Des citoyens chinois qui cherchent des réponses sur de possibles effets indésirables de vaccins affirment que leurs plaintes ont été ignorées par les autorités.
Un habitant reçoit un vaccin contre le COVID 19 à Wuhan, dans la province du Hubei, dans le centre de la Chine, le 14 octobre 2021.
Photo: STR / AFP via Getty Images
Des séquelles qui alimentent la colère
Plus de trois ans après la fin des mesures draconiennes de contrôle de la pandémie en Chine, certains habitants disent souffrir encore de graves problèmes de santé qu’ils estiment apparus après l’injection de vaccins contre le Covid‑19 produits dans le pays.
Plusieurs témoins affirment aussi avoir constaté une hausse des décès chez des personnes plus jeunes, victimes de crises cardiaques ou d’AVC soudains.
Les autorités chinoises n’ont pas reconnu l’existence d’un problème plus large lié aux effets indésirables des vaccins.
Mais un analyste ayant récemment témoigné auprès d’Epoch Timesestime que l’absence de réponses – et de soutien – a transformé la peur en colère.
La plupart des personnes interrogées ont demandé l’anonymat ou n’ont donné que leur nom de famille, par crainte de représailles.
Un entrepreneur des pompes funèbres face à une mortalité accrue
Yang, qui tient une boutique d’articles funéraires à Jiaozhou, dans la province du Shandong, affirme qu’il constate une hausse des décès chez les jeunes.
« Autrefois, il était rare que des trentenaires ou des quadragénaires meurent de crises cardiaques ou d’AVC », confie‑t‑il àEpoch Times.
Les décès parmi les personnes dans la cinquantaine ont également augmenté, note‑t‑il.
« La plupart des gens comprennent déjà la raison – le vaccin », dit Yang. « Les crises cardiaques et les AVC sont plus nombreux. L’immunité de la population a globalement décliné. Désormais, la chute de cheveux, les trous de mémoire ou les allergies cutanées sont considérés comme des problèmes mineurs. »
Il décrit les années de pandémie comme une épreuve écrasante.
« Beaucoup de gens sont morts. Nous avions du mal à suivre », dit‑il. « Ma femme et moi faisons ce travail nous‑mêmes. Nous n’avons pas d’employés. »
Des vendeurs de fruits et légumes et leurs clients portent des masques de protection sur un marché de plein air à Pékin, le 30 avril 2020. (Kevin Frayer / Getty Images)
Séquelles persistantes, diagnostic incertain
Mme Wang, une habitante de Liaocheng, dans la province du Shandong, raconte que son oncle est mort d’une crise cardiaque fin avril, sans le moindre signe avant‑coureur.
« Il n’avait aucun symptôme. Il est parti soudainement », dit‑elle àEpoch Times.
« Mon oncle a toujours été en très bonne santé. Nous sommes tous convaincus que c’est dû au vaccin. »
Elle affirme que des décès soudains similaires sont devenus courants dans sa région, touchant pour la plupart des personnes dans la quarantaine ou la cinquantaine.
Mme Wang explique également avoir développé des symptômes après avoir reçu un vaccin anti‑Covid à dose unique, comptabilisé comme deux injections.
« Après le vaccin, je ressentais parfois une douleur aiguë dans la poitrine », raconte‑t‑elle.
« Je suis devenue étourdie, faible, somnolente, et j’avais souvent de petites fièvres. J’ai aussi perdu des cheveux. »
Pour Dong, un trentenaire originaire de Hechi, dans la province du Guangxi, les symptômes sont plus sévères.
Il affirme que son état de santé a commencé à se dégrader après trois doses de vaccin contre le Covid‑19.
« Les symptômes donnent l’impression d’être torturé à la fois par une crise cardiaque et un AVC », confie‑t‑il àEpoch Times.
« Mon cœur est inconfortable tous les jours. L’an dernier, j’ai frôlé la mort subite à plusieurs reprises. »
Il décrit des sensations d’oppression thoracique, d’essoufflement, de palpitations et de violents maux de tête.
Par moments, il entendait battre son propre cœur et peinait à marcher droit.
« C’était comme une insuffisance cardiaque », relate‑t‑il. « Je me suis rendu plusieurs fois aux urgences. »
Malgré les visites répétées à l’hôpital – scanners, échographies et plus d’une dizaine d’électrocardiogrammes –, les médecins n’ont identifié aucune cause claire.
« Ils ont parlé d’un trouble du système nerveux et expliqué qu’il n’y avait pas de traitement », poursuit‑il.
Dong affirme avoir pris des médicaments pendant plus d’un an, perdant environ 25 kilos, avant d’arrêter.
Il dit être désormais incapable de travailler, alors qu’il pouvait autrefois supporter de longues heures de travail physique.
