De toutes ces situations désolantes, dans une société ultra polarisée, divisée et fragilisée, l'extrême émotivité sera récupérée pour accomplir le plan: créer encore plus de haine de l'autre, le chaos, et à terme, l'ordre à partir du chaos.
Ne soyons pas leurs outils du chaos.

Assassinat de Charlie Kirk :
l’Amérique et l’Europe fracturées
Quarante-huit heures après l'assassinat de Charlie Kirk sur un campus universitaire de l'Utah, l'onde de choc politique et les réactions polémiques révèlent l'ampleur des fractures qui traversent les sociétés occidentales. De Washington à Strasbourg, la mort du jeune militant conservateur de 31 ans expose crûment les divisions de l'époque Trump.

Les faits : une exécution en plein jour
Le mercredi 10 septembre 2025, vers 12h10, Charlie Kirk s'adressait à environ 3 000 personnes sous une tente installée dans la cour du Sorensen Center, sur le campus d'Utah Valley University à Orem. L'événement faisait partie de sa tournée "The American Comeback Tour". Une balle tirée depuis un bâtiment situé à environ 180 mètres l'a atteint mortellement au cou.
Le FBI a récupéré l'arme du crime - un fusil puissant - et dispose selon les autorités de "bonnes images vidéo" du tireur. Un suspect a été arrêté avant d'être relâché, selon le patron de la police fédérale, Kash Patel. La chasse à l'homme se poursuit, avec une récompense de 100 000 dollars pour toute information menant à l'arrestation du meurtrier.
Trump en colère, l'Amérique divisée
Le président Donald Trump a confirmé la mort sur X en écrivant : "The Great, and even Legendary, Charlie Kirk, is dead." Dans un discours plus développé depuis la Maison Blanche, Trump a dénoncé "l'escalade de la violence politique orchestrée par l'extrême gauche radicale" et annoncé la mise en berne des drapeaux nationaux.
Mais si l'establishment politique officiel condamne unanimement l'assassinat, dans un contexte où la violence politique s'intensifie aux États-Unis, les réactions sur les réseaux sociaux montrent l'ampleur des divisions américaines.
Le romancier Stephen King a qualifié la mort de Kirk de "nouvel exemple de violence armée aux États-Unis", passant sous silence le (probable) motif idéologique du crime.
Le célèbre journaliste scientifique Michael Shermer lui a ainsi répondu :
"L’assassinat politique n’est pas un problème de « violence armée ». L’agression au couteau de Salman Rushdie est-elle un exemple de violence au couteau aux États-Unis ou le résultat d’une fatwa de l’ayatollah Khomeini pour une œuvre de fiction qu’il trouvait offensante ?"
Des libéraux ont tourné en dérision l'assassinat en citant les positions passées de Kirk sur les armes à feu, rappelant ses déclarations selon lesquelles il fallait "accepter un certain nombre de morts pour préserver le Second Amendement".
Tensions au Parlement européen
En Europe, l'assassinat de Kirk provoque des remous au Parlement européen. Des députés d'extrême droite ont demandé une minute de silence en hommage à Kirk, mais cette motion a été refusée "pour des raisons pratiques" par la présidence de la séance.
Nathalie Loiseau, eurodéputée macroniste, s'est particulièrement opposée à tout hommage, notamment en raison des positions du militant sur la guerre en Ukraine.
Interrogé par l'AFP, l'eurodéputé suédois Charlie Weimers a dénoncé un « biais » du Parlement européen, rappelant que la mémoire de l'Afro-Américain George Floyd, tué sous le genou d'un policier en mai 2020, avait, elle, été honorée au sein de ce même Parlement.
Le dernier combat de Kirk : l'affaire Zarutska
L'un des derniers messages de Charlie Kirk sur les réseaux sociaux, publié quelques heures avant sa mort, évoquait le meurtre d'Iryna Zarutska, une jeune Ukrainienne tuée le 22 août 2025 dans un tramway à Charlotte, en Caroline du Nord. Kirk dénonçait la permissivité du système judiciaire face aux crimes violents après qu'un récidiviste ait été inculpé pour ce meurtre.
Charlie Kirk affirmait, contre Van Jones, avocat et militant, commentateur sur CNN, le motif raciste du crime (d'un Noir sur une Blanche).
Portrait d'une figure controversée
Charlie Kirk comptait 9 millions d'abonnés sur Instagram et 4 millions sur YouTube. Fondateur en 2012 de Turning Point USA à seulement 18 ans, il avait bâti un empire médiatique conservateur présent sur des milliers de campus universitaires.
Son parcours était jalonné de controverses. Promoteur de théories complotistes sur l’élection de 2020, il avait soutenu que le scrutin avait été « volé » à Donald Trump et organisé, via son mouvement Turning Point Action, des bus de militants pour participer au rassemblement du 6 janvier 2021 à Washington, prélude à l’assaut du Capitole.
Il s’était fait remarquer par ses attaques répétées contre les institutions académiques, accusées selon lui d’être noyautées par le « marxisme culturel ».
Pendant la pandémie de Covid-19, il avait diffusé de fausses informations, vantant notamment l’hydroxychloroquine comme traitement « efficace à 100 % » et dénonçant les vaccins comme dangereux, ce qui lui valut une suspension temporaire de Twitter.
Climatosceptique revendiqué, il rejetait l’idée d’un changement climatique causé par l’homme et dénonçait les politiques de transition énergétique comme une « supercherie ».
Sur le terrain sociétal, il s’opposait aux droits des personnes LGBT+, dénonçant ce qu’il appelait la « tyrannie woke », et défendait une vision identitaire marquée par la rhétorique du « grand remplacement », accusant les démocrates de vouloir transformer la composition démographique des États-Unis par l’immigration.
Fervent défenseur du slogan « America First », il incarnait ainsi la nouvelle génération trumpiste : radicale, hypermédiatisée, et fondée sur un mélange de provocation, de populisme et de désinformation. Le comédien James Woods voyait même en lui un futur président des États-Unis. Tristan Mendès France, lui, n'y voyait qu'un "influenceur conspi d'extrême droite" (dans un tweet, bien peu respectueux, qui déclencha un tel tollé qu'il fut rapidement effacé).

