Maduro capturé, on vous résume ce qui a mené à l’opération militaire de Trump au Venezuela
Si la « capture » du président vénézuélien Nicolas Maduro, annoncée par Donald Trump ce samedi 3 janvier, a de quoi surprendre, c’est finalement une nouvelle étape, majeure, dans la montée progressive des tensions diplomatiques entre Washington et Caracas.
Si celles-ci ont commencé il y a maintenant près de 13 ans, lors de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro, elles se sont particulièrement accentuées ces derniers mois. Notamment quand Donald Trump a annoncé la saisie d’un « très grand pétrolier » au large du Venezuela, puis un « blocus total » contre les pétroliers sous sanctions se rendant ou partant du pays sud-américain.
Peu de temps avant ça, Washington avait mené des frappes maritimes dans la région, tuant 83 personnes, et aurait lancé des actions clandestines de la CIA contre le Venezuela, au nom de la lutte contre le narcotrafic. Après l’« attaque de grande envergure » de ce samedi, voici ci-dessous les faits principaux entre les deux pays depuis 2013 :
· La démocratie
Washington, comme une partie de la communauté internationale, ne reconnaît pas au socialiste Nicolas Maduro une légitimité à présider le pays.
Après la violente répression de manifestations au lendemain de sa première élection, en 2013, les États-Unis ont sanctionné plusieurs hauts responsables du pays pour violation des droits humains. Ils ont qualifié d’« illégitime » sa réélection de 2018, puis celle de 2024 que l’opposition assure avoir remportée.
Entre 2019 et 2023, Washington, suivi par une soixantaine de pays, a même reconnu l’opposant Juan Guaido comme « président par intérim », déclenchant la rupture par Caracas des relations diplomatiques.
· Les accusations d’ingérence
Le Venezuela a plusieurs fois accusé les États-Unis d’ingérence. En 2019, après une tentative d’insurrection de militaires, Nicolas Maduro a ainsi affirmé que Washington avait ordonné « un coup d’État fasciste ».
L’année suivante, le président vénézuélien a accusé son homologue américain Donald Trump d’avoir « dirigé directement » une tentative d’« incursion armée » par la mer, à laquelle avaient participé deux ex-soldats américains. Washington a nié toute implication.
« Non aux coups d’État fomentés par la CIA », a lancé Nicolas Maduro en octobre, après que Donald Trump a dit avoir autorisé des actions clandestines de l’agence de renseignement contre le Venezuela.
· L’embargo américain sur le pétrole
Dans l’objectif d’asphyxier économiquement le pays et d’évincer Nicolas Maduro du pouvoir, Washington a imposé en 2019 un embargo sur le pétrole vénézuélien, qui a frappé le pilier de la fragile économie vénézuélienne. Le pétrole représentait avant son entrée en vigueur 96 % du revenu national et les trois quarts des revenus pétroliers provenaient de clients américains.
Le pays écoule désormais sa production pétrolière sur le marché noir à des prix nettement plus bas, à destination notamment de la Chine. Ces dernières semaines, Washington a annoncé un « blocus total » contre les « pétroliers sous sanctions » allant au Venezuela ou le quittant - une « menace grotesque » aux yeux de Caracas - et a saisi plusieurs navires.
Donald Trump a mis fin cette année aux licences d’exploitation qui permettaient à des multinationales d’opérer malgré les sanctions. L’Américain Chevron bénéficie depuis juillet d’une licence spéciale. De 3,5 millions de barils/jour en 2008, la production est tombée à moins d’un million de bj aujourd’hui selon l’Opep, en raison des sanctions américaines et de l’effondrement de l’appareil d’extraction miné par la corruption et la mauvaise gestion.
Le Venezuela, qui a traversé une grave crise économique entre 2014 et 2021, reste dans une situation précaire pour laquelle Maduro blâme les sanctions imposées par Washington.
· Les accusations de narcotrafic
En mars 2020, Nicolas Maduro a été inculpé aux États-Unis pour « narcoterrorisme » et Washington a offert 15 millions de dollars pour toute information qui permettrait de l’arrêter.
