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L'esprit est comme un parapluie = il ne sert que s'il est ouvert ....Faire face à la désinformation


Aux États-Unis, des centaines de chevaux sauvages protégés vendus aux abattoirs

Publié par Brujitafr sur 29 Août 2026, 15:03pm

Catégories : #ACTUALITES, #USA, #chevaux

Ils étaient libres dans les grands espaces de l’Ouest américain, avant d’être capturés par les autorités. Aujourd’hui, certains de ces mustangs protégés sont vendus pour quelques dizaines de dollars et disparaissent ensuite dans une filière particulièrement opaque.

Ils étaient encore sauvages lorsqu’ils ont été capturés dans les grands espaces de l’Ouest américain. Mais leur avenir pourrait désormais se jouer bien loin de leurs terres d’origine. Des milliers de mustangs protégés par la loi fédérale sont capturés puis vendus par l’administration américaine à des particuliers ou à des négociants. Certains réapparaissent ensuite dans des circuits qui alimentent la filière de l’abattage. Une enquête du New York Times met au jour un système qui permettrait ainsi de contourner les protections dont bénéficient ces équidés emblématiques.

Des mustangs protégés revendus pour quelques dollars

Aux États-Unis, environ 73 000 chevaux sauvages vivent sur les terres publiques fédérales de l’Ouest. Ces mustangs bénéficient d’une protection légale qui interdit notamment leur chasse et leur capture par des particuliers. Mais le Bureau of Land Management (BLM), l’agence fédérale chargée de leur gestion, procède lui-même à des captures afin de limiter la taille des troupeaux.

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En moyenne, ce sont ainsi 9 500 chevaux qui sont retirés de leur milieu naturel chaque année. Une partie est proposée à l’adoption, mais le BLM ne trouve un foyer qu’à environ la moitié d’entre eux. Les autres sont alors placés dans des pâturages et des installations, où ils peuvent rester pendant plusieurs années.

Ce dispositif est devenu extrêmement coûteux. Environ 58 000 chevaux se trouvent actuellement dans ce "holding system", dont l’entretien représente 100 millions de dollars (environ 85 millions d'euros) par an, sur un budget total de 142 millions de dollars (environ 122 millions d'euros) consacré aux chevaux et aux ânes sauvages.

Pour réduire ces dépenses, le BLM vend désormais davantage d’animaux. En 2025, 3 700 chevaux ont ainsi été cédés, soit plus du double de l’année précédente. Certains ont été vendus pour seulement 25 dollars (environ 21 euros), alors que leur capture et leur prise en charge peuvent coûter plus de 3 000 dollars (environ 2 600 euros) par animal.

Pour pouvoir les vendre, l’administration doit d’abord les déclarer "non adoptables". Un cheval est considéré comme tel après avoir été proposé trois fois pendant une semaine sur la plateforme d’adoption du BLM sans trouver d’acquéreur. À partir de ce moment, il peut être vendu… et perd ses protections fédérales.

Son acheteur doit toutefois signer un engagement l’empêchant de l’envoyer à l’abattoir ou de le vendre sciemment à quelqu’un qui souhaite le faire. C’est précisément cette étape qui ouvre une brèche : le cheval peut être revendu à un intermédiaire, qui n’est pas lié par le contrat signé avec le gouvernement.

Une filière qui inquiète les défenseurs des mustangs

L’enquête du New York Times montre que certains chevaux vendus par le BLM ont ensuite été retrouvés dans des circuits fréquentés par des acheteurs de la filière de l’abattage. Au moins 55 mustangs vendus lors d’un événement organisé en Oklahoma sont ainsi réapparus quelques jours plus tard dans des ventes aux enchères du Kansas et du Texas, fréquentées par ces acheteurs.

 

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Ce phénomène ne se limiterait pas à cet événement. Des associations de protection des chevaux sauvages affirment avoir recensé plus de 250 mustangs achetés au BLM puis revendus rapidement au cours des douze derniers mois. Parmi les chevaux dont elles ont pu déterminer l’âge, la moyenne était de 5 ans, certains n’ayant que 2 ou 3 ans. Ces associations estiment toutefois que leur recensement ne représente qu’une partie des chevaux concernés.

Le cas de Brandon Jones, un négociant en bétail de l’Ohio, illustre les inquiétudes des défenseurs des mustangs. Environ 500 chevaux lui ont été vendus par le BLM au cours de l’année écoulée. En mars, 68 mustangs capturés dans l’Ouest ont notamment été transportés sur près de 2 900 kilomètres jusqu’à ses installations. Le lendemain, deux camions sont venus les chercher au milieu de la nuit. Leur destination n’a pas été rendue publique.

L'homme affirme ne vendre ses chevaux qu’à des particuliers et nie avoir envoyé des mustangs à l’abattoir. Mais quatre chevaux qu’il avait achetés sont ensuite apparus dans une vente aux enchères du Tennessee fréquentée par des acheteurs de chevaux destinés à l’abattage. Quelques semaines plus tard, il a encore reçu 68 animaux du BLM.

"Le BLM dit au public que l’abattage est exclu, mais il le fait au grand jour en passant par un tiers, dénonce Clare Staples, responsable du sanctuaire Skydog Ranch, dans le New York Times. Il y a des mesures simples que l’agence pourrait prendre pour mettre fin à cela, mais elle ferme les yeux. Et les seuls à être punis pour ce qui se passe sont les chevaux."

Des chevaux sans protection

Les enjeux financiers expliquent en partie l’augmentation de ces ventes. Un cheval peut rapporter jusqu’à 750 dollars (environ 643 euros) dans une installation d’abattage, contre seulement 25 dollars lors de certaines ventes du gouvernement. En 2025, le BLM estime avoir économisé environ 56 millions de dollars (environ 48 millions d'euros) en se séparant de 3 700 chevaux.

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Pour les associations, l’administration finance ainsi indirectement la disparition d’animaux qu’elle est pourtant chargée de protéger. "Le BLM utilise les ventes d’une manière qui n’a jamais été prévue par la loi pour envoyer de jeunes chevaux sauvages en bonne santé dans la filière de l’abattage", estime Patricia Miller, directrice de l’American Wild Horse Conservation, dans le New York Times.

Une autre solution existe pourtant : depuis vingt ans, le BLM dispose de traitements contraceptifs administrés par fléchettes, qui permettent de limiter la croissance de certains troupeaux sans capturer les animaux. Mais leur utilisation reste limitée, tandis que le nombre de chevaux placés dans les structures fédérales continue d’augmenter…

 

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