
Loin de se limiter au 25 décembre, les fêtes de fin d’année en Europe s’inscrivent dans un temps long, ponctué de rituels, de processions et de gourmandises. Un voyage à travers les traditions de l’Avent, de la Befana italienne et de la galette des rois française.

La Befana, la sorcière de Noël de Rome, hante – puis enchante – les enfants de la ville.
L’Avent marque donc le coup d’envoi, lorsque les fidèles se préparent à la naissance du Christ. En Europe, il s’agit véritablement du début de Noël. Si une certaine commercialisation précoce à l’américaine commence à s’infiltrer, les annonceurs européens paraissent, dans l’ensemble, peu enclins à promouvoir la saison plus tôt.
Saint Nicholas et la promesse de la lumière

Vient ensuite la fête de saint Nicolas, célébrée surtout dans les pays catholiques, avec des échanges de cadeaux les 5 et 6 décembre. Dans certains pays, cette fête dépasse même Noël en importance. Le 13 décembre suit la fête de sainte Lucie, moment fort dans la région la plus sombre du continent, la Scandinavie, où de jeunes filles coiffées de couronnes de bougies mènent des processions annonçant le retour de la lumière.
Noël et les Douze Jours


La Befana, sorcière bienveillante

En Italie, l’Épiphanie correspond au temps de « La Befana », la légendaire bonne sorcière de Noël, qui distribue des cadeaux aux enfants. Mon amie romaine Francesca m’expliquait : « La nuit précédant le 6 janvier, La Befana survole les toits de Rome sur son balai et apporte des cadeaux aux enfants sages, ou du charbon aux vilains. Aujourd’hui, ce “charbon” est un bonbon noir et croquant vendu sur les étals de rue. En échange, les enfants romains lui laissent de la ricotta bien tendre, car elle n’a presque plus de dents. »
La légende de La Befana remonte peut-être à l’époque païenne. Elle apparaît déjà dans les fêtes hivernales de la Rome antique sous la forme d’une Mère Nature vieillissante, offrant ses derniers dons. Aujourd’hui, on peut la rencontrer en personne sur la très animée Piazza Navona, à Rome, lors du marché de Noël connu localement sous le nom de marché de la Befana.
La galette des rois, royaume de la gourmandise

Chaque région française propose sa propre version de la galette des rois. Dans le nord, il s’agit d’une pâte feuilletée, le plus souvent garnie de frangipane aux amandes. En Bretagne, elle prend l’allure d’un gâteau sablé. Dans le sud, la galette se présente sous forme de brioche, un pain sucré décoré de fruits confits et parfumé au cognac ou à la fleur d’oranger.

Fève, couronne et roi d’un jour


Selon la tradition, le gâteau se découpe pendant que le plus jeune enfant de la table désigne à qui revient chaque part, afin d’éviter toute tricherie. Chacun mord avec précaution jusqu’à ce que quelqu’un découvre la fève. L’heureux gagnant conserve la fève, reçoit une couronne dorée en papier ou en plastique et devient roi ou reine pour la journée.
Une fête entre mythe et plaisir
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