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Alerte info #FRANCE : En pleine mobilisation agricole, des préfets interdisent les déplacements et convois de tracteurs = Départ de convois pour #Paris, rassemblement devant des préfectures, contrôles sauvages de marchandises

Publié par Brujitafr sur 7 Janvier 2026, 05:36am

Catégories : #ACTUALITES, #France, #agriculteurs, #POLITIQUE

La circulation de convois de tracteurs et engins agricoles a été interdite jusqu'à jeudi dans la majeure partie de la France, selon des arrêtés préfectoraux, en pleine remobilisation des agriculteurs.

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Illustration

Photo: JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP via Getty Images

Mobilisation agricole – Cette interdiction concerne au moins les Hauts-de-France, l’Ouest, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie, l’Est et le Sud-Est, et s’applique aussi aux poids lourds transportant des tracteurs, selon les arrêtés publiés ces derniers jours et rendus publics après que la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, a fait planer la menace de tracteurs lancés sur Paris.
La circulation dans le cadre de travaux agricoles reste autorisée. Les restrictions concernent les engins agricoles de catégorie T (à roues), C (à chenilles), R (remorque) ou S (matériel attelé).

Sept zones « de défense et de sécurité »

Il existe sept zones dites de défense et de sécurité sur le territoire métropolitain (Paris, Nord, Ouest, Sud-Ouest, Sud, Sud-Est, Est) et cinq en outre-mer.
Les arrêtés concernent les zones Nord jusqu’à mercredi, ainsi que les zones Est, Ouest, Sud-Ouest et Sud – qui englobe l’Occitanie, berceau de la colère agricole des dernières semaines, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse – jusqu’à jeudi.
Ces zones sont des circonscriptions territoriales destinées à faciliter la gestion par les autorités de l’Etat « d’une situation de crise, dont l’importance implique la mise en œuvre de moyens dépassant le niveau départemental », selon un site du gouvernement.

Des interdictions en pleine mobilisation nationale

Il s’agit vraisemblablement d’empêcher la venue de tracteurs dans la capitale alors que plusieurs syndicats agricoles ont sonné la mobilisation nationale.
La Coordination rurale, qui a été avec la Confédération paysanne le fer de lance de la contestation dans le Sud-Ouest depuis décembre, fait planer depuis quelques jours la menace de lancer les tracteurs de ses adhérents vers la capitale.
Plusieurs axes routiers ont été bloqués par des agriculteurs lundi et des responsables syndicaux du Sud-Ouest appellent à converger vers Toulouse mercredi.
La FNSEA, plus puissant syndicat agricole, a de son côté sonné dimanche la « mobilisation » nationale, mais, contrairement à 2024, quand le syndicat avait lancé ses tracteurs sur Paris, les actions prévues semblent plus locales, sans grands déplacements.

Un convoi d’une quarantaine d’agriculteurs de la Coordination rurale (CR) est parti mardi matin de Cancon (Lot-et-Garonne) en direction de Paris, parmi d’autres dans la région, pour faire entendre « leurs solutions » face à la crise de la profession. « Dans nos départements, il n’y a rien qui se passe. On se rend bien compte que ce gouvernement n’a rien fait. Les préfets n’ont aucun pouvoir. Donc maintenant, il faut que les choses évoluent. On espère qu’à Paris, on sera écouté », a déclaré le président de la CR47 José Pérez.

La circulation de convois d’engins agricoles interdite

La veille au soir, ce sont cinquantaine d’agriculteurs et une quinzaine de tracteurs sont notamment partis de Dordogne. Bloqués un temps par les gendarmes en Haute-Vienne, ils ont poursuivi leur route et « ont passé la Loire » mardi matin, a indiqué Rémi Dumaure, président de la CR24.

 

Mobilisation agricole nationale avant de nouvelles consultations à Matignon

Mobilisation agricole nationale avant de nouvelles consultations à Matignon
(©Compte X @Coordinationrur)
 

« Il y a une forme d'incompréhension et de défiance vis-à-vis de la parole publique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actes, des décisions qui se voient dans les cours de ferme », a déclaré sur TF1 Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, reçu à 17h30. Les annonces du gouvernement ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face.

