Entreprises – Plus de 33.000 chefs d’entreprise ont perdu leur activité au cours des six premiers mois de 2026. Selon l’Observatoire GSC-Altares, le phénomène progresse de près de 7% sur un an et touche désormais tous les profils d’entrepreneurs.
Dans un contexte économique toujours tendu, les petites structures restent les plus exposées. Les dirigeants à la tête d’entreprises de moins de trois salariés représentent près des trois quarts des pertes d’activité recensées sur le semestre.
Les petites entreprises restent les plus vulnérables
L’étude révèle que 33.136 dirigeants ont perdu leur emploi entre janvier et juin. Si les très petites entreprises concentrent toujours l’essentiel des difficultés, les PME de taille plus importante n’échappent plus à cette dégradation.
Au premier semestre, 694 dirigeants d’entreprises employant au moins 20 salariés ont ainsi perdu leur activité. Les chefs d’entreprise à la tête de sociétés de plus de 50 salariés enregistrent même une hausse de près de 52% des pertes d’emploi par rapport à l’an dernier.
La tendance se confirme également chez les entreprises réalisant les chiffres d’affaires les plus élevés. Les pertes d’activité progressent de 26,4% pour les sociétés dépassant cinq millions d’euros de revenus annuels et de 47,3% pour celles franchissant le seuil des dix millions d’euros.
Pour Hervé Kermarrec, président de l’association GSC, aucun entrepreneur n’est véritablement à l’abri. L’organisme rappelle que les difficultés peuvent frapper aussi bien les dirigeants de petites structures que ceux d’entreprises plus établies.
Des dirigeants souvent expérimentés
Les entrepreneurs concernés ne sont généralement pas des débutants. Selon l’étude, ils dirigeaient leur société depuis près de dix ans en moyenne.
Cette ancienneté atteint même près de vingt ans pour les patrons de PME comptant plus de 20 salariés. Ces chiffres illustrent la fragilité actuelle de nombreuses entreprises, y compris celles qui disposent d’une longue expérience.
La GSC, créée par plusieurs organisations patronales dont le Medef, la CPME et l’U2P, propose un dispositif d’accompagnement financier destiné aux dirigeants qui perdent leur activité à la suite de la défaillance de leur entreprise.
Construction, commerce et restauration en première ligne
La construction demeure le secteur le plus touché. Au total, 7.718 dirigeants y ont perdu leur emploi au premier semestre, soit près d’un quart du total enregistré en France.
Le commerce arrive ensuite avec 6.971 entrepreneurs concernés, en hausse de 3,7% sur un an. L’hébergement-restauration continue également de subir de fortes tensions, avec 5.057 dirigeants touchés, soit une progression de 10,4%.
Les services aux entreprises font aussi face à une nette dégradation. Ce secteur enregistre une augmentation de 15,2% des pertes d’activité, pour un total de 4.770 entrepreneurs concernés.
De fortes disparités selon les régions
L’étude met en lumière d’importants écarts territoriaux. Les Hauts-de-France enregistrent la plus forte hausse des pertes d’emploi de dirigeants avec une progression de 11%.
La Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne-Franche-Comté suivent avec une augmentation de 9,6%. Première région économique du pays, l’Île-de-France concentre à elle seule près d’un quart des cas recensés. Au total, 7.860 dirigeants franciliens ont perdu leur activité, soit une hausse de 5,8% sur un an.
Selon Thierry Millon, directeur des études d’Altares, ces 33.000 pertes d’emploi de chefs d’entreprise ont eu des conséquences bien au-delà des seuls dirigeants. Elles auraient entraîné dans leur sillage environ 80.000 suppressions d’emplois salariés au cours du premier semestre.
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