Lyhanna, 11 ans, restait introuvable lundi matin, trois jours après avoir quitté son collège de Fleurance, dans le Gers, sans jamais regagner le domicile familial.

Disparition de Lyhanna dans le Gers – Les recherches, entamées tout le week-end, mobilisent gendarmes, pompiers, équipes cynophiles et de nombreux habitants, inquiets face à une disparition jugée « très préoccupante » par les autorités.
La collégienne a été aperçue pour la dernière fois vendredi vers 15 h, à proximité de son établissement, montant dans le véhicule d’un homme de 41 ans, rapidement identifié grâce à la vidéosurveillance. Cet homme, interpellé samedi, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte pour « enlèvement et séquestration de mineure de moins de quinze ans ».
Une chronologie serrée et des déclarations jugées « incohérentes »
Selon la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, Lyhanna a été vue pour la dernière fois vendredi à 15 h 05 aux abords du collège Hubert-Reeves de Fleurance. Les images de vidéosurveillance la montrent prenant place à bord du véhicule du quadragénaire, habitant du secteur, qui « venait au collège tous les jours » selon des témoins.
L’homme assure avoir simplement conduit l’enfant « à sa demande » aux abords de la piscine municipale de Fleurance, située à environ un kilomètre de l’établissement. Mais ses déclarations ont été qualifiées d’« incohérentes et imprécises » par les enquêteurs, qui peinent à recouper son récit avec les éléments matériels disponibles.
Dimanche, la magistrate a confirmé devant la presse l’ouverture d’une information pour « enlèvement et séquestration de mineure », tout en rappelant que le suspect, dont la garde à vue doit pouvoir se poursuivre jusqu’à lundi, bénéficie à ce stade de la présomption d’innocence.
D’importants moyens de recherche, une famille dans l’attente
Autour de la piscine de Fleurance et du lac voisin, un périmètre élargi a été ratissé tout le week-end, sur terre comme sur l’eau, sans résultat décisif à ce stade. Une vaste battue citoyenne a également été organisée dimanche, rassemblant plusieurs centaines de personnes venues prêter main-forte aux forces de l’ordre.

Les autorités ont diffusé un appel à témoins, précisant la taille, la tenue vestimentaire et le signalement de l’adolescente, et invitant quiconque détiendrait des informations à se manifester auprès de la gendarmerie. La procureure a souligné que Lyhanna « n’avait jamais fugué » et qu’« aucun élément n’oriente l’enquête vers une telle piste », ce qui renforce l’inquiétude de la famille et des enquêteurs.
• Une cellule de crise
Peu après l'annonce de la disparition de Lyhanna, une cellule de crise a été ouverte samedi matin par la municipalité de Fleurance afin de "pouvoir réagir et apporter un soutien logistique à toutes les forces de gendarmerie déployées sur place", a détaillé le maire de la ville Grégory Bobbato sur BFMTV.
"Sur des sujets comme celui-là, il faut être mobilisé ensemble", a déclaré l'él, assurant que des dispositifs étaient en place pour "rassurer" les habitants. "C'est une affaire qui galvanise la population et met tout le monde sur la consternation. L'enquête se met en place et on essaye d'accompagner comme on peut".
"Tant qu'on peut accompagner toute action qui puisse aider à retrouver cette petite fille, on le fera", a ajouté le maire.
• Le suspect présenté à un juge ce lundi
Les images de vidéosurveillance de la ville de Fleurance ont permis de confirmer "la présence de la mineure à bord du véhicule" de cet homme, âgé de 41 ans et habitant dans le Gers, vendredi à 15h05. Ce dernier a été interpellé et placé en garde à vue samedi à 12h35.
Le parquet a décidé, samedi matin, de basculer en enquête de flagrance du chef d'"enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans", crime puni de 30 ans de réclusion criminelle.
La procureure d'Auch Clémence Meyer a ensuite annoncé dans un communiqué, ce lundi matin, l'ouverture d'une information judiciaire et confier l'enquête au pôle criminel du parquet d'Agen. Vers 15h30, le suspect est arrivé au tribunal judiciaire d'Agen pour être présenté à un juge d'instruction, en vue d'une éventuelle mise en examen.
