« La guerre en Ukraine et les tensions liées à l’Iran semblent ces derniers temps en partie plus étroitement liées qu’auparavant », a récemment déclaré William Spaniel, professeur de sciences politiques à l’université de Pittsburgh, sur sa
chaîne YouTube. Il a toutefois souligné que la situation ne pouvait pas encore être qualifiée de début d’une guerre mondiale.
L’Ukraine offre un soutien militaire aux États du Golfe
Ce chercheur américain, spécialiste des conflits militaires, souligne que l’Ukraine a signé des accords de sécurité avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar. Dans le cadre de ces accords, Kiev s’est engagée à apporter son expertise en matière de défense antidrone. Cette expertise découle de la vaste expérience acquise par l’Ukraine dans la lutte contre les drones iraniens après plusieurs années de guerre. L’Iran a notamment fourni des drones Shahed à la Russie ces dernières années. Les pays du Golfe ont constaté que les systèmes de défense aérienne existants sont parfois insuffisants pour repousser efficacement toutes les attaques.
Fin mars, l’agence de presse américaine
Associated Press a rapporté que la Russie avait perfectionné les drones Shahed iraniens et fournissait à l’Iran des versions améliorées. Parmi les modifications décrites figurent des leurres, des systèmes de contrôle améliorés, des caméras, des liaisons radio et des composants dotés d’intelligence artificielle. L’intégration de communications par satellite est également mentionnée.
Certains observateurs interprètent cette initiative comme une implication indirecte de la Russie dans la dynamique du conflit au Moyen-Orient. Par ailleurs, des informations relayées par les médias laissent entendre que la Russie aurait fourni à l’Iran des renseignements limités.
Des informations indiquent qu’Israël a mené des attaques contre des cibles proches des infrastructures militaires et logistiques iraniennes, notamment des installations potentiellement liées à des livraisons d’armes. Selon le
Wall Street Journal, des infrastructures maritimes et des sites de stockage figuraient également parmi les cibles. La Russie pourrait toutefois continuer à soutenir l’Iran par des voies terrestres alternatives.
Pas encore de guerre mondiale, mais une interconnexion croissante
« Nous ne sommes pas encore en guerre mondiale, car aucun acteur global ne combat ouvertement sur plusieurs fronts simultanément », a déclaré M. Spaniel. Néanmoins, une interconnexion croissante des différentes zones de conflit se dessine, susceptible d’avoir des répercussions à long terme sur l’évolution militaire et politique.
Selon le
think tank Security Distillery, l’attention internationale accrue portée au Moyen-Orient pourrait, au moins en partie, alléger la pression sur la Russie. Moscou pourrait ainsi poursuivre sa stratégie militaire en Ukraine, tandis que les ressources diplomatiques occidentales seraient partiellement mobilisées. Dans le même temps, il est à noter que la Russie continue d’exiger le maximum de concessions de la part de l’Ukraine. Certains analystes y voient un facteur susceptible de déclencher une intensification des opérations militaires dans l’est du pays, tandis que l’attention internationale s’est en partie déplacée.
L’analyste Robert Person souligne que les stocks de systèmes de défense aérienne occidentaux, notamment de missiles Patriot, pourraient être mis à rude épreuve. Cette situation s’explique à la fois par les attaques russes en cours contre les villes ukrainiennes et par la forte consommation de ces systèmes dans d’autres régions en crise.
Cela engendre une concurrence pour des ressources limitées. Chaque déploiement de systèmes d’interception dans une zone de conflit réduit potentiellement leur disponibilité dans une autre. Cette situation affecte aussi bien l’Ukraine que ses États partenaires au Moyen-Orient.
En mars, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde contre la forte consommation de systèmes de défense. Cependant, ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante que dans une certaine mesure.
Les enseignements tirés de ces deux conflits
Alors que l’attention internationale se concentre parfois davantage sur le Proche-Orient, l’Ukraine reste soumise à une pression militaire considérable. Outre les systèmes de défense aérienne, cela concerne également les munitions de précision et les systèmes d’armes modernes, dont la disponibilité est limitée.
Parallèlement, il apparaît que les répercussions économiques et énergétiques des conflits mondiaux peuvent avoir des conséquences de grande envergure, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie ou des perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales. La Russie profite en partie de l’augmentation des recettes dans le secteur énergétique, tandis que les pays occidentaux adaptent ou réexaminent leur politique de sanctions.
L’Ukraine, quant à elle, apporte son expérience opérationnelle en matière de défense contre les drones et les missiles, qui peut également être utile à d’autres États partenaires. Cela pourrait, à long terme, influencer son rôle au sein des coopérations internationales en matière de sécurité.
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