Face à la pénurie de main-d'oeuvre dans l'hôtellerie-restauration, les employeurs du secteur tirent la sonnette d'alarme et demandent au gouvernement de faciliter le recrutement des demandeurs d'asile. Entretien avec Vincent Sitz, président de la commission emploi, formation, handicap du GNI-Synhorcat, syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs.
Entre 100.000 et 130.000 postes seraient à pourvoir en France rien que dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. Ce qui pourrait correspondre à une bonne nouvelle sur le front de l'emploi, se transforme en casse-tête pour les employeurs de la branche en proie à une pénurie de candidats. Pour faire face, ils en appellent aujourd'hui au gouvernement pour soutenir le secteur en simplifiant notamment le recrutement des demandeurs d'asile. Cette piste a été avancée lors du dernier comité interministériel du tourisme le 19 juillet. Vincent Sitz, président de la commission emploi, formation, handicap du GNI-Synhorcat (syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs qui représente 14.800 entreprises et 180.000 salariés), revient pour Challenges sur la situation.
Challenges: Face à la pénurie de candidats, vous demandez au gouvernement de simplifier les démarches pour embaucher des migrants. Pourquoi?
Vincent Sitz, président de la commission emploi, formation, handicap du GNI-Synhorcat: Embaucher a toujours été difficile dans nos métiers de l'hôtellerie-restauration mais là le problème s'est cristallisé. Aujourd'hui, nous n'avons tout simplement plus du tout de candidats quand nous publions une offre d'emploi. Raison pour laquelle nous avons avancé cette piste. Entendons-nous bien: le but n'est pas de régulariser tous les migrants mais de faciliter l'obtention de papiers pour les demandeurs d'asile qui soit auraient déjà obtenu des compétences ou un diplôme dans le secteur dans leurs pays d'origine, soit souhaiteraient s'insérer dans cette voie.
Sur quels types de postes la demande est-elle la plus criante?
Essentiellement sur des postes peu qualifiés comme ceux de plongeurs. Mais ceux de serveurs et de cuisiniers sont aussi très touchés.
Le projet de loi Asile et Immigration, actuellement en discussion au Parlement, prévoit notamment de réduire de 9 mois à 6 mois le délai à partir duquel un demandeur d'asile peut travailler, une fois sa demande déposée auprès de l'administration. Est-ce suffisant selon vous?
C'est un bon début, mais cette mesure n'est pas encore votée. On attend de voir. Ce que nous demandons c'est non seulement de faciliter les démarches, mais aussi que les restaurateurs soient accompagnés. C'est pourquoi nous voulons travailler avec les associations spécialisées sur l'insertion des réfugiés et demandeurs d'asile, car embaucher ces personnes peut poser un certain nombre de problèmes. En plus de la barrière de la langue, il existe souvent des décalages culturels, mais aussi des problèmes de logement, de transport...
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