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L'esprit est comme un parapluie = il ne sert que s'il est ouvert ....Faire face à la désinformation


En #Iran, la jeunesse en première ligne des manifestations paie le prix fort de la répression + Au moins 35 personnes ont été tuées et 1200 arrêtées lors des manifestations en Iran

Publié par Brujitafr sur 7 Janvier 2026, 07:43am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE

Iran : tout comprendre aux manifestations qui secouent le pays

En Iran, la fin d'année 2025 est marquée par un mouvement de protestation majeur, mené par les commerçants locaux. Un ras-le-bol qui fait suite à une inflation galopante et à la volatilité des prix.

Des «revendications légitimes», concède le président Massoud Pezeshkian. Alors que la situation économique iranienne ne cesse de se dégrader, des milliers d'Iraniens se sont rassemblés depuis dimanche dans les rues de Téhéran pour manifester leur mécontentement. Les commerçants ont été rejoints par les étudiants au sein de ce mouvement social d'ampleur, ce mercredi.

Preuve des difficultés importantes que rencontre le pays, notamment en matière d'économie, l'hyperinflation a fait bondir le cours du rial iranien : il a atteint 1,42 million pour 1 dollar, alors qu'il était à 820.000 il y a quelques mois seulement. Selon le Centre de statistiques d'Iran, organisme officiel national, les prix ont augmenté en moyenne de 52% sur un an, dans le pays. 

L'économie, déjà fragilisée par des décennies de sanctions occidentales, pâtit également du rétablissement fin septembre par l'ONU des mesures punitives internationales levées il y a dix ans, liées au programme nucléaire de l'Iran. Le pays paye notamment sa décision de prendre directement part au conflit entre l'Israël et le Hamas, en ciblant le pays hébreu via des tirs de missile, il y a plusieurs mois.

Les commerces fermés

Face aux difficultés économiques rencontrées, une partie des commerces ont ainsi fermé, dans le centre de la capitale Téhéran. L'épicentre des manifestations a été le plus grand marché pour téléphones portables de la ville. Avant que la mobilisation ne gagne en ampleur et touche de nombreux quartiers de la ville la plus peuplée d'Iran.

Au troisième jour du mouvement, des manifestations étudiantes ont éclaté dans au moins 10 universités à travers le pays. Sept d'entre elles sont situées à Téhéran et comptent parmi les plus prestigieuses du pays. D'autres établissements sont concernés à Isfahan (centre), Yazd (centre) et Zanjan (nord-ouest). Les forces de l'ordre et la police antiémeute ont été déployées aux principaux carrefours de Téhéran et aux abords de certaines universités pour contenir les manifestations.

Au sein de la capitale, ce mercredi 31 décembre, écoles, banques et établissements publics ont été fermés en précaution à Téhéran et dans la quasi-totalité du pays sur décision des autorités. Officiellement, le froid et les économies d'énergie ont été mis en avant, sans faire de lien avec les manifestations.

Une «révolte» pour «faire avancer l'Histoire» ?

L'opposition entre certains citoyens en colère et les autorités a donné lieu à des images impressionnantes, certaines faisant le tour des réseaux sociaux. Un homme présent parmi les manifestants a notamment décidé de se tenir assis, pacifiquement, face aux gardiens de la paix iraniens.

 
 

Certaines figures importantes du pays, comme le réalisateur Jafar Panahi, ont même qualifié ces mouvements de véritable «révolte» dont l'objectif était de «faire avancer l'Histoire». Face à l'importance que prend cette vague de mécontentement, le président du pays s'est notamment dit à l'écoute des «revendications légitimes» des manifestants. 

Le président promet d'«écouter les revendications légitimes»

«J'ai demandé au ministre de l'Intérieur d'écouter les revendications légitimes des manifestants en dialoguant avec leurs représentants afin que le gouvernement puisse agir de toutes ses forces pour résoudre les problèmes et agir de manière responsable», a écrit le président Massoud Pezeshkian sur le réseau social X.

