Une trentaine d’agriculteurs bretons ont intercepté, mercredi 14 janvier, un camion frigorifique transportant plus de 20 tonnes de poulets brésiliens sur la voie express reliant Saint-Malo à Granville, à hauteur de Dol-de-Bretagne.
Le véritable défi concerne désormais les cantines et les restaurants, où la provenance des protéines animales reste souvent plus opaque.

#Mercosur - #FRANCE : le #Loiret souhaite interdire
les produits alimentaires d'Amérique du Sud
dans les cantines de ses collèges -
Selon les organisateurs, le chargement – environ 21 à 22 tonnes de viande de volaille congelée originaire du Brésil – était destiné à la filiale Galliance de la coopérative Terrena, implantée dans le Grand Ouest et active dans la transformation de volaille pour la restauration collective.
L’épisode illustre la crispation croissante d’une partie du monde agricole face aux importations extra‑européennes, alors que les négociations autour de l’accord Mercosur continuent de susciter des oppositions en France.
Une interception préparée et revendiquée
Le barrage filtrant a été mis en place en milieu d’après-midi sur la route à quatre voies 176, reliant Pontorson à Dinan, avec une trentaine de tracteurs et une cinquantaine d’agriculteurs mobilisés. Les automobilistes étaient autorisés à circuler, tandis que les poids lourds étaient orientés vers une bretelle afin de contrôler leur cargaison, notamment les denrées alimentaires, selon Le Figaro
Les contrôles se sont enchaînés sans incident majeur jusqu’à la découverte du camion en provenance du Brésil, dont les palettes de poulets surgelés ont été minutieusement inspectées. Sur les sachets figuraient des mentions telles que « découpes de poulet salé et congelé, groupe Agrosul », nom d’une multinationale brésilienne de la volaille.
Sur place, les responsables syndicaux ont présenté l’action comme un geste symbolique mais ferme à l’égard des industriels et des pouvoirs publics. « Il contenait 22 tonnes de poulets surgelés venant du Brésil et qui allaient être reconditionnées par Galliance, la filiale volaille de la coopérative Terrena », a expliqué Thierry Bourgeault, responsable FDSEA cantonal.
Colère paysanne et dénonciation d’une « concurrence déloyale »
Pour les éleveurs, cette découverte confirme leurs craintes de voir se développer des volumes de viande importée produits selon des standards moins exigeants qu’en France. « Avec les accords du Mercosur, on permet l’importation de produits d’Amérique du Sud. C’est inacceptable », a réagi un responsable des Jeunes agriculteurs, soulignant l’écart de coûts et de normes entre les deux continents.
Les agriculteurs dénoncent une situation où « on nous impose des normes et, de l’autre côté, on achète de la viande à l’extérieur qui n’a pas de normes à respecter ». Un jeune éleveur, adhérent de la coopérative, résume ainsi son ressentiment : « Notre coopérative nous demande d’être plus vertueux en France, joue sur notre sérieux et la qualité de nos élevages mais de l’autre elle importe en douce du poulet brésilien, on en a marre d’être les dindons de la farce ».
Au-delà du cas précis de ce camion, la profession évoque un risque de décrochage pour les filières volailles régionales, déjà fragilisées par la volatilité des prix et les crises sanitaires récentes. Le blocage de Dol-de-Bretagne s’inscrit dans une série d’actions similaires, de la Bretagne à la Haute-Marne, visant à mettre en lumière l’impact des importations sur les exploitations locales.
La défense de Terrena et le débat sur l’ampleur des importations
Face à la polémique, la coopérative Terrena, à laquelle appartient Galliance, met en avant la faiblesse relative de ces volumes importés dans son activité globale. « Sur 140.000 tonnes de volailles crues que nous utilisons chaque année, les importations en provenance du Brésil représentent seulement environ 1% du volume », précise son président Olivier Chaillou, agriculteur lui‑même.
Terrena affirme que la production française et européenne ne permettrait pas de couvrir entièrement la demande sur certaines découpes prisées par les consommateurs, notamment les filets de poulet. L’entreprise assure par ailleurs respecter la réglementation européenne en matière de sécurité sanitaire, de traçabilité et d’étiquetage, même lorsque la matière première est d’origine extra‑européenne.
Le véritable défi concerne désormais les cantines et les restaurants, où la provenance des protéines animales reste souvent plus opaque.
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