Le campus comme champ de bataille
Kirk excellait dans l'art du débat contradictoire sur les campus universitaires. Sa méthode consistait à provoquer les étudiants progressistes par des questions clivantes, tout en filmant leurs réactions pour créer du contenu viral. Malgré ses positions polémiques, beaucoup reconnaissaient son sens du débat et sa capacité à articuler la pensée conservatrice face à un public hostile.
Charlie Kirk plaidait pour autoriser les armes sur les campus, affirmant que les zones désarmées rendaient les étudiants vulnérables. Dans ses discours, il dénonçait aussi la violence de l’extrême gauche, qu’il voyait comme une menace pour la jeunesse et la liberté d’expression. L’ironie tragique de son destin tient dans le fait que celui qui voyait dans l’autodéfense armée une garantie de liberté ait lui-même trouvé la mort sous les balles.
Une mort qui divise jusqu'au bout
"L'hyperpartisanerie étant devenue la norme aux États-Unis, le deuil collectif que devrait entraîner tout assassinat politique n'est tristement plus d'actualité", déplore l'auteur Stephen Marche dans La Presse.
L'assassinat de Charlie Kirk illustre ainsi l'état de la démocratie américaine : même la mort violente d'un opposant politique ne parvient plus à rassembler une nation fracturée. De part et d'autre de l'Atlantique, sa disparition continue de diviser, révélant l'ampleur du fossé idéologique qui traverse les sociétés occidentales.
En France, Serguei Jirnov et (dans une certaine mesure) Samantha de
Bendern sont allés jusqu'à justifier le meurtre de Charlie Kirk en direct
sur LCI !
L'enquête se poursuit, mais l'Amérique de Trump a déjà tiré ses conclusions : pour les uns, Kirk est un martyr de la liberté d'expression ; pour les autres, une victime de la violence qu'il a contribué à alimenter. La vérité, comme souvent, se trouve probablement entre les deux.
ÉDITO - Charlie Kirk : en France «certains sont presque en train de justifier cet assassinat», s'indigne Laurent Tessier

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