« Je suis fini », lâche‑t‑il. « Ma vue est floue, mon corps est faible. »
Son état se serait aggravé après l’injection d’un vaccin produit par Shenzhen Kangtai Biological Products.
« Après la deuxième dose, je ne pouvais plus sortir du lit », raconte‑t‑il.
« J’ai demandé si je pouvais renoncer à la troisième, mais on m’a répondu que cela n’avait rien à voir avec le vaccin et on m’a administré une nouvelle injection. »
Dong ajoute que son enfant a développé une série de problèmes de santé qu’il attribue également à la vaccination.
« Mon enfant aussi est brisé », dit‑il.
Il affirme encore que cinq ou six personnes de son entourage sont mortes subitement après avoir reçu des vaccins anti‑Covid‑19, sans toutefois préciser les marques concernées ni le calendrier exact des injections et des décès.
Epoch Timesa sollicité un commentaire de la part de Shenzhen Kangtai Biological Products, sans réponse à l’heure de la publication.
Des soignants prélèvent des écouvillons sur des élèves pour des tests Covid‑19 à Pékin, le 7 juin 2022. (Jade Gao / AFP via Getty Images)
Des plaintes accueillies par le silence
Mme Wang comme Dong jugent que demander de l’aide aux autorités ne sert à rien.
« Le gouvernement ne se soucie pas de ces choses‑là », estime Mme Wang.
« C’est une impasse. »
« Je ne suis pas allé voir le gouvernement », ajoute Dong.
« Il n’y a aucun moyen de se faire entendre des autorités. »
Certains de ceux qui ont tenté d’exprimer publiquement leurs inquiétudes affirment avoir été réduits au silence.
Le 18 juin 2025, la résidente du Guangdong Wang Haiyan et plusieurs autres personnes se disant handicapées à la suite de vaccins anti‑Covid‑19 se sont rendues auprès des autorités sanitaires provinciales pour demander réparation.
Elles n’ont pas été reçues.
Le soir même, elles ont diffusé en direct, depuis une salle de réception, leurs témoignages, mais le flux a rapidement été coupé.
Dans un autre cas, Zhao Yajing, une habitante du Shanxi, a reçu deux doses du vaccin anti‑Covid de Sinovac en mai et juin 2021.
Elle a été diagnostiquée atteinte de leucémie aiguë myéloïde en janvier 2022,selonRadio Free Asia (RFA).
Mme Zhao et son mari, Wang Hongyi, soupçonnant un lien, ont déposé à plusieurs reprises des pétitions auprès des autorités à Pékin pour obtenir une indemnisation, ont‑ils indiqué à RFA.
Wang a ensuite été condamné à six mois de prison pour « provocation de troubles et querelles », une incrimination fréquemment utilisée contre les pétitionnaires.
Mme Zhao a écopé, elle, de deux ans et neuf mois d’emprisonnement sur la même base.
Epoch Timesa sollicité un commentaire de Sinovac, qui n’avait pas répondu à l’heure de la publication.
Morts subites en hausse, débat restreint
Ces dernières années, des informations sur des morts subites parmi des personnes d’âge moyen ou plus jeunes circulent en Chine.
Les discussions publiques sur de possibles liens avec les vaccins sont strictement encadrées, et les contenus associés sont souvent supprimés.
Plusieurs décès récents de responsables et de personnalités publiques ont suscité l’attention en ligne, même si leurs causes sont généralement décrites en des termes vagues, tels que « maladie soudaine » ou « échec du traitement ».
Le 20 avril, Mao Xinyu, 45 ans, chef du commissariat de Longba, rattaché au bureau de la Sécurité publique du comté de Zhuxi, dans la ville de Shiyan, province du Hubei, est mort subitement sur son lieu de travail, selon le quotidien d’État Legal Daily.
Le 18 avril, Ye Jun, 43 ans, réalisateur connu pour la série documentaire en chinois « Masters in the Forbidden City », est décédé après l’échec d’un traitement médical, selon le Centre d’information sur Internet de Chine, organe officiel.
Le 15 avril, l’artiste Yi Lian, 38 ans, diplômé de l’Académie des arts de Chine, est lui aussi décédé à la suite de l’échec d’un traitement, rapporte Jimu News, média placé sous censure d’État.
Le 10 avril, Yu Hongli, 45 ans, directeur adjoint du bureau de la Sécurité publique du comté de Yongren, dans la préfecture de Chuxiong, province du Yunnan, est décédé après être tombé soudainement malade lors d’une réunion, selon le média officiel People’s Public Security News.
Parmi d’autres cas récents rapportés par les médias chinois figure celui de Wang Zhiwen, secrétaire du Parti et directeur de la branche de Shuocheng du bureau de l’Écologie et de l’Environnement de Shuozhou, dans la province du Shanxi, mort d’une maladie soudaine le 1er avril, à 49 ans, alors qu’il travaillait.
