
À Bucarest, le Parlement renverse le gouvernement : “Les Roumains encaissent”
En Roumanie, le gouvernement est tombé après une motion de censure adoptée à une majorité écrasante. Si l’événement marque un nouveau tournant politique, la presse roumaine insiste surtout sur ses contradictions : une gauche restée au pouvoir jusqu’au bout avant de voter la chute de l’exécutif, sur fond de crise économique persistante.
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À Bucarest, le Parlement renverse le gouvernement : "Les Roumains encaissent"
En Roumanie, le gouvernement est tombé après une motion de censure adoptée à une majorité écrasante. Si l'événement marque un nouveau tournant politique, la pre...
Ce mercredi 6 mai, la Roumanie est à nouveau sans gouvernement. Une alliance contre-nature entre députés sociaux-démocrates du PSD et députés du mouvement d'extrême droite, Alliance pour l'unité des Roumains, a voté une motion de censure contre le Premier ministre Ilie Bolojan et sa politique d'austérité.
Le président roumain Nicusor Dan se retrouve une nouvelle fois à devoir former un gouvernement. Mardi 5 mai, Ilie Bolojan, qui était devenu Premier ministre en juin 2025, vient de subir une motion de censure du Parlement. Une union improbable entre les sociaux-démocrates du PSD et de l'extrême droite de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR) a recueilli 281 voix quand 233 étaient nécessaires.
Une crise politique larvée
Membre de la coalition au gouvernement, le PSD en avait claqué la porte le 23 avril critiquant la politique d'austérité mise en place par le Premier ministre Ilie Bolojan. Dans un communiqué, le Parti Social-Démocrate déclare "qu'en raison de l'orgueil et de l'entêtement politique du Premier ministre, la Roumanie est entrée en récession, la consommation s'est effondrée, la production a reculé et l'inflation a réduit le pouvoir d'achat des citoyens" en ajoutant qu'il aurait été "irresponsable" de sa part "de ne pas intervenir pour enrayer ce déclin économique et social".
Cependant, Ilie Bolojan a exclu à plusieurs reprises de démissionner. Cet homme de 57 ans, qui s'est forgé une réputation de réformateur, soucieux d'enrayer le gaspillage de l'argent public et d'attirer les fonds européens, est critiqué pour son "inflexibilité".
Le risque de perdre les fonds européens
Le gouvernement d'Ilie Bolojan a pris une série de mesures impopulaires, comme la hausse des impôts, afin de s'attaquer au plus important déficit budgétaire de l'Union européenne et continuer à bénéficier des fonds européens. La Roumanie connait le taux d'inflation le plus élevé de l'UE, 9,87% en mars sur un an. Avec un déficit qui a atteint 7,9% du PIB au quatrième trimestre 2025, le pays fait l'objet d'une procédure européenne de déficit excessif depuis 2020 et court le risque de perdre des fonds européens.
Après le vote, le chef du PSD Sorin Grindeanu a appelé à sa démission afin de former "un nouveau gouvernement rapidement". "J'ai choisi de faire ce qui était urgent et nécessaire pour notre pays", s'est justifié pour sa part le Premier ministre, qui peut rester en fonction jusqu'à la prestation de serment d’un nouveau gouvernement, mais avec des pouvoirs limités.
Le président Nicusor Dan a affirmé que la Roumanie maintiendrait son orientation pro-occidentale, écartant la possibilité d’un gouvernement d’extrême droite ou d’élections anticipées. "Nous entamons des négociations pour former un nouveau gouvernement", a-t-il déclaré, appelant au calme et assurant qu’il existait un "consensus parmi les partis pro-occidentaux sur les grandes orientations de la Roumanie".
La Roumanie retombe dans le chaos politique après le vote d’une motion de censure par les sociaux-démocrates et l’extrême droite
Intitulé « Halte au “plan Bolojan” qui détruit l’économie, appauvrit la population et brade les actifs de l’Etat ! », le texte de la motion de censure fustigeait la politique d’austérité menée par le premier ministre, Ilie Bolojan, afin de contrer le plus haut déficit public de l’Union européenne – 9,3 % du produit intérieur brut (PIB) fin 2024. Avec une augmentation de la TVA de 19 % à 21 % et des coupes budgétaires dans l’éducation et les administrations locales, le déficit est certes descendu à 7,9 % du PIB fin 2025, mais l’inflation est en hausse : elle atteignait 9,9 % en mars, amplifiant

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