Après le vote de l’Assemblée nationale visant à interdire l’accès aux plateformes numériques aux moins de 15 ans, la ministre de l’IA et du Numérique entend s’attaquer aux outils de contournement tels que les VPN.
L’adoption d’une loi restreignant l’accès aux réseaux sociaux marque un tournant législatif majeur en France. Invitée deFrance Infoce vendredi 30 janvier, Anne Le Hénanff a affiché sa détermination à poursuivre ce chantier. La ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique considère ce vote comme une « étape vraiment très importante ». Elle rappelle que la France devient ainsi le premier pays européen à fixer un tel âge légal. Cependant, l’efficacité de la mesure soulève des interrogations, notamment à cause de l’utilisation d’un VPN (virtual private network) par les adolescents.
« Ce n’est qu’un début »
Interrogée sur la porosité de cette interdiction, la ministre a déclaré : « Si j’ai réussi, en faisant passer ce texte avec l’aide des députés, à protéger déjà 65-70 % des enfants, […] c’est incroyable. »
Réseaux sociaux interdits aux plus jeunes :
voici pourquoi les adultes seront aussi concernés
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Un portefeuille numérique européen en chantier
À terme, c’est bien le portefeuille numérique européen
(EUDI Wallet) qui pourrait s’imposer comme le système de vérification privilégié.
La proposition de loi, portée par le gouvernement, doit encore être votée par les sénateurs avant d'être définitivement adoptée. Et le camp d'Emmanuel Macron veut aller vite. Encore une loi ...
Anne Le Hénanff n’a ensuite pas caché ses intentions futures. Elle admet que les outils permettant de masquer la localisation constituent une faille potentielle. Rappelant l’âge moyen d’ouverture d’un compte social, qui se situe à huit ans et demi, elle a souligné : « À huit ans et demi, je ne pense pas qu’on sache qu’il existe un VPN, à moins d’avoir la complicité d’un adulte. »
Néanmoins, elle refuse de clore le dossier technique. Anne Le Hénanff affirme avec clarté : « Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste. » Elle souhaite que ce texte ne soit « qu’un début » pour protéger les jeunes des algorithmes et de la dépendance. La ministre envisage donc de compléter l’arsenal juridique par de nouvelles dispositions spécifiques.
« Les macronistes ne sont plus dans la ‘protection des enfants’ »
Cette annonce a provoqué des remous au sein de l’opposition parlementaire. Guillaume Bigot, député du Rassemblement national, a dénoncé sur X un glissement autoritaire. Il craint que le gouvernement ne dépasse le cadre de la protection de l’enfance. « La ministre démontre donc que les macronistes ne sont plus dans la ‘protection des enfants’ », a-t-il écrit sur le réseau social ce vendredi. Et d’ajouter : « C’est bien l’ensemble de la population qui est ciblée pour être mise au pas de l’autoritarisme macroniste. C’est inacceptable. »
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De leur côté, les fournisseurs de services comme CyberGhost rappellent que ces outils sont légaux. Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, s’est lui aussi agacé sur X : « Mme Anne Le Hénanff, ministre du Numérique veut maintenant interdire les VPN. Ces outils permettent de chiffrer la connexion Internet et de masquer l’adresse IP pour protéger la vie privée en ligne. »
Le président de Debout la France a ensuite énuméré les pays où ces outils sont illégaux : « Corée du Nord, Russie, Chine, Iran. » En conclusion, il a fustigé le gouvernement : « On sait maintenant quels régimes inspirent la macronie pour supprimer la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. RÉSISTONS ! »
Au sein du gouvernement, les futures discussions devraient se concentrer sur l’usage des réseaux privés virtuels par les mineurs uniquement. L’exécutif espère ainsi protéger une « très large majorité » d’entre eux dès la rentrée 2026.
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