On peut citer également Tang Jian, secrétaire du Parti et président de Guotong Trust, décédé d’une crise cardiaque soudaine le 25 mars, à 55 ans, ainsi que Wei Hua, reporter d’investigation à la radio‑télévision du Henan, mort d’une crise cardiaque subite le 19 mars, à l’âge de 45 ans.
Des travailleurs chargés de la désinfection surveillent une zone résidentielle confinée pour cause de Covid‑19 dans le district de Huangpu à Shanghai, le 4 juin 2022. (Hector Retamal / AFP via Getty Images)
La vaccination, enjeu politique pour le PCC
Tang Jingyuan, commentateur des affaires chinoises basé aux États‑Unis et diplômé de médecine, explique àEpoch Timesque le Parti communiste chinois (PCC) traite la sécurité vaccinale comme un enjeu politique plutôt que médical.
« Le PCC n’autorise même pas à évoquer la possibilité que ces morts subites soient liées aux vaccins », affirme‑t‑il.
« Il n’autorise ni les journalistes à couvrir ces cas, ni les experts médicaux à les étudier. »
Selon lui, les vaccins – développés dans le pays et largement promus – sont étroitement liés à la crédibilité politique du régime.
« Aux yeux du PCC, ce n’est plus une question médicale ; c’est devenu une question politique », résume‑t‑il.
Tang estime que le développement des vaccins anti‑Covid‑19 en Chine a été précipité sous la pression politique.
« Le Covid‑19 est provoqué par un virus à ARN qui mute facilement, ce qui rend la mise au point d’un vaccin efficace difficile et exige d’importants investissements, une solide capacité de recherche et du temps », souligne‑t‑il.
« Mais, à l’époque, l’attention mondiale se focalisait sur l’éventuelle origine du virus dans un laboratoire lié au PCC, tandis que le dirigeant chinois Xi Jinping était pressé de produire un vaccin et de reprendre la main sur le récit. »
« Après avoir lancé à grande échelle des vaccins inactivés dans une stratégie qu’il présentait comme un “dépassement par la tangente”, le PCC a utilisé ces produits comme monnaie d’échange dans des négociations politiques à travers le monde. »
Avant même de disposer de preuves fiables et systématiques de leur sécurité, il a commencé à imposer par la contrainte la vaccination dans le pays. »
En 2021, après avoir déployé rapidement les vaccins chinois contre le Covid‑19 et en avoir élargi les exportations, Pékin a utilisé l’accès à ces doses comme outil de politique étrangère.
Dans certains cas, responsables et diplomates ont affirmé que les vaccins chinois étaient conditionnés à des concessions politiques.
En mars 2021, Taïwan a ainsiaccuséPékin d’avoir proposé au Paraguay des millions de doses en échange d’une rupture de ses liens diplomatiques avec Taipei.
En juin 2021, des responsables ukrainiens ontindiquéque la Chine avait menacé de suspendre les livraisons du vaccin Sinovac si Kiev ne retirait pas son soutien à une déclaration de l’ONU sur le Xinjiang.
Le régime a placé ses propres intérêts au‑dessus de la santé publique, conclut Tang.
Une défiance croissante chez les jeunes Chinois
Un étudiant universitaire du Liaoning, qui se présente sous le pseudonyme de Xiaopeng, affirme que la pandémie a changé sa perception du PCC.
« Avant, je ne m’intéressais pas aux affaires du pays », confie‑t‑il àEpoch Times.
« Mais après nous avoir forcés à prendre ce que j’appelle un vaccin toxique, je me suis mis à haïr le régime. »
Bien qu’il ait reçu toutes ses doses, il raconte être tombé gravement malade et avoir été diagnostiqué, plus tôt cette année, avec une autre infection virale.
« C’était comme au plus fort de la pandémie », explique‑t‑il.
« J’ai eu plus de 39 degrés de fièvre et je me suis senti très mal pendant longtemps. »
Tang estime que cette colère pourrait être plus répandue qu’il n’y paraît, en raison des stricts contrôles de l’information.
« Beaucoup de jeunes ne comprenaient pas comment fonctionne le régime », observe‑t‑il.
« Mais après avoir été contraints de se faire vacciner, puis avoir souffert de problèmes de santé, leur regard a changé. »
Selon lui, l’inquiétude la plus grave concerne la forte baisse d’immunité rapportée par certains des plaignants.
« Ce type de dommage pourrait être irréversible », prévient‑il.
« Pour beaucoup, c’est comme si leur vie avait déraillé avant même d’avoir commencé. »
Ting Bing et Gu Xiaohua ont contribué à cet article.
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