Sébastien Lecornu réunit à 11h30 les ministres concernés par les questions
agricoles. Une douzaine de membres du gouvernement ont été conviés. Le gouvernement avait promis ces derniers jours un arrêté pour empêcher d'importer en France des produits agricoles sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons...) traités avec des substances chimiques interdites dans l'Union européenne.

« Nous avons besoin de décisions qui se voient dans les cours de ferme »

L'arrêté, attendu mardi, ne figure pas au Journal officiel du jour et le ministère de l'Agriculture n'a pas répondu aux questions de l'AFP.  Il sera finalement publié mercredi, a précisé le ministère de l'agriculture à l'AFP.

La perspective que l'accord de libre-échange UE-Mercosur soit signé dans les prochains jours, comme le souhaite la Commission européenne, est un « chiffon rouge », pour Arnaud Rousseau, « de nature à (entraîner) des mobilisations agricoles plus importantes. Mais à ce stade, nous appelons à des actions en territoire ».

Même son de cloche chez ses alliés des Jeunes agriculteurs reçus lundi à Matignon, qui ont promis un rassemblement le 19 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg en cas de signature. Les ministres européens de l'agriculture seront mercredi à Bruxelles pour une réunion spéciale sur le Mercosur mais aussi sur la politique agricole commune (Pac).

« Cortèges pacifiques »

En revanche, le ton de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole habitué des opérations coup de poing, est monté d'un cran lundi à la sortie de Matignon. Son président Bertrand Venteau s'est insurgé contre l'interdiction, par arrêté préfectoral dans la majeure partie de la France, des convois de tracteurs qu'il prévoyait d'envoyer à Paris pour « porter pacifiquement » les « doléances des agriculteurs ».

Il a maintenu son appel à « monter » sur la capitale et la CR espère l'arrivée de ses cortèges à compter de jeudi, a-t-elle précisé à l'AFP. Des agriculteurs venus de Corse ont pu « débarquer du ferry », a indiqué mardi le syndicat. Des convois sont aussi partis de Dordogne, des Landes, de Gironde et du Lot-et-Garonne. Un convoi de véhicules et de tracteurs s'est élancé de Cancon dans le Lot-et-Garonne, escorté par une voiture de gendarmerie.

« On n'est pas des bandits, mais on ne va pas se laisser marcher dessus (...). On va rouler (...). On veut juste porter nos revendications là-haut à
Paris. On travaille pour vivre et on ne nous fait pas vivre. La seule et unique action, c'est de monter à Paris. (...) On sait déjà qu'on va être sûrement bloqués, mais tant pis, on passera de force », a déclaré le président de la CR 47 José Pérez.

« Ne rien lâcher »

Bertrand Venteau a assumé de ne vouloir « rien lâcher » notamment sur le sujet des abattages de l'intégralité d'un foyer à partir du moment où un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est détecté. Deux nouveaux cas ont été recensés en Ariège la semaine dernière malgré une vaccination presque totale du département, l'immunité mettant plusieurs semaines à se construire et n'empêchant pas entre temps les contaminations.

La fin de l'abattage total est aussi une demande de la Confédération paysanne, reçue à Matignon à 19h00 et qui a été, avec la CR dans le Sud-Ouest un moteur de la contestation, ravivée début décembre par la gestion de la crise sanitaire par l'État.

Plusieurs routes ont été bloquées lundi avec des tracteurs malgré les interdictions de déplacements d'engins agricoles parfois déjà en vigueur dans certaines régions. Mardi matin la gendarmerie dénombrait encore au moins cinq blocages d'autoroutes (A75, A64, A51N dans la zone Sud, A65 dans le Sud-Ouest et A84 dans la zone Ouest).

Plusieurs agriculteurs avaient fait part à l'AFP de leur intention de passer la nuit sur les barrages. À Calais, tracteurs et agriculteurs avaient installé un barrage filtrant pour contrôler des marchandises sortant du port afin d'attirer l'attention sur les distorsions de concurrence selon eux entre les produits importés et les produits européens.

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