Il a lui-même rencontré mardi des responsables syndicaux et proposé plusieurs mesures fiscales, censées aider les entreprises, pour une durée d'un an.

Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a quant à lui tenu à mettre en garde contre un risque d'instrumentalisation des manifestations pour semer le «chaos et des troubles», alors que l'Iran a accusé ces dernières années des puissances étrangères d'orchestrer des manifestations dans le pays. De son côté, le président a rappelé que «la réponse iranienne à toute agression serait forte et regrettable», anticipant toute tentative d'ingérence extérieure. La tension ne cesse donc de monter.

SOURCE

Une capture d'écran, prise le 2 janvier 2026, à partir d'images publiées sur les réseaux sociaux le 31 décembre 2025, montrant des manifestants attaquant un bâtiment gouvernemental à Fasa, dans le sud de l'Iran.

Kimia Hadadian, 17 ans. Kourosh Kheiri, 13 ans. Amirhossein Karimpour, 16 ans… Sur la page Instagram de Nazila Maroufian, défilent les portraits des très jeunes manifestants iraniens qui auraient été interpellés par les forces de sécurité en Iran.

 

"Cette enfant a été touchée par balle et apparemment arrêtée lors des manifestations à Naziabad (Téhéran), vers 20 h, le 4 janvier 2026", écrit encore la journaliste à propos d'une autre jeune disparue : Sogand Mansouri, 14 ans. "Elle portait une veste grise et aucune information sur son état ou son lieu de détention n'est disponible pour le moment. (…) Si quelqu'un a des nouvelles, veuillez absolument nous en informer."

Réfugiée en France depuis 2023, cette journaliste de 25 ans a elle-même été arrêtée en 2022 lors du précédent grand mouvement de contestation en Iran après la mort de Mahsa Amini, notamment pour avoir interviewé le père de la jeune Iranienne décédée après son interpellation par la police des mœurs pour un voile mal ajusté.

En contact avec les manifestants en Iran, Nazila Maroufian se fait désormais, depuis Paris, le relais de cette nouvelle vague de contestation, face à laquelle les forces de sécurité iraniennes ont intensifié leurs opérations.

Ce mouvement social, né avec la grève des grands commerçants à Téhéran et dans d'autres grandes villes contre l'hyperinflation et la dégradation de leur situation économique, commencée le 28 décembre, a pris un tournant politique avec des slogans réclamant désormais la chute de la République islamique.

À lire aussiCe que révèlent les slogans des dernières manifestations en Iran

Les protestations se sont depuis étendues aux universités et de nombreux jeunes Iraniens descendent manifester chaque jour. Le syndicat iranien des enseignants rapporte d'ailleurs l'arrestation musclée de plusieurs lycéens à travers le pays, dont les familles restent sans nouvelle.

L'organisation Iran Human Rights (IHRNGO), basée en Norvège, s'est dit inquiète, dans un communiqué, du sort des très jeunes manifestants arrêtés, notamment de mineurs qui se trouvent, selon l'ONG, à la prison centrale d'Ispahan, où plus de 150 personnes ont été conduites. Plusieurs détenus ont été blessés et emmenés à l'infirmerie de la prison. Parmi eux figurent trois adolescents, Soroush Azarmehr (16 ans), Payam Aminzadeh (17 ans) et Saman Shahamat (16 ans), arrêtés alors qu'ils étaient blessés à la tête et au dos.

Dans la prison de Qom, ville conservatrice, berceau des universités de théologie, située au sud de Téhéran, un adolescent de 17 ans, Soroush Javidi, a perdu connaissance après une importante hémorragie. "On ignore s'il a reçu les soins appropriés après son admission à l'infirmerie de la prison", alerte l'ONG. "Le 3 janvier, une centaine de détenus ont été transférés à la prison centrale de Qom, où ils ont tous été entassés dans un seul hall."

