Une fronde territoriale se met en place en France contre l’accord de libre‑échange entre l’Union européenne et le Mercosur.
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Fronde territoriale – Après le Loiret, la Côte‑d’Or et la région Auvergne‑Rhône‑Alpes annoncent à leur tour vouloir exclure les produits alimentaires d’Amérique du Sud de leurs cantines, avec un ciblage particulier sur la viande bovine servie dans les établissements scolaires et les restaurants collectifs Ces collectivités justifient leurs décisions par la défense de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture française. Elles mettent en avant des normes sanitaires et environnementales jugées plus contraignantes pour les producteurs européens que pour certains producteurs sud‑américains, et entendent utiliser la commande publique comme levier pour soutenir les filières locales Le Loiret, premier département à franchir le pasLe Loiret a été la première collectivité à annoncer officiellement le bannissement des produits sud‑américains de ses cantines de collèges. Le département souhaite exclure les viandes d’origine latino‑américaine de la restauration scolaire, dans un geste présenté comme une opposition directe à l’accord Mercosur
Côte‑d’Or : consigne stricte pour les cantines de collèges
Dans la foulée, le département de la Côte‑d’Or a annoncé qu’aucun produit en provenance d’Amérique du Sud ne sera utilisé dans les restaurants scolaires des collèges, « et notamment la viande bovine ». La consigne vise l’ensemble des services de restauration sous responsabilité départementale, qui devront adapter leurs marchés pour exclure ces produits.
« Nous ne pouvons accepter une concurrence déloyale qui mettrait en péril nos agriculteurs, nos territoires et notre souveraineté alimentaire », explique le président du conseil départemental, François Sauvadet (UDI). Le département considère que l’accord « affaiblit les bases de la souveraineté alimentaire en France par une concurrence déloyale » et fixe une ligne claire : « aucun produit alimentaire originaire d’Amérique du Sud dans les assiettes des collégiens ».
François Sauvadet ajoute qu’« il est indispensable de garantir la protection de l’élevage français et son modèle familial et herbager en refusant toute importation compromettant nos exigences sanitaires et environnementales et la compétitivité de nos filières ». Cette décision s’inscrit dans une stratégie de relocalisation alimentaire, le département affirmant déjà privilégier les produits locaux dans ses cantines.
Auvergne‑Rhône‑Alpes : un boycott élargi à 1000 structures
La région Auvergne‑Rhône‑Alpes a, de son côté, annoncé le « boycott sans délai de tout produit issu du Mercosur » dans ses commandes publiques. Cette décision concerne les cantines des lycées, les restaurants d’Ehpad et d’autres services de restauration appuyés par la centrale d’achat régionale, soit près de 1 000 structures pour un volume estimé à 50 millions d’euros d’achats par an, selon Le Dauphiné.
« Il n’y aura pas de viande et de produit du Mercosur dans nos cantines et dans nos restaurations en Auvergne‑Rhône‑Alpes. Et quel que soit le destin du traité du Mercosur, nous refusons de prendre des produits qui viennent de ce territoire et qui ne respectent aucune règle », a déclaré Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la région.
La collectivité considère l’accord « injuste et déséquilibré pour l’agriculture française » et affirme « faire le choix de l’action » via la commande publique.
La restauration collective utilisée comme outil de pression
Dans ces trois territoires, la restauration collective devient un instrument de contestation de l’accord UE‑Mercosur. Les départements et la région orientent leurs cahiers des charges pour exclure les produits sud‑américains, tout en renforçant la part de denrées locales ou nationales. Le Loiret indique que la présence de produits d’Amérique du Sud est actuellement « résiduelle », mais insiste sur l’importance symbolique de la mesure pour ses 3 millions de repas annuels servis dans les collèges.
La Côte‑d’Or, de son côté, inscrit cette interdiction dans une politique de souveraineté alimentaire déjà engagée, avec une montée en puissance des circuits courts et des filières locales dans les menus offerts aux élèves. En Auvergne‑Rhône‑Alpes, la région entend, elle aussi, privilégier les productions régionales et les signes de qualité dans ses approvisionnements.
Une fronde territoriale qui pourrait s’étendre
Ces annonces décrivent la montée d’une fronde territoriale contre les produits sud‑américains. Elles interviennent alors que le traité Mercosur, signé le 17 janvier 2026, continue de susciter la colère d’une partie du monde agricole et que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a été saisie sur l’accord de libre-échange.
Ces décisions marquent l’entrée des collectivités territoriales dans le débat, en transformant les assiettes des collégiens, des lycéens et des résidents d’Ehpad en supports d’une opposition politique à l’accord de libre‑échange conclu entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.
SOURCE
Mercosur : la Seine-et-Marne soutient l’agriculture locale
Sans attendre la signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur du 17 janvier 2026, le Département de Seine-et-Marne a entrepris un vaste plan visant à fournir les restaurants scolaires de ses 122 collèges en produits français, issus de l’agriculture locale.
Depuis 2024, à travers la société publique locale, Approv’halles, le Département de Seine-et-Marne, en partenariat avec la Région Île-de-France, a fait le choix d’une alimentation de proximité seine-et-marnaise et francilienne pour offrir des produits (fruits, légumes, volailles, laitiers) de qualité pour près de 50 000 demi-pensionnaires collégiens seine-et-marnais.
Un choix ambitieux renforcé depuis un an par des fournisseurs locaux en viande bovine et ovine provenant exclusivement de Seine-et-Marne, d’Île-de-France et de France.
En un an, plus de 100 tonnes de viande de bœuf et d’agneau seront servis dans les assiettes des collégiens, grâce aux producteurs franciliens. Un modèle qui vient soutenir l’économie agricole francilienne, protéger la souveraineté alimentaire française et vertueux pour l’éducation au goût.
En outre, le Département de Seine-et-Marne a adressé un courrier à l’ensemble de ses autres fournisseurs pour leur rappeler qu’aucun produit alimentaire ne doit provenir du Brésil et d’Amérique du Sud, en opposition à l’accord de libre-échange du Mercosur et en soutien à toutes les filières agricoles.
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