
Voici ce que nous rapporte l’agence de presse Reuters qui revient sur le fait que le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’il soutenait une interdiction des exportations de diesel, alors que des candidats républicains engagés dans certaines des courses électorales les plus disputées de novembre réclament cette mesure pour freiner les prix record du carburant.
C’est une information très importante et si une telle interdiction des exportations venait à être décidée coté américain cela aggraverait considérablement la crise de disponibilité des carburant à commencer par le gasoil en Europe. Trump est le président des Etats-Unis, pas le président du monde, encore moins celui des Européens, et certainement pas le président de la France. Ce qui est bon pour les Américains, ne l’est pas forcément pour nous. C’est une nuance importante à comprendre. On peut trouver que ce que fait Trump pour les Etats-Unis est bon pour eux à notre détriment, et que nos dirigeants seraient peut-être bien inspirés de faire également des choses qui soient bonnes pour leurs populations ce qui n’est franchement plus le cas depuis 20 ans.
Les cours du diesel se sont envolés vers des sommets historiques aux États-Unis et en Europe, les conflits en Iran et en Ukraine ayant fortement réduit les exportations de plusieurs des plus grands producteurs mondiaux, tels que la Russie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
« J’ai dit : n’expédions pas le diesel. Nous produisons beaucoup de diesel… Je l’ai demandé. Je l’ai demandé auprès de mes équipes », a déclaré Trump aux journalistes avant une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, s’exprimant lors de la même réunion, a déclaré que l’administration examinait la faisabilité d’une telle mesure et cherchait à déterminer si une interdiction totale ou partielle serait efficace.
Le président américain sous pression électorale
Plusieurs candidats républicains engagés dans les scrutins législatifs les plus disputés du pays, comme le sénateur Dan Sullivan en Alaska, la représentante Ashley Hinson dans l’Iowa et Mike Rogers dans le Michigan, ont appelé l’administration Trump à mettre en œuvre cette interdiction.
« Le carburant américain doit rester chez nous, pour les Américains », a affirmé Sullivan dans un communiqué mardi. « Le coût du diesel est tout simplement bien trop élevé. J’appelle à une suspension temporaire des exportations de diesel américain afin que nous puissions reconstituer nos réserves avant l’hiver et donner la priorité aux familles américaines et de l’Alaska. »
L’accessibilité financière de l’alimentation et des produits de consommation courante figure au premier rang des préoccupations des électeurs à l’approche des élections de mi-mandat.
Le département américain de l’Agriculture a exhorté la semaine dernière la Maison-Blanche à agir face à la flambée du diesel, selon deux sources proches du dossier. La secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins, a indiqué lundi s’être entretenue du sujet avec Trump, qualifiant ces niveaux de prix de « réelle préoccupation », selon Politico.
Interdire pourrait réduire la production !
Le soutien apporté par Trump à une interdiction d’exportation de diesel le met en porte-à-faux avec ses propres responsables de l’énergie, qui préviennent qu’une telle démarche pourrait faire grimper les prix sur les façades maritimes et raréfier l’approvisionnement des alliés européens.
Le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a déclaré lors d’un événement organisé par le Daily Caller la semaine dernière qu’un embargo conduirait à un engorgement de diesel sur la côte américaine du Golfe du Mexique et pousserait les raffineurs du pays à ralentir leurs cadences, ce qui réduirait rapidement la production d’essence. « Si vous commencez à dresser des barrières sur les flux, vous allez très vite freiner la production et vous vous retrouverez avec moins d’offre. Nous avons besoin de plus d’offre, pas de moins », a déclaré Wright.
Les acteurs de l’industrie pétrolière s’opposent également au projet. Todd Staples, président de la TXOGA (association professionnelle du pétrole et du gaz naturel au Texas), a averti que cela « détruirait des emplois locaux, créerait des pénuries de carburant sur le territoire national et renforcerait la Chine et la Russie en obligeant nos alliés à se tourner vers elles pour couvrir leurs besoins ».
Si une interdiction d’exporter du diesel pouvait, en théorie, faire baisser temporairement les prix sur la côte américaine du Golfe, elle tendrait davantage les approvisionnements en Europe, structurellement déficitaire en diesel et très dépendante des livraisons américaines.
« Cela semblerait particulièrement préjudiciable pour certains alliés stratégiques des États-Unis », a commenté Jim Mitchell, directeur des analyses sur le marché pétrolier au sein du cabinet Wood Mackenzie.
Si une telle interdiction est décrétée, allez faire des réserves de diesel.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
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