Wall Street a ouvert en forte baisse le 13 avril, le sentiment des investisseurs étant plombé par l’échec des pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran et par une nouvelle flambée des prix du pétrole, qui ont repassé la barre des 100 dollars le baril sur fond d’escalade des tensions dans le golfe Persique.

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Ce repli survient alors que les États-Unis accentuent leur pression sur Téhéran, avec notamment le début des opérations de l’US Navy pour bloquer le trafic maritime lié à l’Iran, après que des négociations de haut niveau sur le nucléaire et un cessez-le-feu à Islamabad se sont achevées sans accord.
À 9h40 (heure de NY) le 13 avril, l’indice Dow Jones reculait de 0,72 %. Le S&P 500 cédait 0,33 % et le Nasdaq Composite 0,36 %.
Le baril de Brent a bondi de 5,79 % pour atteindre 100,7 dollars, après avoir brièvement franchi les 101 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain progressait de 5,48 % à 101,9 dollars, après un pic à 103 dollars, selon OilPrice.com.
L’indice de volatilité CBOE, souvent surnommé « l’indice de la peur » de Wall Street, est monté à 20,61 points, signalant un regain de fébrilité sur les marchés. Les analystes estiment que les investisseurs ont adopté une posture de « retrait du risque » (risk-off) face à l’aggravation de l’incertitude géopolitique.
« Nous prévoyons une pression renouvelée sur les actifs risqués et une poussée des cours du pétrole en ce début de semaine », a déclaré Benjamin Jones, responsable mondial de la recherche chez Invesco. « Il y a eu une désescalade du conflit armé, mais l’ampleur de celle-ci et le manque de clarté sur la reprise des flux commerciaux nous maintiennent, d’un point de vue économique, dans le statu quo. »
D’autres observateurs suggèrent que la réaction du marché, bien que négative, reste relativement contenue compte tenu de l’importance du risque géopolitique.
« Je m’attendais à bien pire, tant pour les marchés boursiers que pour les prix du pétrole ce matin », a confié Mary-Sol Michel, directrice de la gestion sous mandat chez Swiss Life Banque Privée, à Bloomberg. « Le marché voit ce blocus comme un outil de négociation, mais je trouve néanmoins que l’impact sur les actions est assez modeste. »
Donald Trump a déclaré le 12 avril que les forces américaines allaient « intercepter tout navire dans les eaux internationales ayant payé un droit de passage à l’Iran » et empêcheraient les navires d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz. « Personne payant une taxe illégale ne bénéficiera d’un passage sûr en haute mer », a ajouté le président.
L’US Navy a débuté le blocus du détroit à 10h00 (heure de l’Est) le 13 avril, suite à l’échec des pourparlers de paix au Pakistan durant le week-end. Cette mesure s’applique spécifiquement aux navires entrant ou sortant des ports iraniens, et non à l’ensemble du trafic commercial circulant dans le détroit.
Selon les analystes de Rabobank, les prix du pétrole vont « certainement bondir » alors que les marchés intègrent la perte potentielle des volumes d’exportation iraniens.
« Le blocus américain ne vise pas à stopper les flux d’énergie et de marchandises du Conseil de coopération du Golfe (CCG), mais il empêchera l’Iran d’exporter son énergie ou d’importer de la nourriture, des pièces industrielles ou de l’armement par voie maritime », a écrit Michael Every, stratège mondial chez RaboResearch.
Le Conseil de coopération du Golfe est un bloc de six États pétroliers, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
« L’impact économique sera énorme ; d’ici environ 13 jours, les capacités de stockage de pétrole de l’Iran seront saturées, forçant la fermeture de puits et risquant des dommages permanents sur l’offre », a-t-il précisé.
Miad Maleki, chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a estimé sur X que ce blocus naval coûtera à l’Iran environ 276 millions de dollars par jour en exportations perdues et perturbera 159 millions de dollars d’importations quotidiennes, soit un total combiné de 13 milliards de dollars par mois.
Selon lui, plus de 90 % des 109,7 milliards de dollars d’échanges annuels de l’Iran transitent par le golfe Persique. Le pétrole et le gaz représentent 80 % des revenus d’exportation et 23,7 % du PIB du pays.
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