Selon nos informations, cet homme est marié et a deux enfants: une fillette de sept ans scolarisée dans cette commune, et une fillette de 11 ans qui fréquente le même collège que Lyhanna. Les parents de Lyhanna "avaient quelques doutes" après une soirée pyjama passée chez son amie, "en raison de son comportement inapproprié". "Avec ce doute, les parents ont coupé tout contact avec lui", explique François Roujou de Boubée, l'avocat des parents de la fille.
• Des recherches importantes par les autorités
Depuis le signalement de la disparition, d'importantes recherches ont été menées par les autorités. Au total environ 150 gendarmes sont mobilisés sur place pour tenter de retrouver la fille. Ils ont été rejoints par une équipe cynophile et appuyés par un hélicoptère et des drones. "La rivière Gers et les points d'eau proches de Fleurance ont été, ou sont en cours de sondage par des plongeurs", indiquait dimanche le colonel Philippe de Laforcade.
Le porte-parole de la gendarmerie nationale, Erwan Coiffard, a indiqué sur BFMTV que le dispositif de recherche "montait en puissance". Un escadron de gendarmes mobiles (environ 70 hommes) était notamment en route pour muscler le dispositif et effectuer des fouilles dans des endroits plus difficiles d'accès.
Les enquêteurs se concentrent désormais sur un créneau jugé assez court de deux heures entre 15 heures et 17 heures au cours desquelles la fillette aurait été enlevée, selon nos informations.
Le véhicule du mis en cause a quant à lui été transféré vers l'Institut de recherches criminelles de la gendarmerie pour que des "constatations extrêmement poussées" soient réalisées, a ajouté le colonel. Les enquêteurs vont notamment tenter de décrypter les équipements de ce véhicule qualifié de "moderne" afin de découvrir les déplacements du suspect.
Le domicile du suspect a également fait l'objet d'investigations. Des scellés ont été posés sur sa maison situé, à environ huit kilomètres de Fleurance, comme ont pu le constater des journalistes de BFMTV.
Une opération de recherche terrestre, plus communément appelée "battue" a également eu lieu vers 16 heures dimanche. Plus de 250 citoyens, répartis par groupe de cinq à dix personnes, avec la présence d'un gendarme pour les superviser, y ont participé. Le maire de la commune rapporte que "la population de Fleurance s'est mobilisée en force dès hier, plus de 500 personnes se sont proposés pour participer" à la battue. Pour le moment, la mairie "attend" les ordres de la gendarmerie et des enquêteurs pour une potentielle nouvelle battue.
• La mère assure que le suspect "avait pas mal joué avec elle"
Charly, la mère de l'adolescente a pu s'exprimer à deux reprises au micro de BFMTV, évoquant un évènement "horrible". "Ça fait deux nuits qu'elle n'est pas là, c'est la fête des mères aujourd'hui, c'est horrible ce qui se passe, je ne rêve que d'une chose, c'est qu'on la retrouve et que j'ai droit à mon câlin de fête des mères comme tous les ans", a témoigné la mère dimanche.
Interrogé également ce lundi, elle explique que sa fille connaissait bien le suspect, qui est le père d'une de ses amies. "Elle le connaissait, elle a fait une soirée pyjama en début d'année scolaire chez Sofia, sa meilleure amie. Elle nous avait dit qu'il s'était amusé à lui faire des chatouilles, qu'il avait pas mal joué avec elle (...) comme un papa qui jouerait avec sa fille", se souvient-elle.
Toujours sur notre antenne, à 16h50, François Roujou de Boubée, l'avocat des parents de Lyhanna, évoque une "situation terrible". Les parents "gardent un espoir sans faille". "C'est tout ce qui leur reste (...) Ils sont d'une dignité absolue", malgré "la colère de ne pas savoir" et la "tristesse de l'incompréhension", explique-t-il.
Le plus intéressant n'est pas ce qu'ils nous montrent
mais ce qu'ils nous cachent...
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