« Les États-Unis s’en souviendront ! » – Des avions militaires américains se sont vu refuser l’accès à l’espace aérien français ; la Première ministre Meloni dément l’information selon laquelle l’Italie aurait également fermé son espace aérien
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Le président français Macron aurait décidé de fermer l’espace aérien français aux avions américains transportant de l’aide à Israël, provoquant la colère du président américain Donald Trump.
« La France s’est montrée TRÈS PEU COOPÉRATIVE face au « boucher de l’Iran », qui a été éliminé avec succès ! Les États-Unis s’en SOUVIENDRONT !!! », a écrit Trump sur Truth Social, selon Newsweek.
Macron avait déjà déclaré par le passé que l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran constituait une violation du droit international.
La France n’a publié aucune déclaration à ce sujet, mais le sénateur américain Lindsey Graham a fait part sur X de sa colère, du moins envers l’Espagne, appelant Trump à punir ce pays pour ne pas avoir apporté son aide dans la lutte contre « le plus grand État soutenant le terrorisme qui sème le chaos dans le monde depuis 1979 ».
Graham a appelé à des sanctions contre l’Espagne et a également demandé à Trump de « fermer les bases aériennes américaines en Espagne et de les délocaliser vers un pays qui autorise l’utilisation de ces moyens pour protéger l’Amérique et le monde. Le plus tôt cela sera fait, mieux ce sera. »
De plus, l’armée de l’air italienne aurait informé l’état-major de la défense que plusieurs avions américains devaient atterrir à la base militaire de Sigonella avant de repartir pour le Moyen-Orient. Cependant, personne n’a demandé d’autorisation ni consulté les responsables militaires italiens, et les avions se sont vu refuser l’autorisation d’atterrir.
Selon le Corriere della Sera, cela s’est produit il y a quelques nuits, mais a été gardé confidentiel. Des informations indiquent désormais que le chef d’état-major Luciano Portolano a appelé le ministre de la Défense Guido Crosetto pour l’informer de ce qui venait de se passer et pour prendre une décision qui aura inévitablement un impact sur les relations entre les deux pays.
Depuis la publication de cet article, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a toutefois démenti que les États-Unis aient été empêchés d’utiliser la base aérienne et l’installation navale de Sigonella pour frapper l’Iran.
La Première ministre Giorgia Meloni s’est également exprimée, déclarant : « Nos relations restent solides. »
Le rapport initial indiquait que Portolano n’avait été informé, alors que les avions américains étaient déjà en vol, que par le chef d’état-major de l’armée de l’air que le plan de vol de certains avions américains prévoyait un atterrissage à Sigonella avant de poursuivre vers le Moyen-Orient. Il n’y aurait eu aucune demande d’autorisation ni aucune consultation avec l’armée italienne.
Comme les plans de vol en question ne concernaient pas des vols normaux ou logistiques, et n’étaient donc pas couverts par les traités conclus entre Rome et Washington, Portolano, sur instruction de Crosetto, aurait informé le commandement américain que les avions ne pouvaient pas atterrir à Sigonella, car ils n’avaient aucune autorisation pour le faire et qu’il n’y avait pas eu de consultation préalable avec l’Italie.
Selon certaines sources, le type d’autorisation requis pour une telle permission aurait en effet dû passer par le Parlement italien, ce qui signifie que l’autorisation, même si elle avait été demandée par les voies appropriées, n’aurait pas pu être accordée à temps.
Par ailleurs, selon Il Fatto Quotidiano, alors que l’Espagne continue de refuser l’utilisation de son espace aérien aux avions militaires américains à destination de l’Iran, la base italienne d’Aviano a autorisé au moins cinq vols du Lockheed C-5M Super Galaxy à partir d’une semaine avant l’attaque contre l’Iran et jusqu’au 3 mars.
Le 11 mars, Meloni a déclaré au Sénat italien qu’elle n’avait pas l’intention d’entrer en guerre, qualifiant celle-ci de « l’une des crises internationales les plus graves de ces dernières décennies » et avertissant que cette escalade reflétait une rupture plus large de l’ordre juridique international », selon Military.com.
Incapable de mettre fin à la guerre qu'il a déclenchée il y a plus d'un mois en Iran, le président américain s'en prend aux pays européens qui vont bientôt manquer de carburant d'avion. Si l'UE veut du pétrole, « rendez-vous dans le détroit (d'Ormuz) et allez simplement le prendre », a-t-il asséné.
Débrouillez-vous seuls. C'est en substance le message que Donald Trump a adressé aux pays alliés de l'Amérique, ce mardi matin, alors que la guerre qu'il a déclenchée en Iran, il y a un peu plus d'un mois, fait de plus en plus de dégâts dans l'économie mondiale.
