
La surveillance des réseaux sociaux pour le compte du gouvernement français a été confiée à une entreprise canadienne, selon une information du Canard enchainé. Une décision qui inquiète plusieurs services sensibles de l’État.
En juin dernier, il a été révélé que le gouvernement avait attribué à Talkwalker, une entreprise canadienne détenue par le groupe Hootsuite et des fonds américains, un contrat de surveillance des réseaux sociaux. Ce marché de « social listening » vise à analyser les échanges en ligne sur des plateformes comme TikTok, X, Facebook, Instagram ou LinkedIn, afin d’anticiper des signes de crises en ligne, qu’elles soient locales ou étrangères.
Selon les révélations du Canard Enchaîné, plusieurs services sensibles comme le ministère des Armées, l’ANSSI (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information) et Viginum (chargé de la lutte contre les manipulations en ligne) ont exprimé leur inquiétude face à cette décision. Ce choix soulève des questions sur la confidentialité des données et le risque d’accès à des informations sensibles par des puissances étrangères.
Une décision en raison d’un argument budgétaire
Le Service d’information du gouvernement (SIG) défend sa décision en mettant en avant le gain financier. Toujours selon Le Canard Enchaîné, l’offre de Talkwalker permettrait d’économiser deux millions trois cent mille euros sur quatre ans. Une justification qui interroge, d’autant que le SIG lui-même aurait, quelques semaines plus tôt, considéré cette offre comme « anormalement basse », la jugeant non conforme aux exigences du marché.
L’entreprise française Visibrain, jusque-là chargée de cette mission, n’a connu aucun incident majeur au cours des années précédentes. Évincée au profit d’un acteur étranger, elle voit le contrat lui échapper malgré son expérience. Le député Philippe Latombe (MoDem) a d’ailleurs interpellé le gouvernement par une question écrite, s’inquiétant de « l’efficacité et de l’impartialité de ce choix ».
FRANCE : Les réseaux sociaux sont scrutés avec attention par Matignon -
Il n’y a pas que les entreprises qui s’intéressent à leur réputation sur internet. Le gouvernement scrute lui aussi les critiques dont il est la cible sur les réseaux en vogue, comme Twitter ou Facebook. C’est le SIG, le Service d’information du gouvernement géré par Matignon, qui est chargé de cette veille. Et pour ne rien rater, il recourt à des technologies permettant d’identifier les messages pertinents. L’une d’elle a été mise au point par Visibrain, une jeune start-up qui a mis au point un outil de veille stratégique et qui fait désormais partie des sous-traitants du SIG. Il s’agit d’un logiciel mouchard qui passe au crible tous les « tweets ».
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Les réseaux sociaux sont scrutés avec attention par Matignon. L'équipe du Premier ministre a confié à une start-up la mission de surveiller ce qui se dit sur Twitter sur les principaux dossier...
#FRANCE : 2,8 millions d’euros pour surveiller les Français sur les #réseaux sociaux
Dans le Bulletin officiel des annonces de la République française en date du 13 avril 2021 figure l’annonce d’un contrat assez particulier : il concerne un appel d’offre de social listening (écoute sociale). Cette annonce aurait très bien pu passer inaperçue dans le contexte actuel de confinement et tandis que les Français sont soumis à un harcèlement médico-sanitaire quotidien et des restrictions de liberté sans précédent.
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