Les lunettes miroir portées par Emmanuel Macron au Forum économique mondial de Davos, en janvier, avaient propulsé un modèle de solaire jurassien sous les projecteurs, jusqu’à saturer le site de la marque et déclencher une vague de commandes en France et à l’international.

Le crash économique français
dont personne ne parle vraiment
Lunettes miroir de Macron – Derrière ce succès d’image, le fabricant des verres, installé dans le Jura, vient pourtant d’être placé en liquidation judiciaire, illustrant le décalage entre la visibilité médiatique et la réalité économique d’une PME industrielle.
L’entreprise Dalloz Creations, basée dans le Jura et spécialisée dans les verres techniques, produisait les verres équipant le modèle Pacific S01 fabriqué par la maison de lunettes Henry Jullien, elle aussi jurassienne, devenue virale après avoir été portée par le chef de l’État à Davos.
Malgré ce coup de projecteur international, le plan de redressement de la société n’a pas suffi à enrayer la baisse de son activité, conduisant le tribunal de commerce à prononcer la liquidation.
De Davos au tribunal de commerce
En janvier, les images d’Emmanuel Macron arborant des lunettes miroir, proposées à 659 euros et fabriquées à Lons-le-Saunier, avaient été largement reprises par les médias et sur les réseaux sociaux. Europe 1 soulignait alors « un buzz planétaire » et une explosion des ventes pour Henry Jullien, passée sous pavillon italien en 2023, avec jusqu’à 15 paires Pacific S01 produites par jour contre quelques unités par mois auparavant. Le Parisien évoquait de son côté « des millions de personnes » connectées au site de la marque après l’apparition du président.
Ce succès n’a toutefois pas profité de la même manière au maillon amont de la filière, Dalloz Creations, qui fournissait les verres miroir bleutés du modèle présidentiel. Selon les éléments versés à la procédure, le chiffre d’affaires de l’entreprise serait passé de 3,8 millions d’euros en 2023 à 2,5 millions en 2025, malgré le regain de notoriété lié à l’exposition médiatique.
Le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier a fixé la cessation des paiements au 20 mars 2026, actant l’échec du plan de redressement engagé précédemment. La liquidation judiciaire a été prononcée début juin, ouvrant la voie à la mise en vente du fonds de commerce.
Un choc social pour 29 salariés
La décision de justice concerne 29 salariés de Dalloz Creations, directement touchés par la fermeture du site jurassien. Les représentants du personnel mettent en avant un savoir-faire technique développé dans les verres haut de gamme et les traitements optiques, dans une région historiquement liée à la lunetterie, selon le Progrès.
Plusieurs élus locaux s’inquiètent des conséquences sociales de cette liquidation dans un bassin déjà fragilisé par les restructurations industrielles, tout en soulignant la nécessité de trouver un repreneur pour préserver les compétences. Le fonds de commerce, comprenant notamment les équipements et les brevets, est désormais proposé à la vente dans l’espoir d’une poursuite partielle d’activité.
Du côté de la marque de lunettes, Henry Jullien poursuit son développement, portée par l’image de Davos et le positionnement sur le « made in Jura », tandis que la maison mère italienne a bénéficié d’un bond de son cours de Bourse après le buzz. La liquidation de Dalloz Creations rappelle toutefois la fragilité de certaines PME sous-traitantes, même lorsque leurs produits se retrouvent, le temps d’un sommet international, au centre de l’attention médiatique.
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FXmrhwyhYIOA%2Fhqdefault.jpg)
/https%3A%2F%2Fblogger.googleusercontent.com%2Fimg%2Fb%2FR29vZ2xl%2FAVvXsEj9tyMbuEA4SUI_twpmG2lw_tIdY5eGD_PdpzMVEmsfnIOgZqZgtpScwIJcsBkyrXdMi7RnmAzHbD1-mHxW8WqRvSE2ulhVMXK5BzxZFDqI1qL9UlJsdvCOr72VTYFmfbewP_8Liqudiu0JNo3C-icPPi8pgdYz0TpktvjmtPdWKzaFkkzpesJ9oC8Ovyir%2Fw640-h360%2FLe-768x432.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FYg1h4-aF4h0%2Fhqdefault.jpg)

Commenter cet article