. Mais dans l'ombre de cela, Trump s'affaire à quelque chose de bien plus lour...
Les États-Unis ont vivement protesté après la sélection de l’Iran comme l’un des 34 vice‑présidents de la conférence des Nations unies sur le Traité de non‑prolifération, le 27 avril.
L’Iran était un candidat proposé par le Mouvement des non‑alignés, composé de 121 pays en développement, dont la plupart se situent en Afrique et en Asie.
La conférence, organisée tous les cinq ans depuis 1970, réunit les 191 États parties au Traité de non‑prolifération nucléaire (TNP) afin d’en examiner la mise en œuvre.
Aux termes du TNP, l’Iran est tenu de coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), une agence de l’ONU, mais il n’a pas accordé aux inspecteurs de l’AIEA l’accès à ses sites nucléaires depuis les bombardements menés par les États-Unis en juin 2025.
Christopher Yeaw, secrétaire adjoint américain au contrôle des armements et à la non‑prolifération, a déclaré qu’il était « indiscutable que l’Iran a depuis longtemps démontré son mépris pour les engagements de non‑prolifération du TNP ».
« Au lieu de saisir cette conférence d’examen pour défendre l’intégrité du TNP et demander des comptes à l’Iran, nous élisons l’Iran au poste de vice‑président », a déclaré M. Yeaw. « C’est une honte absolue et un embarras pour la crédibilité de cette conférence. »
L’Australie et les Émirats arabes unis soutiennent Washington
La position américaine a été soutenue par l’Australie et les Émirats arabes unis, tandis que le Royaume‑Uni, la France et l’Allemagne ont exprimé leur « préoccupation ».
Le Royaume‑Uni, la France et l’Allemagne — collectivement connus sous le nom d’E3 — étaient signataires du Plan d’action global commun (JCPOA) de 2015, négocié sous l’administration Obama, destiné à limiter le programme nucléaire iranien.
Le président de la conférence, l’ambassadeur du Vietnam auprès de l’ONU, Do Hung Viet, a indiqué que les objections et réserves exprimées seraient dûment consignées dans le procès‑verbal.
Reza Najafi, ambassadeur de l’Iran auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), s’exprime devant les médias lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, le 2 mars 2026 à Vienne, en Autriche. (Christian Bruna/Getty Images)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Vienne, Reza Najafi, a déclaré que les accusations de Washington étaient « infondées et politiquement motivées », et a affirmé l’opposition de l’Iran à ce que les États-Unis occupent l’un des 34 postes de vice‑président de la conférence du TNP.
Les documents de la conférence, qui doit se poursuivre jusqu’au 22 mai, incluent une référence à un document de travail soumis par l’Iran, appelant à « l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen‑Orient ».
Pressions accrues sur le programme nucléaire iranien
Le président américain Donald Trump s’est retiré du JCPOA en 2018 ; le mécanisme de « snapback » de l’ONU a été déclenché en septembre 2025, et un embargo sur les armes a été réimposé à l’Iran.
Le site de l’ONU indique : « Le TNP est un traité international historique dont l’objectif est d’empêcher la prolifération des armes nucléaires et des technologies associées, de promouvoir la coopération dans les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire et de poursuivre l’objectif du désarmement nucléaire. »
Dans une déclaration au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, composé de 35 États, le 9 juin, le directeur général Rafael Grossi a affirmé être sérieusement préoccupé par « l’accumulation rapide d’uranium hautement enrichi » par l’Iran.
Le 12 juin 2025, le Conseil de l’AIEA a adopté une résolution déclarant l’Iran non conforme et en violation de ses obligations au titre du TNP.
Quelques heures après l’adoption de cette résolution, Israël a commencé à bombarder l’Iran. Le 21 juin, les États-Unis ont lancé l’opération Midnight Hammer, au cours de laquelle des bombes anti‑bunker de 30.000 livres ont été larguées sur des sites nucléaires iraniens.
L’Iran et les États-Unis ont ensuite repris les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, mais après leur échec plus tôt cette année, Donald Trump a autorisé l’opération Epic Fury, lancée le 28 février.
Israël, seule puissance nucléaire supposée au Moyen‑Orient
À l’heure actuelle, Israël est largement considéré comme le seul pays du Moyen‑Orient à posséder des armes nucléaires, bien qu’il n’ait jamais confirmé ni démenti en disposer.
La bibliothèque de la Chambre des communes britannique indique : « Il est universellement reconnu qu’Israël dispose d’une capacité nucléaire qu’il a développée en dehors du cadre du Traité sur la non‑prolifération des armes nucléaires (TNP). »
L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, dans son profil des forces nucléaires mondiales concernant ce pays, indique qu’Israël « continue de maintenir sa politique de longue date d’opacité nucléaire : il ne confirme ni ne dément officiellement posséder des armes nucléaires ».
« On estime qu’Israël dispose d’environ 80 armes nucléaires », précise l’institut. « Parmi celles‑ci, environ 30 sont des bombes gravitationnelles destinées à être larguées par avion. Les 50 restantes sont destinées à être lancées par des missiles balistiques à moyenne portée Jericho II, qui seraient déployés avec leurs lanceurs mobiles dans des grottes situées sur une base militaire à l’est de Jérusalem. »
Le lanceur d’alerte Mordechai Vanunu a été emprisonné et a purgé une peine de 18 ans après avoir évoqué son travail au réacteur nucléaire de Dimona avec un journal britannique en 1986. Cette interview a conduit des experts à conclure que l’installation avait produit des matières fissiles pour jusqu’à 200 ogives nucléaires.
Le lanceur d’alerte nucléaire israélien Mordechai Vanunu, assis entre des policiers israéliens, lors d’une audience au tribunal de Jérusalem, le 29 décembre 2009. (Gali Tibbon/AFP/Getty Images)
Après sa libération en 2004, les autorités israéliennes de défense ont imposé à M. Vanunu des conditions strictes, notamment une interdiction de quitter le territoire, estimant qu’il représentait un risque pour la sécurité.
Washington étudie une nouvelle proposition iranienne
Le 27 avril, la porte‑parole de la Maison‑Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que Donald Trump avait eu des discussions avec ses conseillers à la sécurité nationale après la soumission par le régime iranien d’une nouvelle proposition visant à résoudre le conflit.
Lors de la séance d’ouverture de la conférence du TNP, le 27 avril, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a exhorté les États parties « à se tenir unis et à protéger l’humanité contre la grave menace d’une annihilation nucléaire ».
M. Guterres quittera ses fonctions plus tard cette année, et Rafael Grossi figure parmi les quatre candidats à sa succession. Les autres sont l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, Rebeca Grynspan, haute responsable onusienne chargée du commerce et du développement, et l’ancien président sénégalais Macky Sall.
En vertu du TNP, les cinq puissances nucléaires originelles — la Russie, la Chine, le Royaume‑Uni, la France et les États-Unis — se sont engagées à négocier en vue d’éliminer progressivement leurs arsenaux, tandis que les États non dotés de l’arme nucléaire promettent de ne pas s’en doter, tout en pouvant développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.
Depuis la signature du TNP, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont développé des armes nucléaires.
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