Le magazine 60 Millions de consommateurs a fait procéder à des analyses poussées de 36 sortes de pâtes, mesurant notamment la présence de ce métal lourd et toxique.

Depuis des mois, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) s’inquiète de la surexposition de la population française au cadmium, ce métal toxique présent dans les sols agricoles et, qui migre dans la plupart des aliments que nous consommons. Et les pâtes, aliment prisé des Français, n’échappent pas à la règle, selon une analyse de 60 millions de consommateurs publiée dans son numéro de septembre. Il ressort de ces tests que 80 % des produits testés contiennent du cadmium.

Le magazine a fait tester en laboratoire 36 sortes et marques de pâtes pour prendre la mesure de la charge de cadmium à laquelle petits et grands sont exposés avec cet aliment. Nous en mangeons, chacun plus de 9 kg par an, en grande majorité des spaghettis et des pennes. C’est sur ces types de pâtes que l’analyse s’est concentrée : 18 types de penne, 18 de spaghettis.
Le magazine a choisi un panel varié parmi des marques connues et de distributeurs : pâtes au blé dur classiques, variations au blé complet, paquets estampillés sans gluten, et même les pâtes à base de lentilles ou de pois plus riches en protéines.

Deux paquets sans cadmium
D’après ces analyses, 80 % contiennent du cadmium. Seuls deux paquets en sont exempts, les pennes sans gluten de Marque Repère (Leclerc), et ceux de chez U. Les pennes complètes de la marque Delverde n’en contiennent que 0,009 mg/kg, tandis que celles au blé complet de Barilla présentent un taux de 0,066 mg/kg. Pour les spaghettis de la marque italienne, c’est 0,071 mg/kg. Mais les spaghettis sans gluten en contiennent très peu.
Pourquoi de tels écarts ? Selon le magazine, les fabricants de pâtes utilisent des blés différents pour fabriquer leurs produits. Lustucru, Panzani, Alpina Savoie, affirment utiliser du blé français. Les marques italiennes préféreront des épis transalpins. Société multinationale dotée d’une trentaine d’usines en Italie, en France, aux États-Unis, en Turquie ou en Suède, Barilla se fournit sur différents marchés, en fonction des cours.

Si aucun des 36 paquets analysés n’a dépassé le seuil européen de 0,18 mg par kilo de blé dur, cet inventaire ne manque pas d’inquiéter. On sait, depuis des années, que l’imprégnation au cadmium est cumulative, et qu’il faut 10 à 30 ans pour éliminer la moitié de la teneur en cadmium absorbé par notre corps.
Particulièrement mutagène et toxique pour la reproduction, le cadmium a été classé « cancérogène certain » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) dès 2012 et associé aux cancers du poumon, de la prostate et du rein. Il pourrait aussi expliquer des pathologies osseuses et rénales.

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