

Un massacre est déjà en cours et un génocide est à la veille de se produire. La population de Souïeda serait estimée à 150 000 selon le plus récent recensement.
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Presque tous les points de contrôle mis en place par les forces de sécurité syriennes pour empêcher les tribus de se diriger vers Soueida ont été détruits. De nombreux membres des tribus continuent de se diriger vers Soueida.
"Des scènes barbares": en Syrie, Druzes et Bédouins témoignent de crimes et de massacres à Soueïda, des évacuations en cours
Les témoignages accusant l'armée gouvernementale syrienne et les clans bédouins de crimes et de massacres contre des druzes dans la province et la ville de Soueïda se multiplient. L'armée régulière syrienne du président par intérim Ahmed al-Charaa continue d'évacuer ce lundi 21 juillet des familles de Bédouins, à la faveur d'un cessez-le-feu qui semble respecté.

Un enlèvement, un cycle de représailles et d'exactions puis un retour au calme suivi d'évacuations. Le sud de la Syrie, et en particulier la ville de Soueïda, ont été le théâtre entre le 13 et le 17 juillet de violences intercommunautaires qui ont tourné au bain de sang: selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), plus de 1.000 personnes ont été tuées.
Les affrontements ont éclaté entre des groupes druzes et des clans bédouins sunnites, avant l'intervention des forces de sécurité et de combattants de tribus venus d'autres régions syriennes qui ont pris le parti des Bédouins, selon des ONG et des témoins. Les deux parties s'accusent d'exactions massives, dont des exécutions sommaires.
Selon le dernier bilan de l'OSDH, 336 combattants druzes et 298 civils druzes sont morts, dont 194 "exécutés sommairement par des membres des ministères de la Défense et de l'Intérieur". Figurent également parmi les morts 342 membres des forces de sécurité gouvernementales et 21 Bédouins.
"Ils ont criblé de balles des civils non armés"
"Il y avait des cadavres partout devant notre immeuble", témoigne à la BBC Rima, une Druze de 45 ans qui a vécu toute sa vie à Soueïda et qui souhaite que son véritable prénom ne soit pas communiqué par crainte pour sa sécurité.
Elle explique à la radio qu'elle est restée recroquevillée chez elle pendant des heures, alors que des hommes armés sillonnaient son quartier, faisant du porte-à-porte pour "décider qui a le droit de vivre ou de mourir".
Elle décrit des corps massacrés et des bâtiments incendiés. "Nous avons trouvé des corps abandonnés devant et à côté des maisons pendant deux ou trois jours", explique de son côté au même média Nayef, un autre Druze dont le prénom a également été modifié. Il accuse les forces gouvernementales d'avoir pris d'assaut les quartiers, sélectionnant les maisons qui semblaient cossues. Ils les ont pillées puis incendiées. Ils ont criblé de balles des civils non armés".
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a déclaré avoir documenté le meurtre d'au moins 12 personnes par des hommes armés affiliés au gouvernement, qui ont délibérément ouvert le feu lors d'une réunion de famille, organisée dans une salle de réception célèbre dans la région.
"Il est impossible de savoir qui nous tue"
"Ils étaient assis là à boire du café lorsque des hommes armés sont entrés et ont commencé à tirer", raconte au Guardian Maan Radwan, un Londonien de 46 ans dont les proches ont été tués lors de la fusillade. "Les armes sont interdites dans le hall, ce n'est pas comme si c'était une base militaire".
Un témoin a déclaré au correspondant du quotidien britannique que les assaillants portaient des treillis militaires. Celui-ci n'a cependant pas pu déterminer s'ils appartenaient aux forces gouvernementales ou à une milice. "Il est impossible de savoir qui nous tue", a déclaré au Guardian par téléphone un enseignant de 52 ans, proche de la famille Radwan.
"Est-ce l'armée et les forces de sécurité qui étaient censées venir nous protéger?", questionne Rima. "Les moyens de subsistance des gens ont été volés. Ceux qui ont été tués étaient jeunes et sans armes".
Les combats auraient commencé après l'enlèvement d'un marchand de légumes druze qui roulait vers la capitale Damas. De fortes tensions couvaient ces derniers mois depuis les heurts interconfessionnels en avril entre combattants druzes et forces de sécurité. Ces violences avaient déjà fait plus de 100 morts.
La communauté druze de Syrie était, avant la guerre civile, forte de quelque 700.000 personnes soit près de 3% de la population syrienne, présente principalement à Soueïda. Cette minorité ésotérique issue d'une branche de l'islam est aussi implantée au Liban et en Israël, où quelque 152.000 d’entre eux sont recensés, selon les dernières données disponibles.
Ce chiffre inclut les 24.000 Druzes habitant la partie occupée du Golan, dont moins de 5% ont la nationalité israélienne.
Le président par intérim, Ahmad al-Chareh, qui a renversé à la tête d'une coalition islamiste le pouvoir de Bachar al-Assad en décembre, a été accusé de ne pas protéger les minorités religieuses du pays, notamment après des massacres en mars d'alaouites, minorité dont est issu Assad, et des violences précédentes impliquant les druzes.
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afp.com/Stephanie Lecocq

Ahmad al-Chareh et Emmanuel Macron dans la cour d’honneur de l’Élysée, mercredi 7 mai 2025. (©LUDOVIC MARIN/AFP)

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