Cette prime a été relevée à 25 millions par Washington début 2025, après l’investiture du président vénézuélien pour un troisième mandat, puis à 50 millions en août, avant que les États-Unis déploient un important dispositif militaire en mer des Caraïbes et lancent des frappes contre des narcotrafiquants présumés.
Washington accuse Nicolas Maduro de diriger le « Cartel des Soleils », dont l’existence reste à démontrer selon de nombreux experts. Maduro nie et accuse Washington de vouloir s’emparer de son pétrole.
· Migrants
Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration une priorité de son second mandat, reproche à Caracas l’arrivée d’un grand nombre de migrants vénézuéliens. Il l’accuse d’avoir « poussé » vers les États-Unis « des centaines de milliers de personnes issues des prisons » ainsi que des « internés des hôpitaux psychiatriques ».
Selon l’ONU, quelque huit millions de Vénézuéliens - environ un quart de la population - ont fui la crise économique et politique depuis 2014, la plupart vers des pays d’Amérique latine, d’autres vers les États-Unis.
Donald Trump a retiré le statut de protection temporaire dont bénéficiaient des centaines de milliers de Vénézuéliens en raison de la crise dans leur pays, et en a expulsé cette année plusieurs milliers.
Au printemps, les États-Unis avaient envoyé dans une prison au Salvador 252 Vénézuéliens accusés sans preuves ni procès d’appartenir à un gang. Ils y ont passé quatre mois avant d’être rapatriés à Caracas qui, comme des ONG, a dénoncé des « tortures » subies en détention.
Les États-Unis «dirigeront» le Venezuela en attendant une transition «sûre», dit Donald Trump
Les États-Unis ont mené des bombardements dans la nuit de vendredi 2 au samedi 3 janvier à Caracas, la capitale du Venezuela. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été « capturé et exfiltré » du pays. Il est en route pour New York, à bord du navire de guerre USS Iwo Jima. Le couple Maduro devra répondre d'accusations de narcotrafic.
► Le président américain, Donald Trump, s'est exprimé lors d'une conférence de presse sur cette opération depuis Mar-a-Lago, en Floride. Il a déclaré que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu'à ce qu'une transition politique « sûre » puisse avoir lieu.
► La Russie, l'Iran et Cuba ont très fermement condamné l'opération militaire américaine. La Chine a condamné l'opération américaine. Le chef de l'ONU s'inquiète du « respect du droit international ».
►Sur le continent américain, la Colombie dénonce l'opération tout comme le président brésilien Lula. Le président argentin, Javier Milei, salue avec enthousiasme les frappes américaines.
17h43 : Donald Trump dit que le président colombien Gustavo Petro devrait « faire gaffe à ses fesses »
Donald Trump a affirmé samedi que son homologue colombien, Gustavo Petro, devrait « faire gaffe à ses fesses », après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro. « Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. (...) Il fabrique de la cocaïne et l'expédie aux États-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe à ses fesses », a-t-il ajouté à propos du président colombien mors d'une conférence de presse.
17h37 : L'opération contre Nicolas Maduro a été préparée « depuis des mois », révèle le chef d'état-major américain
L'opération contre le président vénézuélien Nicolas Maduro a été préparée « depuis des mois » et a mobilisé plus de 150 avions, a révélé samedi le chef d'état-major américain, le général Dan Caine. « Cette opération, baptisée Absolute Resolve (détermination absolue, NDLR) discrète, précise et menée pendant les heures d'obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d'entraînement », a déclaré le général Caine lors d'une conférence de presse. Elle a mobilisé plus de 150 avions, a-t-il précisé.
17h27 : Maduro et sa femme se sont « rendus sans résister », dit le chef d'état-major américain
Le président vénézuélien Nicolas Maduro et sa femme se sont « rendus sans résister » aux forces américaines, a déclaré le chef d'état-major américain, général Dan Caine, lors d'une conférence de presse en Floride. « Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice, avec l'aide de notre incroyable armée américaine », a ajouté le haut gradé américain.
