L’Union européenne a décidé de ne pas inclure, pour l’instant, le Brésil sur la nouvelle liste des pays autorisés à exporter de la viande vers le marché européen, faute de garanties suffisantes sur l’usage des antimicrobiens dans les élevages.

Une ferme de bovins, dans l'État du Pará, au Brésil. Illustration.
Photo: NELSON ALMEIDA/AFP via Getty Images
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Viande brésilienne – Cette liste, approuvée par les États membres, conditionnera les exportations à partir de septembre prochain pour les pays respectant les règles sanitaires de l’UE.
Cette décision intervient dans un contexte de forte sensibilité autour de l’accord de libre‑échange conclu avec le Mercosur, alors que les organisations agricoles européennes, notamment en France, dénoncent le risque de concurrence jugée déloyale sur le plan sanitaire et environnemental. Bruxelles entend ainsi montrer que l’accès au marché reste conditionné au respect strict de ses normes.
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Un signal de « vigilance » envoyé au Brésil
L’Union européenne a publié mardi une liste de pays qui respectent ses règles contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage, avec un grand absent à ce stade : le Brésil, qui s’est engagé à « prendre les mesures nécessaires » pour y figurer à nouveau. Validée par les pays européens, cette liste établit quels pays tiers pourront continuer à exporter leur viande en Europe en septembre prochain, car ils respectent les règles sanitaires européennes.
À ce stade, le Brésil n’y figure pas, car il n’a pas apporté à l’UE les garanties qu’elle attend sur le non-recours à des produits antimicrobiens dans l’élevage. La liste pourra toutefois être actualisée rapidement, dès que les autorités brésiliennes auront répondu à Bruxelles à ce sujet.
Mais l’Union européenne veut envoyer le signal de sa vigilance, alors qu’elle a été vivement critiquée par le secteur agricole et la France après avoir scellé un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay.
Bruxelles défend ses normes sanitaires
« Nos agriculteurs respectent parmi les normes sanitaires et antimicrobiennes les plus strictes au monde. Il est donc légitime que les produits importés soient soumis aux mêmes exigences. La décision prise aujourd’hui démontre que le système européen de contrôles fonctionne : lorsque nos normes sanitaires et antimicrobiennes ne sont pas respectées, l’Europe agit », fait valoir le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen.
Conformément aux règles européennes, l’utilisation d’antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser la croissance ou d’augmenter les rendements est interdite. Les animaux ne peuvent pas non plus être traités avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines, une approche inscrite dans la stratégie européenne « One Health » contre l’antibiorésistance.
Ces mesures font partie de la politique européenne pour lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les antibiotiques inutiles. L’UE rappelle que plus de 35.000 décès par an sur le continent sont imputés aux infections résistantes aux antibiotiques, ce que les autorités qualifient de « pandémie silencieuse ».
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Brasilia conteste et promet des garanties
Le gouvernement brésilien a dit mardi dans un communiqué avoir été « surpris » par cette exclusion de la liste, tout en affirmant qu’il « prendra rapidement toutes les mesures nécessaires (pour que l’UE) revienne sur cette décision ».
« Le Brésil respecte pleinement l’ensemble des exigences de l’Union européenne, y compris en ce qui concerne les règles sur les antimicrobiens », a réagi pour sa part l’Association brésilienne de protéine animale (ABPA), une grande association de producteurs de viande de porc et de volailles.
Le Brésil, premier exportateur mondial de viande bovine et acteur majeur sur le marché du poulet, craint un précédent pour ses ventes vers son principal partenaire commercial qu’est l’UE. Les autorités brésiliennes misent désormais sur un échange technique avec la Commission européenne pour démontrer la conformité de leurs contrôles et tenter d’obtenir une réintégration rapide sur la liste.
L’antibiorésistance, enjeu sanitaire mondial
Le monde a connu une explosion du nombre d’infections résistantes aux médicaments ces dernières années. D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) sont directement responsables de plus d’un million de décès et contribuent à près de cinq millions de décès chaque année.
L’OMS estime qu’en 2019, la résistance bactérienne aux antibiotiques a entraîné 1,27 million de décès directs et reste en forte progression, avec une infection sur six déjà résistante aux traitements courants. Face à cette tendance, l’UE comme le Brésil sont appelés par les organisations internationales à renforcer leurs plans d’action contre l’usage excessif d’antimicrobiens en santé humaine et animale.
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