Tirs sur les manifestants avec des fusils AK-47

D'après un décompte de l'ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) publié le 4 janvier, quelque 990 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement le 28 décembre. Au moins 12 personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées, selon les annonces officielles. Le bilan est bien plus élevé, estime Iran Human Rights, qui a recensé au moins 19 manifestants tués par balles ou lors d'autres actes de violence perpétrés par les forces de sécurité dans sept provinces.

D'après cette ONG, des fusils AK-47 et probablement des mitrailleuses DShK ont été utilisés pour réprimer, le 3 janvier, les habitants descendus dans les rues du comté de Malekshahi, une région à forte population kurde. Des centaines de personnes ont également été blessées et arrêtées à travers l'Iran, rapporte IHRNGO.

À lire aussiEnquête : répression iranienne, munitions françaises

Le mouvement se durcit

La contestation en Iran touche ou a touché, à des degrés divers, au moins 45 villes, essentiellement petites et moyennes et principalement situées dans l'ouest du pays, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et des médias.

source

Au moins 35 personnes ont été tuées et 1200 arrêtées lors des manifestations en Iran

 

Le bilan des violences liées aux manifestations en Iran s'élève désormais à au moins 35 morts, ont déclaré mardi des militants, alors que les manifestations ne montrent aucun signe d'essoufflement.

Ce chiffre provient de l'agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency, qui a déclaré que plus de 1200 personnes avaient été arrêtées lors des manifestations, qui durent depuis plus d'une semaine.

Elle a ajouté que 29 manifestants, quatre enfants et deux membres des forces de sécurité iraniennes ont été tués. Les manifestations ont touché plus de 250 localités dans 27 des 31 provinces iraniennes.

Ce groupe, qui s'appuie sur un réseau d'activistes à l'intérieur de l'Iran pour ses reportages, s'est révélé fiable lors des troubles passés.

L'agence de presse semi-officielle Fars, considérée comme proche des Gardiens de la révolution, paramilitaires iraniens, a rapporté lundi soir qu'environ 250 policiers et 45 membres de la force Basij, composée uniquement de volontaires, avaient été blessés lors des manifestations.

Le nombre croissant de victimes augmente le risque d'une intervention américaine. Le président américain Donald Trump a averti vendredi l'Iran que si Téhéran «tuait violemment des manifestants pacifiques» les États-Unis «viendraient à leur secours».

Bien que l'on ne sache pas encore comment et si Donald Trump interviendra, ses commentaires ont immédiatement suscité une réaction de colère, les responsables de la théocratie menaçant de prendre pour cible les troupes américaines au Moyen-Orient. Ces commentaires ont pris une nouvelle importance après que l'armée américaine a capturé samedi le président vénézuélien Nicolás Maduro, un allié de longue date de Téhéran.

Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis 2022, lorsque la mort de Mahsa Amini, 22 ans, en garde à vue, avait déclenché des manifestations dans tout le pays. Cependant, elles ne sont pas encore aussi répandues et intenses que celles qui avaient suivi la mort de la jeune femme, arrêtée pour ne pas avoir porté son hijab, ou foulard, à la convenance des autorités.

L'Iran a été confronté à plusieurs vagues de manifestations nationales ces dernières années. Alors que les sanctions se durcissaient et que l'Iran était en difficulté après une guerre de 12 jours avec Israël, sa monnaie, le rial, s'est effondrée en décembre, atteignant 1,4 million pour 1 dollar. Les manifestations ont commencé peu après.

Il est difficile d'évaluer l'ampleur de cette dernière vague de manifestations. Les médias d'État iraniens ont fourni peu d'informations à ce sujet. Les vidéos en ligne ne montrent que de brefs aperçus tremblants de personnes dans les rues ou le bruit de coups de feu. Les journalistes en Iran sont également soumis à des restrictions générales en matière de reportage, telles que l'obligation d'obtenir une autorisation pour se déplacer dans le pays, ainsi que la menace de harcèlement ou d'arrestation par les autorités.

Mais les manifestations ne semblent pas s'arrêter, même après que le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, ait déclaré samedi que «les émeutiers devaient être remis à leur place».

Jon Gambrell, The Associated Press

SOURCE

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