André Ventura, populiste de droite, se qualifie pour le second tour. Il affrontera le 8 février le socialiste António José Seguro, arrivé en tête dimanche soir.

André Ventura, le leader de Chega (« Ça suffit »), parti classé à « l’extrême droite », accroche la deuxième place qualificative avec 23,52 %. © AFP

Un socialiste contre un populiste de droite. Les 11 millions d’électeurs portugais appelés aux urnes ce dimanche 18 janvier ont choisi António José Seguro et André Ventura pour le second tour de l’élection présidentielle, qui aura lieu le 8 février. Le candidat soutenu par le Parti socialiste (Partido socialista, PS) domine ce premier tour avec 31,11 % des suffrages. Le leader de Chega (« Ça suffit »), parti classé à « l’extrême droite », obtient 23,52 %.
Le libéral João Cotrim Figueiredo finit en troisième position (15,93 %). La quatrième place revient à l’ex-amiral Henrique Gouveia e Melo, héros de la campagne de vaccination du Covid (12,35 %). Luís Marques Mendes, le candidat du Parti social‑démocrate (Partido Social Democrata, PSD) – formation politique dont est issu le Premier ministre Luís Montenegro – n’obtient que 11,36 % des suffrages exprimés. Les six autres concurrents de cette présidentielle à 11 enregistrent des scores faméliques.
Candidat antisystème et anti-immigration

La présence d’André Ventura au second tour n’est ni une surprise ni un séisme comparable à l’accession Jean‑Marie Le Pen face à Jacques Chirac au second tour de la présidentielle française de 2002. Les instituts avaient prédit cette percée de l’extrême droite portugaise, laquelle s’inscrit dans la même vague populiste qui traverse une large partie des démocraties occidentales.
Cette qualification marque cependant une nouvelle étape dans la fulgurante ascension électorale d’André Ventura et de Chega depuis 2019. Seul député élu de son parti à l’Assemblée portugaise cette année‑là, Ventura a fait de Chega la deuxième force politique du pays depuis le printemps dernier, avec 60 députés, soit deux de plus que le PS.
Le programme politique de Chega intègre les éléments de la droite nationale conservatrice et populiste. André Ventura, initialement positionné comme candidat « antisystème » et opposé aux « élites corrompues », s’est progressivement transformé en principal opposant à l’immigration, particulièrement en réaction à l’augmentation des flux migratoires venant d’Inde et du Bangladesh.
Une très improbable victoire au second tour
D’après les sondages, André Ventura disposerait de très faibles probabilités de victoire au second tour. Bien qu’il cherche à « unifier la droite », la dynamique de transfert des voix favorise António José Seguro. Ce socialiste positionné au centre, qui a fait campagne sur le vote anti-Ventura, s’est dit confiant dans le « bon sens des Portugais ».
Cette qualification au second tour représente une revanche pour lui. Cet ancien secrétaire général du Parti socialiste s’était retiré de la scène politique après avoir perdu une primaire en 2014 face à António Costa, qui deviendra ensuite Premier ministre du Portugal (2015-2024). S’il est élu, il fera de la santé « la priorité des priorités ».
Seguro ou Ventura, le vainqueur de l’élection succédera à Marcelo Rebelo de Sousa, élu à deux reprises dès le premier tour en 2016 et 2021. Ce libéral de centre droit, ancien du Parti social‑démocrate, reste très populaire malgré l’usure du pouvoir. Selon un sondage de Pitagórica, 56 % des Portugais jugent son bilan positif.
Sa présidence se termine néanmoins dans un environnement politique fragmenté. Onze candidats postulent à sa succession au Palácio Nacional de Belém, un record. Ce n’est que la deuxième fois depuis l’avènement de la démocratie au Portugal qu’un second tour est nécessaire pour élire le président de la République.

En coulisses, la panique grandit ...
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