En affirmant que « les femmes transgenres sont des femmes » dans une résolution sur le futur programme européen en matière de droits des femmes, le Parlement européen a franchi un pas normatif début février qui va bien au‑delà de la simple condamnation des discriminations.

Programme européen sur les droits des femmes – Cette déclaration s’inscrit dans la préparation de la Stratégie 2026‑2030 pour l’égalité de genre au sein de l’Union européenne, dans le cadre des recommandations du Parlement européen au Conseil concernant les priorités de l’UE pour la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies.
Cette déclaration du Parlement européen nourrit un débat de fond : jusqu’où une institution politique peut‑elle substituer au sexe une catégorie fondée sur l’« identité de genre » sans reconfigurer les droits existants ni mesurer précisément les effets sur les femmes au sens biologique du terme ? Plusieurs analyses pointent déjà un risque de « confusion conceptuelle » et de mise à l’épreuve des protections fondées sur le sexe dans le droit de l’Union.
Des droits historiquement sexués, un discours désormais centré sur le genre
Les directives européennes en matière d’égalité de traitement et de non‑discrimination reposent sur le sexe comme critère objectif, et la Cour de justice de l’UE a explicitement relié la protection de la grossesse et de la maternité à la « condition biologique » des femmes. C’est sur cette base qu’ont été codifiées des protections spécifiques contre le licenciement lié à la grossesse, les discriminations au retour de congé maternité ou les conditions de travail inadaptées.
En intégrant la formule « les femmes transgenres sont des femmes » dans un texte‑cadre sur les droits des femmes, le Parlement brouille partiellement cette architecture : le champ « femmes » n’est plus défini à partir du corps et de la reproduction, mais à partir d’une auto‑identification de genre, sans que les conséquences sur les régimes protecteurs existants soient clarifiées. L’initiative s’aligne sur la logique d’« autodétermination de genre » promue dans certains États membres et dans la stratégie LGBTIQ de la Commission, mais sans expliciter comment articuler, dans la pratique, droits sexués et droits fondés sur l’identité de genre.
Plusieurs juristes spécialisés en droit social européen soulignent que la protection de la maternité, en particulier, reste au cœur de la légitimité des mesures d’égalité et qu’elle est indissociable d’une définition matérielle du sexe féminin.
Des critiques sur la cohérence juridique et la méthode
Le réseau Athena, qui a publié une analyse détaillée de la résolution sur la future stratégie d’égalité, estime que le texte « repose sur des cadres mutuellement incompatibles, applique mal des documents internationaux et risque d’éroder des protections de longue date fondées sur le sexe ». Selon cette lecture, le Parlement mêle, dans un même ensemble, droits des femmes, agenda LGBTIQ et interventions médicales liées à l’identité de genre, sans distinguer clairement ce qui relève des protections sexuées et ce qui relève de politiques ciblées vers les personnes trans.
Cette critique rejoint une inquiétude plus large sur la façon dont des ONG militantes ont contribué à la définition des priorités de l’UE, notamment via la stratégie LGBTIQ 2020‑2025, accusée de promouvoir l’autodétermination de genre « sans limites d’âge » et sans consultation approfondie de groupes de femmes sceptiques. Des débats organisés à Bruxelles mettent en cause un financement européen important d’organisations défendant une conception très extensive de l’identité de genre, au risque de marginaliser les voix féministes qui alertent sur les conséquences en matière de sécurité, de statistiques publiques et de liberté d’expression.
Enfin, certains observateurs relèvent que le Parlement appelle à une mise en œuvre « ambitieuse » de la future stratégie sans proposer d’évaluation d’impact spécifique sur les droits déjà existants des femmes définies par le sexe, ni d’étude systématique des conflits potentiels dans les politiques de santé, de sport, de prison ou de refuges.
Des enjeux concrets : espaces réservés, données, protection des mineurs
Les critiques les plus tangibles portent sur les situations où l’introduction de l’identité de genre dans la catégorie « femmes » peut entrer en collision avec des dispositifs pensés pour des femmes définies par le sexe. Les débats britanniques sur l’accès des personnes trans aux prisons pour femmes, aux refuges ou aux vestiaires montrent que les autorités doivent parfois arbitrer entre le principe de non‑discrimination et les impératifs de sécurité et de vie privée des femmes détenues ou hébergées.
Sur le terrain des statistiques et des politiques publiques, l’effacement de la distinction entre sexe et genre complique la collecte de données fiables sur la grossesse, la mortalité maternelle, les violences sexuelles ou l’écart de rémunération, qui reposent sur des indicateurs sexués. Des spécialistes de l’égalité de genre au sein même des institutions européennes insistent sur la nécessité de maintenir des catégories de sexe clairement identifiables pour préserver la capacité de mesurer et de corriger les inégalités.
Un autre point sensible concerne les mineurs : les politiques d’autodétermination de genre, telles qu’analysées dans des débats à Bruxelles, interrogent les mécanismes de consentement, la prise en charge médicale et les effets à long terme de traitements ou de changements d’état civil précoces. Pour les critiques, l’importation implicite de ces logiques dans un texte sur les droits des femmes, sans débat spécifique sur l’enfance et l’adolescence, contribue à une dilution des enjeux et à un brouillage du contrôle démocratique.
Dans ce contexte, ces travaux sur la nouvelle résolution du Parlement européen sur les droits des femmes, en liant étroitement programme de droits des femmes et reconnaissance de l’identité de genre, est perçue par une partie du champ académique et militant comme un choix politique lourd, pris sans clarifier les garde‑fous nécessaires pour préserver les protections sexuées qui restent au cœur du droit européen de l’égalité.
La mise en compétition du transgenrisme et avec les femmes biologiques
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