« Il va vous falloir apprendre à vous battre par vous-mêmes ; les Etats-Unis ne seront plus là pour vous venir en aide, tout comme vous n'avez pas été là pour nous », a-t-il écrit sur Truth Social, en visant « tous ces pays qui ne parviennent pas à s'approvisionner en carburant d'avion en raison du détroit d'Ormuz » - cette voie de passage essentielle pour les hydrocarbures, que l'Iran bloque.
Ormuz livré à son sort
Le président des Etats-Unis cite en particulier le Royaume-Uni, « qui a refusé de s'impliquer dans la décapitation de l'Iran ». Le « Financial Times » indique ce mardi matin que la dernière livraison de carburant pour avion du Moyen-Orient doit arriver cette semaine dans le pays. Avec 40 % de son carburant d'aviation issu de la région, l'Europe doit s'attendre à un bond du prix des billets d'avion.
Ça ne sera pas si facile. D'ailleurs, même la formidable armada américaine ne s'y est pas risquée, alors qu'au début de la guerre, Donald Trump avait promis d'escorter les tankers tout au long du détroit. Il faudrait déployer énormément de moyens, sur mer et dans les airs, pour un coût disproportionné et avec un risque non négligeable de sauter sur une mine.
Une vingtaine de pays, dont la France, le Canada, le Japon, l'Australie, se sont engagés à « contribuer à des efforts appropriés pour assurer un passage sûr à travers le détroit », il y a une dizaine de jours. Mais personne ne veut s'y risquer tant que l'Iran monte la garde.
Pour l'instant, le régime islamique fait donc la loi dans le détroit, en laissant passer au compte-goutte les navires amis, chinois ou pakistanais. Le Parlement de Téhéran vient de voter une loi pour mettre en place un péage. Il n'y en avait pas avant la guerre, mais le régime des mollahs a réalisé le pouvoir dont il disposait et c'est désormais l'une de ses conditions pour un cessez-le-feu.
La philippique de Donald Trump semble confirmer les informations du « Wall Street Journal ». Le président aurait signalé à son entourage qu'un détroit fermé ne l'empêcherait pas de mettre fin à sa guerre. Tenter de rouvrir Ormuz risquerait de prolonger la guerre au-delà de son calendrier de « quatre à six semaines ».
Cette histoire de détroit d'Ormuz n'est pas le problème des Etats-Unis.
Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre
Les Etats-Unis se contenteraient donc de détruire les stocks de missiles de l'Iran après avoir déjà annihilé sa marine militaire. Ils pourraient éventuellement lancer une opération terrestre pour récupérer l'uranium enrichi. Puis ils tourneraient les talons.
Ce mardi, en conférence de presse, le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a effectivement signalé que l'objectif du Pentagone était de détruire les missiles, les drones, la marine de l'Iran, tandis que « cette histoire de détroit d'Ormuz n'est pas le problème des Etats-Unis d'Amérique ».
Au passage, ce mardi, Donald Trump envoie une flèche à la France, un autre allié européen qui va souffrir des pénuries de kérosène. « La France n'a pas autorisé les avions à destination d'Israël, chargés de matériel militaire, à survoler le territoire français. La France s'est montrée très peu coopérative concernant le 'boucher de l'Iran', qui a été éliminé avec succès ! Les Etats-Unis s'en souviendront !!! » menace-t-il dans un autre message.
Cette guerre a été lancée à l'initiative conjointe des Etats-Unis et d'Israël, sans que l'Otan ou les alliés aient été consultés. Ils n'ont d'ailleurs pas voulu s'y associer. Le Royaume-Uni ou la France sont venus défendre leurs bases dans le Golfe, car elles étaient attaquées par l'Iran. Paris a accepté que des avions militaires américains se posent à Istres, mais uniquement pour des missions de défense et non d'attaque. L'Espagne a fermé son espace aérien aux avions de guerre américains, et l'Italie ne les a pas autorisés à se poser sur une base en Sicile.
« Un test » de loyauté
Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises sa rancoeur contre l'Otan, qui n'a pas volé au secours des Etats-Unis. Il a assuré ne pas avoir besoin de son aide mais a signalé que c'était « un test » de loyauté. Il dit ne pas voir l'intérêt de faire partie de cette alliance militaire, si elle ne sert qu'à protéger l'Europe.
Les Etats-Unis ne peuvent cependant pas complètement ignorer leurs alliés. Sur le plan militaire, les bases américaines en Allemagne, entre autres, sont stratégiques. En termes économiques, un blocage durable du détroit d'Ormuz aurait des conséquences pour toute la planète, et pas seulement pour les importateurs de gaz et de pétrole.
Mardi, le baril de Brent coûtait 118 dollars et les prix à la pompe aux Etats-Unis ont dépassé 4 dollars le gallon, pour la première fois depuis l'invasion de l'Ukraine. Donald Trump a des raisons de vouloir mettre fin rapidement à cette guerre, mais la sagesse voudrait qu'il remette un peu d'ordre avant de partir.
Le plus intéressant n'est pas ce qu'ils nous montrent
mais ce qu'ils nous cachent...
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