15h02 : Pour la France, « aucune solution politique durable ne peut être imposée de l'extérieur » au Venezuela
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé qu'« aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur », après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines lors d'une opération qui « contrevient » au droit international. « L'opération militaire ayant conduit à sa capture contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international », écrit le ministre dans un message sur X : « La France rappelle qu'aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir ».
14h48 : Nicolas Maduro et sa femme vont être amenés à New York, dit Donald Trump
Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, capturés et exfiltrés par les forces américaines, vont être conduits à New York, a déclaré Donald Trump dans une interview à Fox News. « Ils ont été inculpés à New York », a rappelé le président américain, faisant écho à une précédente déclaration de sa ministre de la Justice, Pam Bondi, selon laquelle le couple est poursuivi notamment pour « narcoterrorisme ». « Ils sont à bord d'un navire mais ils se dirigent vers New York », a précisé Donald Trump.
14h45 : Les États-Unis ne laisseront personne du pouvoir de Nicolas Maduro lui succéder au Venezuela, affirme Donald Trump
Le président américain Donald Trump a affirmé samedi que les Etats-Unis ne laisseraient aucune personnalité du pouvoir vénézuélien succéder à son homologue Nicolas Maduro. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser quelqu'un d'autre prendre sa place et poursuivre sur sa voie », a-t-il déclaré dans une interview à Fox News au sujet de Nicolas Maduro, enlevé et exfiltré par les forces américaines. Les États-Unis seront « très impliqués » dans l'avenir du Venezuela, a-t-il ajouté, disant « vouloir la liberté pour le peuple ».
14h16 : Donald Trump a offert à Nicolas Maduro « plusieurs portes de sortie », dit JD Vance
Le vice-président américain JD Vance a déclaré que le Venezuela avait ignoré plusieurs offres des États-Unis pour parvenir à un accord. Donald Trump a offert à Nicolas Maduro « plusieurs portes de sortie », mais « le trafic de drogue doit cesser et le pétrole volé doit être restitué aux États-Unis », a-t-il écrit sur X. « Vous ne pouvez pas échapper à la justice pour trafic de drogue aux États-Unis sous prétexte que vous vivez dans un palais à Caracas », a ajouté le vice-président américain.
13h48 : L’UE se tient aux côtés du peuple vénézuélien vers une transition démocratique affirme Ursula Von der Leyen
L’Union européenne se tient aux côtés du peuple vénézuélien et soutient une transition pacifique et démocratique dans le pays, a déclaré samedi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après la capture du président vénézuélien par les Etats-Unis. « Nous suivons de très près la situation au Venezuela. Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies », a pu-t-on lire dans un message d'Ursula von der Leyen publié sur X.
13h03 : Maduro devra répondre d'accusations liées à la drogue et au terrorisme selon le ministère de la Justice américaine
L'administration Trump a déclaré samedi que le dirigeant vénézuélien qu'elle a annoncé avoir exfiltré de son pays, Nicolas Maduro, et son épouse feraient face « à toute la rigueur de la justice américaine » dans le cadre de poursuites pour trafic de drogue et terrorisme.
La ministre de la Justice Pamela Bondi a expliqué sur X que Nicolas Maduro et son épouse, dont on ignore où ils se trouvent, « feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains ». Pam Bondi a rappelé que le couple Maduro était inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de « narcoterrorisme » et de « complot pour importation de cocaïne » aux États-Unis.
Emmanuel Macron a "pris acte" ce samedi 3 janvier de la fin de la "dictature" de Nicolás Maduro, dont le "peuple vénézuélien" ne peut que se "réjouir". Une position qualifiée de "honte" par la gauche qui accuse le président français de complaisance envers les États-Unis.
"Le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s'en réjouir", a écrit sur X le chef de l'État.
"En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple", a-t-il insisté, sans évoquer dans son tweet les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien.
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