Le débat sur la tenue vestimentaire au bureau a rebondi ces derniers jours après que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a estimé qu’un salarié pouvait porter un bermuda au travail, « sous réserve du respect des exigences de l’entreprise et de la sécurité »
La canicule continue à s'étendre en France, 72 départements en vigilance rouge jeudi
La France pourrait connaître jeudi le pic de l'épisode caniculaire qui dure depuis le début de la semaine. Plus de 50 millions de Français, dans 72 départements, seront en vigilance rouge.
Canicule, bermuda et travail – Cette ouverture intervient alors que les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et que les employeurs s’interrogent sur l’adaptation des codes vestimentaires.
En filigrane, c’est la question plus large des conditions de travail en période de canicule et de l’« office friendly » qui se pose, dans un contexte où les entreprises réorganisent aussi leurs bureaux et leurs pratiques sous l’effet du travail hybride.
Le ministre insiste sur un cadre « de bon sens », qui laisse une marge de manœuvre aux employeurs tout en reconnaissant l’aspiration des salariés à davantage de confort, selon BFM.
Une liberté encadrée par le Code du travail
Sur le plan juridique, aucun article du Code du travail n’interdit spécifiquement le port du bermuda ou du short au travail. La tenue relève en principe de la liberté individuelle du salarié, mais cette liberté n’est pas absolue et peut être restreinte pour des raisons précises.
Les décisions de jurisprudence et la doctrine rappellent que l’employeur peut fixer des règles vestimentaires si elles sont « justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché », notamment pour des impératifs de sécurité ou d’image commerciale. Dans une tribune d’analyse, le site Droit-travail-France résume : « Aucune loi n’interdit le short ou le bermuda, mais l’employeur peut en réglementer le port via le règlement intérieur, dès lors que la mesure reste proportionnée. »
En pratique, de nombreuses entreprises encadrent déjà les tenues dans leurs règlements intérieurs, en particulier lorsqu’il y a contact direct avec la clientèle ou manipulation d’objets dangereux.
Le message politique : souplesse, mais pas de permissivité totale
En prenant position, le ministre du Travail souligne qu’« il n’y a pas de scandale à voir des salariés en bermuda lorsque le thermomètre dépasse les 30 degrés », à condition que la tenue reste « propre, décente et compatible avec la fonction occupée ». Il renvoie toutefois aux négociations au sein des entreprises pour définir des chartes ou clauses vestimentaires adaptées aux réalités de chaque secteur, selon L’Indépendant.
Un spécialiste des ressources humaines estime que « la meilleure solution est que les règles d’habillement fassent l’objet d’une discussion et d’une négociation au sein de l’entreprise », invitant à revoir les règlements intérieurs pour tenir compte de « l’évolution des mœurs et des mentalités ». Le ministère insiste d’ailleurs sur la nécessité, pour les employeurs, de traiter simultanément la question de la tenue et celle de l’adaptation des locaux à la chaleur (ventilation, climatisation, réorganisation des horaires).
Pour les organisations patronales, cette prise de position ne doit pas être interprétée comme un « blanc-seing » vestimentaire. Elles rappellent que l’image de marque reste un critère clé, notamment dans les services, et que le bermuda ne sera pas généralisé dans les postes en front office.
Les salariés entre confort thermique et codes de l’entreprise
Du côté des salariés, la question ressurgit chaque été, particulièrement dans les bureaux mal climatisés, comme le relèvent plusieurs médias de service. Les syndicats y voient un levier parmi d’autres pour adapter les conditions de travail aux vagues de chaleur, mais insistent sur le fait que l’enjeu principal reste la prévention des risques liés aux températures élevées.
Les spécialistes de l’organisation du travail observent que la flexibilisation des bureaux – télétravail, espaces partagés, horaires aménagés – s’accompagne d’une évolution progressive des codes vestimentaires, plus décontractés certains jours, notamment en l’absence de rendez-vous clients. « Le bureau du futur est avant tout un bureau adaptable », résume une étude récente sur les tendances 2026, qui souligne que l’environnement et les usages comptent autant que la tenue.
Pour l’heure, la prise de position du ministre ne crée pas de nouveau droit opposable, mais donne un signal politique en faveur d’un dialogue social sur la tenue vestimentaire, particulièrement en période de fortes chaleurs. Les salariés comme les employeurs sont invités à clarifier, noir sur blanc, ce qui est autorisé ou non, plutôt que de laisser la question au seul terrain informel.
/image%2F1311484%2F20240223%2Fob_a6c41d_ob-9e3fa0-16130562.gif)
Le plus intéressant n'est pas ce qu'ils nous montrent
mais ce qu'ils nous cachent...
📤 Partage cet article — chaque vue brise un silence.
Partager cet article
Puisque vous êtes là…
|
Abonnez-vous à notre newsletter
Rester libre !
N'oubliez pas de partager.
Commenter cet article