
Après plusieurs semaines de blocages et de manifestations, les lycéens retrouveront les établissements lundi 2 novembre. Malgré les mesures de l'exécutif, plusieurs organisations appellent à poursuivre la mobilisation.
Les vacances de la Toussaint ont interrompu les cours, mais pas les mobilisations des lycéens. Les blocages des lycées ont laissé la place aux manifestations, mais à quelques jours de la rentrée du lundi 2 novembre, le retour des blocages est évoqué. Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour répondre aux différentes revendications des élèves le lundi 26 octobre, sans convaincre les syndicats lycéens qui souhaitent maintenir la pression.

Les annonces des ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur sur le recrutement de professeurs, la réorganisation des classes ou encore le remplacement de Parcoursup sont entendues, parfois appréciées, mais surtout jugées insuffisantes par les organisations lycéennes. Nathanaël Combary, représentant du syndicat Renouveau lycéen, a reconnu que certaines mesures allaient "dans notre sens", mais a appelé à "continuer la mobilisation" pour obtenir leur application concrète.
Même position du côté de l'organisation Les Lycéens ! Son vice-président, Louis Letoublon, a prévenu "tout n'est pas encore satisfait et nous irons au bout". L'organisation a appelé à participer aux mobilisations du samedi 31 octobre et du jeudi 5 novembre. Cette dernière date doit notamment permettre aux lycéens et aux étudiants de se joindre à une journée de grèves et de manifestations organisée par des syndicats de salariés.
De nouveaux blocages dans les lycées le 2 novembre ?
Au-delà des manifestations nationales, les lycéens sont-ils prêts à reprendre les blocages des lycées ? Avant les vacances de la Toussaint, l'Union syndicale lycéenne (USL) avait déjà affiché son désir de poursuivre les blocages dans les établissements à la rentrée scolaire prévue le 2 novembre. Le 15 octobre, Marius Mesnil, co-secrétaire général du syndicat, déclarait au Figaro Étudiant que la mobilisation allait "continuer pendant les vacances et à la rentrée aussi".
À ce stade, aucun appel national à bloquer les lycées le 2 novembre n'a été confirmé. Des actions locales restent possibles, mais leur ampleur est difficile à anticiper. Entre 1 600 et 1 800 lycées étaient mobilisés dans les blocages début octobre selon les syndicats et près de 900 étaient fermés ou perturbés selon le ministère de l'Education. Le nombre d'établissements bloqués avait cependant diminué au fil des jours passant à 214 le 13 octobre, puis à moins de 200 le lendemain. Cette tendance suggérait une perte d'intensité du mouvement à l'approche des vacances, mais la colère lycéenne semble toujours aussi vive à l'heure de la rentrée.
Du côté des étudiants, la reprise des blocages est déjà annoncée. Sur BFMTV, Manon Moret, secrétaire générale de l'Unef, a assuré que la mobilisation "va reprendre" dès lundi 2 novembre, estimant que les "mesures qui ont été annoncées sont insuffisantes". "Dès lundi, les étudiants seront mobilisés pour aller arracher ces victoires", a-t-elle ajouté. Elle a également répondu au ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, qui déplorait l'interruption des cours pour certains nouveaux étudiants. Selon elle, des jeunes "sont prêts à mettre dans la balance une année de réussite scolaire ou universitaire" face à une situation qu'elle juge "catastrophique" dans l'enseignement public.
La question des blocages se pose aussi car plusieurs réponses du gouvernement sont attendues à moyen terme. La limitation à 28 élèves par classe de seconde doit commencer à s'appliquer à la rentrée 2027 dans une partie des lycées, avant une extension prévue en 2028. Parcoursup doit rester en place pour la campagne 2027, avec davantage de transparence sur les critères d'admission, puis être remplacé à partir de l'année suivante.
Les revendications derrière les blocages des lycées
Depuis la mi-septembre, la mobilisation des lycéens a touché de nombreux établissements. Les syndicats dénoncent notamment les classes surchargées, les absences de professeurs non remplacés, l'état de certains bâtiments scolaires et le manque de moyens consacrés à leur santé mentale. Ils critiquent aussi Parcoursup, jugé trop opaque et source de stress. Le mouvement a pris plusieurs formes : blocages à l'entrée des lycées, assemblées générales, manifestations et rassemblements avec des étudiants.
Face à cette mobilisation, le Premier ministre, Sébastien Lecornu a reçu des représentants lycéens et étudiants le 26 octobre à Matignon. Et le gouvernement a fait plusieurs annonces pour répondre aux revendications, mais les changements promis ne seront pas immédiats.
Les revendications des lycéens et des étudiants dépassent les mesures annoncées par l'exécutif. Plusieurs organisations lycéennes et étudiantes réclament notamment davantage de places dans l'enseignement supérieur, des moyens supplémentaires pour les établissements et une réforme plus profonde de l'accès à l'université. Les 15 000 places promises par le gouvernement restent ainsi très éloignées des 250 000 places supplémentaires demandées par certaines organisations. Ces dernières défendent également un plan d'urgence de 10 milliards d'euros pour l'éducation et l'enseignement supérieur.
20:37 - "Si la mobilisation continue, c'est que les réponses ne sont pas toutes satisfaisantes"
Au micro de RTL mardi soir, la secrétaire générale du SNES-FSU, principal syndicat du second degré, Sophie Venetitay, a estimé que la suite du mouvement des lycéens est entre les mains de l'exécutif. "Les lycéens et les étudiants peuvent se mobiliser, savent se mobiliser. Ils n'ont d'ailleurs pas besoin de nous pour savoir comment se mobiliser", a-t-elle posé, pointant ensuite que : "D'une certaine manière, la sortie de crise, elle est aussi du ressort du gouvernement. Si la mobilisation continue, c'est que les réponses ne sont pas toutes satisfaisantes et qu'il faut donc apporter d'autres réponses complémentaires."
18:26 - Pour le gouvernement, le travail "doit reprendre lundi"
Le ministre de l'Enseignement Philippe Baptiste a estimé ce mardi sur France 2 que le "travail doit reprendre lundi". "Le travail doit reprendre lundi et les discussions avec les organisations syndicales, avec les organisations représentatives des étudiants et des lycéens" doivent "continuer", a-t-il déclaré. Les propositions de la veille sont pour le ministre un "point de départ" pour la poursuite des négociations.
17:40 - L'organisation Les Lycéens assure "pouvoir tirer sur la corde"
Pierre Sourzat, président de l'organisation "Les lycéens", a estimé sur franceinfo que les annonces du gouvernement ne sont pas suffisantes. Il veut donc "tirer sur la corde". "Bien évidemment qu'à la rentrée, les blocus et les manifestations vont continuer et reprendre de plus belle", a-t-il déclaré avant d'ajouter "on est sur une belle lancée. Je pense qu'il serait vraiment dommage de s'arrêter maintenant. On a vraiment un bras de fer avec l'exécutif qu'il faut que l'on garde pour aller à la fin de la négociation".
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